01.07.2009
La lueur de l'espérance

Après plus de quatre mois d'interruption j'ai décidé de reprendre la mise à jour de mon blog, éloigné de la France par mes études je n'avais plus le goût ni même la volonté d'écrire. Au cours de ces mois, se sont posées deux questions.
D'abord celle de ma légitimité à écrire, je ne représente rien, je ne défends que certaines idées et certains principes ceux du gaullisme politique, au nom de quoi serais-je habilité à les soutenir avec parfois un mépris et une prétention à l'égard de ceux qui sont en désaccord avec moi ?
Cette question finalement secondaire je l'ai rapidement résolue en comprenant que cette expression politique parfois agressive n'était qu'une part marginale de l'engagement politique sans commune mesure avec le sens même de cet engagement.
Cet engagement fut l'objet de mon deuxième questionnement, l'éloignement de la France en est peut être la cause, mais à partir de janvier je n'ai plus ressenti de la même façon les problèmes français comme si j'étais emparé d'une sorte de désenchantement, de découragement, de désespérance.
La désespérance de voir mon pays sombrer dans la crise sans que personne ne réagisse. Le gouvernement et le Président ne font que dans la communication et la crise s'aggrave. On nous parle de sortie de crise, de moralisation, de changement de l'Europe, d'urgence écologique, mais en réalité rien ne change, la crise redoublera certainement en septembre. C'est en tout cas ce qu'annonce Jean-Luc Gréau un des seuls économistes français qui ait prévu la crise actuelle, selon lui l'écroulement prochain du dollar ruinera l'Europe et ses industries.
On parle devant l'organisation internationale du travail, de nouveau régime de croissance, on s'agite sur les tréteaux ou sur son canapé devant un documentaire pour sauver la planète mais où sont les actes ? Cela entraine la désespérance du moins la mienne. Car ne triomphent, que ceux qui maintiennent les illusions, ceux qui ne prospèrent que sur le double langage.
Car au delà des discours sur les mérites du modèle français, le Président et le gouvernement n'agissent pas. Dominique de Villepin pointe justement le recours du Président à « la symbolique politique » avec : un grand débat pendant trois mois pour définir les priorités futures du gouvernement, des grandes aventures institutionnelles à la Martinique avec un référendum, ou le congrès de Versailles qui amusent la galerie mais qui « risquent de faire perdre à la France l'année 2009-2010 ». Pour lui cette symbolique politique risque de provoquer « une très profonde angoisse des Français et une certaine incertitude quant à la gestion du pays du point de vue du gouvernement », l’ancien Premier ministre juge qu'une stratégie globale avec des priorités claires doit être définie dès maintenant.
De cette politique par la seule communication, les commentateurs et les médias passoires s'en satisfont. Pourquoi aller au fond des choses alors que les effets de com. et de manche font de l'audience ? Les élections européennes l'ont montré. L'alliance du juge et de l'assassin enfin du juge, de l'agitateur soixante-huitard et du paysan rebelle, qui ensemble vont nous sauver du désastre écologique et de la destruction de la planète, c'est sympathique et vendeur.
Les mêmes parlent de la victoire de Sarkozy, mais ce qu'exprime ce vote, c'est non seulement le désintérêt des Français pour une élection obscure mais aussi le sentiment de voter pour rien. En 2005, les Français ont exprimé leur refus de l'Europe telle qu'elle est construite depuis au moins 20 ans. Deux années après cela, en dépit de leur vote, les parlementaires UMP Vert, Modem et PS coalisés tels que le sont leurs partis au Parlement européen votent unanimement le traité refusé par le peuple.
Les classes populaires, les ouvriers, les employés, les chômeurs, les agriculteurs, les commerçants, les artisans, les chefs de PME les mêmes qui se sont opposés à Maastricht, dans un plus large mouvement au Traité constitutionnel européen et qui ont permis l'élection du candidat au discours gaulliste et républicain Sarkozy sont aujourd'hui désespérés, ils ne se sont pas ou peu déplacés le 7 juin.
Sarkozy, lui, a mobilisé son électorat fidèle, âgé et issu des classes supérieures avec le secours du NC et des satellites sociaux-traitres. Chez les bourgeois de gauche et apparentés la préférence est allée vers Dany le vert, plutôt que vers un Bayrou devenu trop virulent.
Dans ce face à face des libéraux libertaires de gauche et des les libéraux pseudo-autoritaires de droite qui ont trouvé un espace commun autour de l'écologie cosmopolite et de l'Europe marché, on passe à la trappe la question sociale et l'idée nationale. Les deux absents de ces élections et pourtant les deux idées qui pourront nous sortir de la crise.
Ce triomphe vert (du billet et du parti) pourrait nous enfermer dans le désespérance mais l’opposition à ce triomphe fonde notre combat. On ne pourra sortir de la crise qu'en combinant l'Europe protectrice, levier de la puissance économique et la nation, lieu de la justice sociale. Mais il faut avoir le courage de faire l’Europe qui protège. Aujourd'hui les dirigeants européens, qui s'apprêtent à réinvestir Barroso, ont choisi la poursuite de la crise.
Contre cela, Debout la République par la voix de Nicolas Dupont-Aignan, de ses têtes de liste a tout au long de la campagne tenu l'unique discours réaliste et responsable, a réussi, malgré l’absence des médias, à multiplier par quatre les estimations des sondages, à mettre sur pied un mouvement gaulliste, libre, implanté partout en France et qui compte plus de 10 000 adhérents. Dominique de Villepin crée son club politique et rassemble ses soutiens. Ensemble ils affirment le retour des gaullistes et leur volonté de redonner l’espérance aux Français. Cette espérance, ne soyons « jamais las de la guetter dans l’ombre ».
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19.01.2009
La Palestine, Israël et la France
Alors que la trêve est enfin approuvée par Israël et le Hamas, une paix réelle et durable semble hypothétique. Nous connaissons pourtant la condition de cette paix toujours voulue mais jamais réalisée : le retour d’Israël aux frontières de 1967. Ce retour aurait pour première conséquence la création d’un Etat palestinien, libre, souverain et viable à côté d’Israël. Israël, et c’est la deuxième conséquence serait immédiatement reconnu dans ses frontières par une large partie des pays de la région et surtout par le Hamas.
L'essayiste et écrivain juif, Marek Halter a rencontré, en Syrie, le chef du Hamas quelques heures avant l'offensive israélienne à Gaza. Khaled Mechaal a évoqué avec lui les conditions d'une éventuelle libération du prisonnier franco-israélien Gilad Shalit, détenu par le Hamas depuis juin 2006. Il a affirmé, par ailleurs, que son mouvement est prêt à un accord avec Israël, mais sur la base des frontières de 1967. Accord qui ne peut être obtenu, selon lui, que par la force.
L’entrée d’Israël à Gaza atteint son terme, le Hamas a-t-il obtenu satisfaction, est-il en mesure et a-t-il la volonté de faire un accord avec Israël sur les frontières de 1967 ? Comme l’explique Renaud Girard dans le Figaro, « le drame de Gaza risque de renforcer le Hamas ». Les images de civils gazouites « couverts de sang » sont pour la Hamas « les agents recruteurs les plus efficaces », elles galvanisent les jeunes contre Israël et le résultat sera selon le grand reporter « flagrant » : « le Hamas en sortira politiquement renforcé au sein de la population palestinienne - au détriment de Mahmoud Abbas, l'homme du dialogue avec Israël ».
Mais pourquoi Israël s’est-il battu ? Pour Pascal Boniface, directeur de l’Iris, trois raisons expliquent l’offensive. D’abord la fin des tirs de roquettes sur son territoire à partir de Gaza. « Cet objectif aurait pu certainement être atteint par la levée du blocus sur Gaza, dont le Hamas faisait une condition de la poursuite du cessez-le-feu ! » Tel Aviv n’a pas voulu accomplir ce geste, qui aurait constitué une victoire pour le Hamas. La deuxième raison était la destruction du Hamas, mouvement qu’il avait favorisé pour contrecarrer l’OLP. Un troisième objectif est le souhait d’Israël de restaurer sa capacité de dissuasion réduite par la guerre du Liban. Avec le renforcement du Hamas dont parle Renaud Girard, Israël est très loin d’avoir atteint ses ambitions initiales.
En face, le Hamas participera t-il au gouvernement palestinien comme la souhaite Abbas, sera t-il capable de négocier avec responsabilité, son renforcement l’encouragera peut-être. Pour cela un effort doit être accompli par tous les partis, avec un appui impartial de la communauté internationale -que la France en raison de son rôle particulier doit promouvoir- chargée de faire respecter le droit international, oublié par tous dans la région depuis 1948.
Israël doit tendre la main au Hamas et lancer le plus rapidement possible la décolonisation de la Cisjordanie, pour un retour indispensable aux frontières de 1967. Car, la vraie sécurité d’Israël ne reposera pas sur sa seule force militaire, mais sur des rapports sereins avec ses voisins. En opposant à lui, les peuples des États modérés de la région, Israël affaiblit sa sécurité à long terme.
Comme le rappelle Renaud Girard, « au Liban, à l’été 2006, la réponse militaire d’Israël aux Hezbollah a profité au mouvement islamiste chiite, qui possède désormais un droit de veto sur toutes les décisions du gouvernement libanais » et d’ajouter, « les stratèges israéliens ont oublié que leur action la plus efficace fut de s'être abstenu d'humilier l'Égypte lors de la guerre du Kippour d'octobre 1973. » Ce qui permit 5 ans plus tard de faire la paix avec le pays représentant la plus grande menace stratégique pour l'État juif.
Ce conflit révèle cependant un risque plus grave encore, celui de la confusion du religieux et du politique. Comme l’écrit Alain-Gérard Slama dans le Figaro Magazine le conflit israélo-palestinien se présente de moins en moins comme « la séquelle d'un conflit Nord-Sud » mais « tend à devenir une guerre de religion inexpiable ». Il devient difficile lorsque le fanatisme relaye les revendications nationales de trouver une issue pacifique et politique. Cela vaut pour Israël qui a accompli le retrait des 8 000 colons de Gaza parce que ce territoire ne faisait pas partie de l'héritage sacré pour ajouter dans le même temps 12 000 colons en Cisjordanie. Cela vaut aussi pour le Hamas et l’Iran qui exploite la haine d’Israël dans l'espoir d'imposer sa domination au monde musulman.
Cette confusion du religieux et du politique est aujourd’hui importée en France, par certains juifs et certains musulmans qui privilégient leur appartenance à leur communauté religieuse, à une « patrie spirituelle » plutôt qu’à la France. Tous encouragés par des politiques qui depuis trop longtemps favorisent ce communautarisme contre la France en abandonnant dans un même mouvement la justice sociale et l’identité française. Comme l’écrit Slama, « la foi religieuse ne saurait s'identifier aux intérêts d'un peuple ou d'une nation. Oublier ce principe est, de la part des Européens, d'autant plus suicidaire qu'il leur vient tout droit du message chrétien. » Retrouver le sens de ce message est essentiel pour que l’unité française soit maintenue et que la paix soit faite.
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24.12.2008
Noël dans la crise : un rendez-vous pour l'espérance

Tribune parue dans le Monde 23/12/08
Au moment où le monde entier se trouve engagé dans une crise économique qui frappera en priorité les plus démunis, et dont personne ne peut mesurer la durée et la gravité, Noël demeure une espérance.
La naissance du Christ parmi les plus pauvres, autant dire presque dans la rue, mais aussi de nombreux textes bibliques et écrits sociaux des Eglises chrétiennes, nous renvoient à des références éthiques essentielles pour affronter la crise. La pensée sociale chrétienne qui s'appuie sur ces références n'est pas une alternative à un quelconque système économique, mais un socle de réflexion qui a vocation à inspirer tout mode d'organisation durable de la société.
Ce socle repose sur deux priorités : celle de l'homme sur l'économie, l'économie est au service de l'homme et non l'inverse, et celle des pauvres sur les privilégiés, l'équité condamne une trop grande inégalité entre les revenus. Ces deux priorités définissent les six piliers fondateurs de la pensée sociale chrétienne : la destination universelle des biens (la propriété privée est légitime si son détenteur en communique aussi les bienfaits à ceux qui en ont besoin), l'option préférentielle pour les pauvres, le combat pour la justice et la dignité, le devoir de solidarité, le bien commun et le principe de subsidiarité (faire confiance à ceux qui se trouvent au plus près du terrain pour résoudre ensemble leurs difficultés).
Et, en leur temps, les Pères de l'Eglise n'y allaient pas par quatre chemins. Avec saint Ambroise, par exemple, qui affirmait : "Quand tu fais l'aumône à un pauvre, tu ne fais que lui rendre ce à quoi il a droit, car voici que ce qui était destiné à l'usage de tous, tu te l'es arrogé pour toi tout seul."
Aussi surprenant que cela puisse paraître, Jaurès ou Gorbatchev, plus près de nous, prétendaient trouver, le premier dans les textes du pape Léon XIII sur la question ouvrière, le second dans ceux de Jean Paul II, des références qui pouvaient fonder une société plus juste.
Dans leur session consacrée à l'argent en 2003, les Semaines sociales de France, lieu de réflexion des chrétiens sur les problèmes de société depuis plus d'un siècle, critiquaient certains aspects des rémunérations des dirigeants, dont les stock-options, dans la mesure où elles négligent, voire compromettent, la gestion de l'économie sur le long terme.
Ce faisant, les chrétiens ne condamnent pas l'économie de marché sous toutes ses formes. Ils rappellent - en accord avec l'économiste Adam Smith - que ce type d'économie ne peut fonctionner que dans des sociétés basées sur les valeurs morales que sont le respect des autres et une certaine sobriété dans l'usage des biens matériels.
INDISPENSABLE RÉGULATION
Il s'agit donc de ne récuser ni le profit ni les investisseurs qui prennent des risques dans l'entreprise, mais d'appeler à une indispensable régulation de leur fonctionnement par les autorités publiques et par l'action de corps intermédiaires, tels que les organisations non gouvernementales et les syndicats, notamment.
Les chrétiens ont des valeurs à faire fructifier avec ceux qui ne partagent pas nécessairement leur foi. Et les plus privilégiés d'entre eux sont appelés à se comporter en citoyens vigilants par leurs choix politiques, à refuser le toujours-plus, à s'engager, notamment au niveau local, à accepter un niveau d'impôts volontariste pour une solidarité active, à respecter un mode de consommation plus sobre et plus équitable. Dans leurs lieux de vie, ils auront toujours le souci de faire entendre la voix des plus exclus.
La célébration de Noël invite à réactualiser le sens que nous donnons à l'économie et à choisir la voie de la solidarité. Cela devient plus qu'urgent. Impératif.
Guy Aurenche, Jean Boissonnat, Daniel Casanova, Jacques Delors, Xavier Emmanuelli, Jean-Baptiste de Foucauld, Sylvie Germain, Jean-Claude Guillebaud, Jean-Pierre Hourdin, François-Régis Hutin, Alain Juppé, Patrick Peugeot, Michel Rocard, Robert Rochefort, Eric-Emmanuel Schmitt, François Soulage, René Valette, Jérôme Vignon, François Villeroy de Galhau.
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20.12.2008
Malaise des jeunes ou Debout les Jeunes !

Les violences en Grèce, les manifestations lycéennes en France sont pour de nombreux commentateurs le signe d’un profond malaise de la jeunesse européenne. Il y a des différences fortes entre ces deux cas, la violence des jeunes grecs n’est pas comparable aux manifestations françaises même si plusieurs actes de vandalisme ou de blocage forcé ont été constatés.
La Grèce est aujourd’hui dans une situation catastrophique, l’écrivain grec Takis Théodoropoulos déclarait, dans le Figaro, que cette jeunesse « est le reflet d'une société en faillite. Elle en est la partie la plus sensible et exprime de façon plus bruyante une implosion du système». Elle est la marque d’un échec politique, économique et éducatif.
De cette crise, le gouvernement grec en est gravement responsable. La corruption, les affaires ruinent aujourd’hui la crédibilité du gouvernement pour gérer la crise et sa capacité à trouver une solution. « Le pouvoir, selon l’auteur, est partagé depuis le retour à la démocratie par quelques grandes familles politiques et leurs amis. Il fonctionne par passe-droits ». Au-delà du gouvernement, l'Etat, la justice, la police sont empêtrés dans des scandales de corruption, et Théodoropoulos affirme que l’anarchiste en Grèce n’est pas seulement celui qui entraine la jeunesse de son pays dans une lutte contre l’Etat c’est aussi « le directeur des impôts ou le policier qui fait ce qu'il veut ».
Dans ce délitement complet, des groupes anarcho-autonomes prêts à en découdre sont apparus. Ces jeunes autonomes et anarchistes radicaux ont été le fer de lance du mouvement contre une police qui parfois se distingue par sa brutalité. Mais au-delà de cette tradition anarchiste et violente, héritée de la lutte contre la dictature des colonels, l'extension rapide du mouvement traduit le mécontentement d'une grande partie de la population, singulièrement de la jeunesse.
Le déficit de l'éducation joue un rôle déterminant dans ce soulèvement. Un étudiant de l’université d’Athènes, a résumé la situation dans le quotidien Ta Nea : « L’État doit nous éduquer, mais ce n’est pas ce qui se passe en réalité. Malgré tous nos diplômes, nous sommes livrés à nous-mêmes, en attendant de nouer des relations qui nous permettront de trouver un travail à plus de 600 euros par mois ».
Cette situation s’explique essentiellement par la fin d’une période allant de la démocratisation de la Grèce aux Jeux Olympiques de 2004. Depuis son entrée dans la Communauté économique européenne en 1981, le pays s’est considérablement modernisé. Avec des taux de croissance de l’ordre de 4%, elle a même été l’une des économies européennes les plus dynamiques de ces dernières années, mais tout le monde n’en a pas profité. Le système éducatif a été sacrifié, le budget de l’Éducation ne représente que 3,5 % du budget national. Les familles dépensent environ 500 euros par mois en cours privés. Les plus riches envoient leurs enfants à l’étranger. Dévalorisée, s’est ainsi formée une classe d’âge touchée par la précarité et la pauvreté.
Après la “génération précaire” en France, les “mileuristas”(pour 1 000 euros) en Espagne et en Italie, la “génération praktikum” (stage) en Allemagne, la “génération 700”en Grèce. « Les jeunes Grecs, jusqu’à 35 ans, représentent une majorité silencieuse de citoyens sous-payés, surchargés de travail, endettés et fragilisés », explique l’organisation Génération 700. Selon elle, 56 % des Grecs de moins de 30 ans ont un salaire mensuel qui ne dépasse pas les 700 euros. À ces bas salaires s’ajoute un chômage des jeunes parmi les plus élevés d’Europe. Avec un taux de 24,3 % en septembre, la Grèce se situe derrière la France, l’Italie et l’Espagne. Seule la moitié des 80 000 diplômés par an trouvent un travail après l’université. La crise ferme les perspectives.
« La police les flingue, l’éducation les piège, l’emploi les lâche, le gouvernement leur ment » écrivait crûment Martine Gozlan dans Marianne pour résumer la crise actuelle. Pour cette jeunesse désespérée le dernier recours est la violence.
Un auteur grec, Petros Markaris, essaye de comprendre cette dureté, pour lui : « le fétichisme de l’argent s’est emparé de la société grecque, les jeunes veulent une rupture avec cette société sans âmes ni vision». Aujourd’hui même les intellectuels grecs, hier si virulents, ne s’engagent plus, installés dans un « confort cotonneux » et confirment cette perte de conscience collective qu’évoque Todd, une perte de conscience collective, une désespérance que la jeunesse exprime avec violence ?
En est-il de même pour la jeunesse française ? Todd disait, cette semaine, sur France Inter, sentir en France « un basculement de la jeunesse du pays vers la gauche du pays et l’égalité », les manifestations lycéennes sont elles le témoignage de ce basculement ? « Il faut y lire [dans ces manifestations] un sentiment de dégradation des conditions d’études et de perte de valeur des diplômes sur le marché du travail », souligne Valérie Becquet, maître de conférences en sociologie à l’université de Cergy-Pontoise. Un sentiment, parfois, d’appartenir à une génération sacrifiée. Un sentiment assez proche, au fond, de celui qu’éprouvent les jeunes grecs. Les lycéens français les imiteront-ils ?
Nous devons l’éviter. La jeunesse de France doit résister « au fétichisme de l’argent », « à cette société sans âme ni vision » mais ne pas tomber dans l’extrémisme. Contre les extrémistes de droite comme de gauche contre la pensée unique du PS, de l’UMP et du MODEM, les jeunes de France doivent se rassembler autour d’un projet collectif. Ce projet collectif, un mouvement politique, Debout les Jeunes le construit pierre après pierre, avec l’exigence permanente de rassembler des jeunes français issus de tous les milieux et l’unique volonté de servir la France.
Lisons ce que Malraux écrivait à la suite des évènements de mai 68 : «L'imagination au pouvoir, ça ne veut rien dire. Ce n'est pas l'imagination qui prend le pouvoir, ce sont des forces organisées. La politique n'est pas ce qu'on désire, c'est ce qu'on fait. L'important n'est pas de crier “Vive la Liberté”, c'est de faire que les libertés soient réalisées par l'État. Ce que les jeunes attendaient de nous, avant tout, c'était un espoir, au fond des malaises qu'ils ressentent plus que nous encore, et qui est au fond de nature religieuse, parce que nous sommes dans une situation sans précédent de rupture entre l'homme et le cosmos, entre l'homme et le monde…» Et le général de Gaulle de conclure au plus fort de la crise étudiante : «Il est possible que parmi ces farfelus de la Sorbonne, il y en ait certains qui n'aient pas tort ».
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11.12.2008
Travail le dimanche : parler en Français

« Quiconque parle en Français et non en politicien est sûr d’être compris » écrivait Bernanos dans Les Grands Cimetières sous la Lune, les députés courageux qui aujourd’hui au-delà de leurs étiquettes politiques défendent le dimanche reposé parlent « en Français ». Il est parfois des lois dont la substance est aussi importante que la valeur symbolique, la loi concernant le travail dominical en est une. Au-delà de la bêtise économique et sociale dont il s’agit, la loi est devenue le symbole de ce qui est contraire à une certaine idée de la France.
Nous sommes à un moment où la France est tentée de renoncer une fois de plus à sa particularité, au nom d’une adaptation à une certaine modernité, passant par « la réconciliation des français avec l’argent et le succès individuel » : vulgate sarkozyste en contradiction avec les discours gaullistes républicains… du même Sarkozy.
Ce double langage, le Cardinal Barbarin, que je me permets de citer, nous le rappelle dans une tribune publiée dans le Monde, où il se « contente, de faire remarquer qu'il n'est pas cohérent de réclamer d'un côté une réforme vigoureuse pour « moraliser la finance », dénoncer « golden parachutes » et rémunérations excessives, et de vouloir par ailleurs relativiser le repos hebdomadaire, simplement pour gagner plus. » Avant de rappeler que « depuis vingt siècles, l'Evangile dénonce cette logique sournoise et implacable : l'argent rend fou. »
Ce message chrétien laïcisé par la République est au centre de la personnalité française. Péguy écrivait, il y a plus d’un siècle, que la dérépublicanisation de la France et sa déchristianisation n'étaient qu'un seul et même mouvement, " un seul mouvement profond de démystication ", une démystication se faisant au profit de l’argent-roi et du veau d’or. Aujourd’hui nous en sommes là. La fin du dimanche de repos serait le signe du triomphe de la consommation à outrance, le triomphe du consommateur sur le citoyen.
Ce triomphe est redouté par les députés opposés au travail dominical, « alors que l'absence de repères personnels et sociétaux est de plus en plus cruelle, il n'est pas acceptable de faire courir aux Français ce risque de généralisation du travail dominical » qui créerait pour les élus une « dichotomie entre le consommateur et le citoyen ». Une vision du problème largement appuyée par le rapport du Credoc sur le travail dominical selon lequel la « logique d’achat-loisir » est la première motivation de la minorité des français favorable au travail le dimanche.
A ce succès si moderne de la consommation s’ajoutent l’inefficacité économique et l’injustice sociale de la réforme.
Selon les élus de la majorité opposés au texte : « toutes les études montrent qu'un emploi créé dans la grande distribution en détruit trois dans le commerce de détail ». Ce que confirme en partie le Credoc. D’abord les commerçants favorisés seront les « formats commerciaux plus productifs », autrement dit les grandes surfaces. L’effet est aussi jugé défavorable pour l’emploi. L’impact évalué est défavorable au secteur alimentaire (-6800 à -16200 emplois selon les scénarios) même s’il est jugé partiellement favorable dans le secteur non-alimentaire (-5400 à +14800 emplois selon les scénarios). Dans le meilleur des cas, la mesure n’aura aucune conséquence sur l’emploi.
Le rapport anéantit aussi l’idée selon laquelle il y aurait un surplus de chiffres d’affaires pour les commerçants : l’ouverture un jour de plus n’augmente pas le pouvoir d’achat des Français et n’augmente donc pas le chiffre d’affaire des commerçants. Et pire, les commerces ouverts le dimanche siphonnent les bénéfices de ceux qui sont fermés ou de ceux qui sont moins concurrentiels.
La réforme du travail dominical peut produire deux inégalités une inégalité entre les salariés d’une même entreprise et une seconde entre les travailleurs précaires et les autres actifs.
La première distinction est relevée par nos audacieux élus, elle est le fait du volontariat du travail dominical. « Il est dit, écrivent les députés, que les salariés concernés par ce projet seraient protégés par le volontariat. Mais qui pourra reprocher à un chef d'entreprise, en bon gestionnaire, de privilégier la progression de carrière de ceux qui auront fait l'effort de se mobiliser les dimanches ?. L'instauration du travail dominical sans limitation dans certains secteurs produira donc, à coup sûr, deux catégories de salariés, du fait d'une discrimination exagérément positive liée à la bonne marche de l'activité. »
L’inégalité entre les travailleurs précaires et les autres actifs serait aussi consommée. Si 39% des actifs sont prêts à travailler le dimanche, les catégories précaires sont largement plus enclines à accepter. Les étudiants (51% favorables), les chômeurs ayant déjà travaillé (55,1%) mais surtout les chômeurs à la recherche d’un premier emploi (61%) sont les plus motivés tandis que seulement 52% des personnes travaillant dans le commerce accepteraient de travailler régulièrement le dimanche. Ainsi travailler le dimanche « est une concession des précaires et pas un désir profond des actifs » et ne ferait que renforcer les écarts de condition entre actifs.
Ineptie économique, injustice sociale, le dimanche travaillé serait pour la France et les Français un reniement supplémentaire de leur singularité, le primat donné à la consommation, à l’argent, au profit contre l’essentiel. Cet abandon, Péguy, encore lui, l’écrivait admirablement : « ce que tout un peuple fait coucher sur les registres des livrets de caisse d’épargne, c’est l’argent pour lequel il a vendu sa race ».
Au final ce débat pose plusieurs questions concernant l’honnêteté intellectuelle et politique des élus de la Nation, opposés à cette réforme, et désormais gardiens d’une sorte de mystique française. Comment peuvent-ils appartenir à un mouvement, un groupe politiques avec lesquels ils sont en désaccord sur l’essentiel ? Et surtout pourquoi ne dénoncent-ils pas les règles mondiales et européennes qui contraignent la France à s’adapter à des conceptions qui lui sont étrangères ? Qu'ils continuent de parler « en Français » !
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03.12.2008
La crise alimentaire, première des crises

« L’égoïsme se paie en révolte d’hommes » répétait Jacques Chirac pour déplorer le manque d’aide des pays du Nord en direction du Sud. Le recul des aides au développement des pays les plus développés notamment celles de la France est loin de contredire l’ancien Président. L’aide alimentaire internationale est tombée en 2008 à son niveau le plus bas depuis quarante ans.
Au même moment, la crise alimentaire s’aggrave. Les chiffres du dernier rapport de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) parlent d’eux-mêmes, 923 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde soit 75 millions supplémentaires pour la seule année 2007, principalement à cause de la flambée des prix des denrées et des carburants. Sur ce milliard de personnes, 90% vivent dans les pays d’Asie et d’Afrique et parmi eux ce sont pour la plupart des pays d’Afrique qui sont les plus touchés et qui connaissent à la fois un haut niveau de sous-alimentation et une forte dépendance vis-à-vis des importations de produits pétroliers et céréaliers.
Ces 30 dernières années, la mondialisation de l’agriculture mondiale, par la suppression des réglementations et des barrières douanières, a partout été encouragée notamment par les pays occidentaux appuyés par les institutions internationales. Mais tout en réclamant le libre-échange les pays du Nord et les pays du Sud les plus avancés s’en sont préservés. Les pays du Nord pour éviter la révolte de leurs agriculteurs ont maintenu (subventions et quota à l’appui) la compétitivité et la rémunération de leur agriculture face aux productions des pays à bas niveaux de salaire.
Prises en étau entre deux agricultures industrielles — celle du Nord, rendue « compétitive » par les subventions, et celle du Sud, rendue compétitive par des coûts du travail dérisoires — les cultures vivrières et non mécanisées, premières sources de revenus de la population rurale, ont été balayées, rendant inéluctable le manque alimentaire dans les pays les plus pauvres.
Aujourd’hui, il y a urgence, les émeutes de la faim se multiplient, l’offre de produits alimentaires au niveau mondial est insuffisante, alors que le monde aura demain 7 milliards d’habitants, dont 5 milliards de citadins, la réaction ne doit pas attendre.
Dans son article « Peut-on nourrir la planète ? » pour le magazine l’Histoire du mois de novembre, Sylvie Brunel, professeur des universités en géographie, nous apprend que pour répondre à la demande, la production agricole mondiale devra être multipliée par deux d’ici quarante ans. Les difficultés sont réelles mais pourtant la menace doit être relativisée. D’abord de nombreuses terres sont toujours disponibles, en Afrique moins de 20% des terres cultivables sont utilisées. Ensuite, le changement climatique devrait certes aggraver l’irrégularité et l’insuffisance des pluies, mais aussi libérer de nouvelles terres cultivables (en Russie et au Canada). Les marges de productivité sont considérables : moins de 1000 kg de céréales sont produits à l’hectare en Afrique contre 4000, en Asie et 7500 en France. Et dernière raison d’espérer, si les prix de la nourriture restent durablement élevés, ils stimuleront l’incitation à produire plus.
Pour que ces progrès notamment en matière de productivité agricole se réalisent quatre conditions toujours selon Brunel sont indispensables.
Il est avant tout nécessaire de lier agriculture et préoccupations environnementales, les secondes sont essentielles au maintien de la pérennité et de la diversité de la première. L’adaptation des productions aux milieux climatiques et géologiques où elles se situent ne pourront que renforcer la durabilité de l’agriculture dans une région donnée.
La deuxième condition est politique, elle est d’une grande actualité alors que la crise fragilise les dogmes néo-libéraux. Les pays riches défendent depuis longtemps leur souveraineté alimentaire, en subvenant eux-mêmes en grande partie à leur besoin alimentaire et protégeant leur marché. Cette souveraineté, sous les coups de butoir des organisations internationales et du néo-libéralisme, a été refusée aux pays du Sud dont les productions soumises à une concurrence déloyale ne rapportent pas ou trop peu. Cette condition exige un changement complet de politique internationale et nationale, comme l’écrit Brunel « chaque pays doit pouvoir mener sa propre politique agricole en fonction de ses contraintes ou atouts ». Mais, et Brunel ne l’écrit pas de façon explicite, une dose de protectionnisme est nécessaire pour éviter que le marché mondial et ses fluctuations rendent impossible le début du commencement d’une réelle souveraineté alimentaire notamment en Afrique.
Cela nous ramène au XIXème siècle, au début du développement de l’économie allemande et conforte la théorie de List, économiste allemand pour qui le libre-échange était le levier de l’impérialisme britannique qui jouait à son profit des inégalités de développement entre nations. Face à ces inégalités, l'intervention de l'État, instaurant un protectionnisme éducateur, à l'abri duquel peuvent se développer les forces productives est nécessaire. Ce protectionnisme des « industries dans l'enfance », est néanmoins transitoire, il est une étape vers la réaffirmation d’un libre-échange loyal. Il apparait comme une voie non négligeable pour les pays qui souffrent de la faim, peut-être pourrait-il (comme a pu le recommander Attali à propos de l’Afrique -l’Union africaine-) s’organiser autour de grandes zones régionales ?
La troisième condition relève de la coopération internationale qui doit être renforcée pour d’une part établir un système de brevet public concernant la recherche agronomique et ainsi éviter qu’elle soit confiée à des intérêts financiers de court terme et d’autre part créer une « charte des aliments essentiels » ayant une autorité mondiale.
La dernière de ces conditions concerne la rémunération des paysans et leur propriété foncière, qui doivent être consolidées et soutenues, cela permettra de renforcer les marchés intérieurs de ces pays, de réduire considérablement la pauvreté et rendre possible un développement durable.
C’est en aidant les pays du Sud à atteindre leur souveraineté alimentaire, en régulant les échanges internationaux agricoles que nous pourrons vaincre la faim dans le monde et briser les inégalités mondiales dont le terrorisme, « les révoltes d’hommes » sont des conséquences.
Nicolas Dupont-Aignan l’affirme : « Comment imaginer lutter contre le terrorisme, les guerres, les mouvements anarchiques de population sans, là aussi, s’attaquer à leurs racines ? L’avenir de l’Afrique devrait être ainsi au cœur de toute notre attention. Son marasme est aussi profond que ses ressources sont colossales. La France et l’Europe ont tort de la négliger laissant la Chine combler le vide. Savez vous que l’effacement de la dette publique de tous les pays du continent aurait coûté moins cher (100 milliards d’euros) que la seule aide directe de la Grande Bretagne et de la France à leurs banques ! ».
Et Jacques Chirac de préciser : « on sait que l’Afrique peut sortir de la pauvreté avec 25 milliards de dollars d’investissements. 25 milliards, c’est 20 fois moins que le plan voté par les Etats-Unis pour sortir leur système bancaire de la crise ! On devrait pouvoir y arriver ! ».
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27.11.2008
Nous avons rendez-vous avec l’Histoire !
C’est le vent de l’ardeur et de la grandeur qui soufflait dimanche à la Mutualité. Les Français de bonne volonté, les gaullistes, les républicains s’y sont rassemblés autour de Nicolas Dupont-Aignan pour fonder un vaste et libre mouvement politique national et républicain. Ce sont les fondements de ce projet républicain et national que je vous présente ici, citations (en italique) du discours fondateur et résolu de NDA à l’appui.
Alors que les socialistes donnent le triste spectacle de leur division dont l’origine est plus la recherche cupide et avide du pouvoir que la différence de vision politique, alors que l’UMP est une coquille vide à la botte de l’Elysée dont les membres s’entre-déchirent pour accéder à la moindre responsabilité (au niveau national bien sûr mais ce phénomène est flagrant au niveau local !), Debout la République s’affirme comme le seul mouvement politique où prime l’intérêt national face à ces deux partis que rien ne sépare sauf le mensonge !
Ce mensonge Nicolas Sarkozy l’a porté à la Présidence de la République, il a instauré ce que Nicolas Dupont-Aignan appelle « le régime du double langage, ce grand écart entre les beaux discours d’un côté, et les actes de l’autre. D’un côté le beau discours sur le mini traité, de l’autre la décision de ratifier la copie conforme de la Constitution européenne. D’un côté le beau discours sur la baisse des impôts, de l’autre la multiplication des taxes. D’un côté le beau discours sur le retrait militaire d’Afghanistan, de l’autre l’envoi de soldats supplémentaires. D’un côté le beau discours sur l’école du mérite, de l’autre la réduction de 7% des heures de cours du primaire. D’un côté le beau discours sur la moralisation du système financier, de l’autre le refus de taxer les stock-options. »
Alors que les successeurs du général de Gaulle, non sans erreurs ni mensonges, ont tous maintenu à leur manière une certaine exception française, le mensonge est aujourd’hui mis au service de ce qui contredit la substance du caractère français. Aujourd’hui le risque, c’est celui du délitement de la nation. Ce risque les Français le perçoivent, toutes les enquêtes le montrent. Depuis la Libération, jamais le désespoir des Français n’a été aussi considérable ! Ce désespoir exige une réponse, cette réponse, Debout la République la soumet aux Français.
Celle-ci est d’abord fondée sur une analyse de la situation du monde et de sa crise, de ses causes et ses effets :
Cette crise est d’abord celle du libre échange intégral, « qui a entrainé l’ effondrement des économies américaines et européennes, la baisse du niveau de vie, une nouvelle forme d’esclavage organisé en toute bonne conscience en Chine et en Inde, le pillage des matières premières, la dégradation sans précédent de l’environnement de la planète et naufrage du continent africain ! »
Cette crise est aussi une crise politique. « Car si les multinationales ont joué des frontières pour accumuler toujours plus de profits, c’est bien parce que les gouvernements et les parlements les ont laissé faire. En mettant en concurrence les hommes et les territoires, on a inversé le cercle vertueux du progrès en une paupérisation généralisée ! »
La 3ème crise, c’est celle de l’Union européenne qui loin de protéger ses peuples est le cheval de Troie de la libéralisation à outrance et de la concurrence idolâtrée.
Les élections européennes seront pour les Français et tous les peuples d’Europe, l’occasion de dire à leurs dirigeants complices ou faux critiques de cette réalité, que l’Europe, évidemment nécessaire doit être refondée sur les plans :
Institutionnel, cette refondation passe par l’établissement « d’une Europe à la carte, avec des coopérations à géométrie variable qui permettent à chacun d’avancer à son rythme (à 3, à 8, à 12). (Ainsi nous éviterons le blocage de l’unanimité à 27 qui interdit d’avancer et la loi de la majorité tyrannique qui impose une politique à des nations qui n’en veulent pas). Un nouveau traité fondateur supprimera la commission (remplacée par un secrétariat permanent du conseil européen et par des agences thématiques pour porter les coopérations à la carte), encadrera la BCE et replacera le droit européen au-dessous des constitutions nationales dans la hiérarchie des normes. »
Economique, par une double stratégie défensive et offensive. « La défense européenne pour NDA, c’est la préférence européenne. Le droit de douane environnemental et social qui régule le libre échange entre les grandes zones régionales la lutte contre les paradis fiscaux au sein même de notre territoire le respect des services publics une harmonisation sanitaire, sociale et environnementale par le haut un plan de relance qui passe par des investissements massifs autour de projets industriels : la voiture propre, le TGV du futur, le panneau solaire performant…L’attaque c’est une politique offensive de l’euro de proposer, pour financer tous ces projets d’auto-développement de l’Europe, un grand emprunt européen garanti par tous les Etats qui voudront s’y associer L’épargne populaire ne doit plus venir au secours de la finance en faillite, mais servir le développement commun ! Un tel plan de grands travaux et d’investissements financera des emplois réels et productifs. »
Cette Europe nouvelle doit enfin porter sa propre vision du monde, notre continent devra préciser son rapport à ses voisins et au monde, affirmer ses frontières « en proposant à la Turquie, par exemple, un partenariat plutôt qu’une adhésion, développer l’Union pour la Méditerranée, négocier une alliance forte et complémentaire avec la Russie, et organiser la sortie de l’OTAN pour ceux qui le souhaitent et créer une coopération militaire à la carte notamment pour les matériels d’armement et enfin de lancer d’un vrai plan Marshall avec le Maghreb et l’Afrique. »
Ainsi refondée, l’Europe pourra apporter une réponse aux trois défis mondiaux. « Celui de la régulation du capitalisme, en soutenant la création d’ nouveau système monétaire international, la profonde révision de l’Organisation Mondiale du Commerce (avec des zones de libre échange par continent), et la réglementation de la finance internationale (en isolant les paradis fiscaux, et en interdisant les techniques de ventes à découvert qui favorisent la spéculation boursière,…). Celui de la pauvreté, de l’alimentation et du développement. Pour lutter contre le terrorisme, les guerres, les mouvements anarchiques des population sans, là aussi, ils nécessaire de s’attaquer à leur racine. L’avenir de l’Afrique devrait être ainsi au cœur de toute notre attention. Son marasme est aussi profond que ses ressources sont colossales. Celui de l’environnement, les bons sentiments ne suffiront pas sans une révision des règles commerciales pour inciter les pays développés comme les pays émergents à changer de modèle de production et de consommation. »
Ce changement la France doit l’inspirer et le promouvoir, mais pour cela notre pays doit renouer avec son génie et se réformer courageusement. Ce renouement et ses réformes ne pourront se faire qu’avec l’appui du peuple souverain, aujourd’hui désespéré par un personnel politique qui s’agite mais n’agit pas ou peu. Avec le soutien du peuple français, nous pourrons d’abord restaurer l’Etat aujourd’hui empâté par des années de relâchement et de lâcheté politique mais plus que jamais nécessaire au redressement du pays, de son économie, de sa recherche, de son école, des ses services publics. Son rôle est essentiel pour que soit maintenue l’unité nationale face aux féodalismes économiques, communautaires et politiques.
Le relèvement de l’Etat est un préalable à la réforme économique et sociale. Comme l’affirme la charte du mouvement, « la France doit relocaliser ses emplois et investir dans les projets scientifiques et industriels de demain. L’effort de tous doit être au profit de tous, grâce au renforcement massif de la participation et à la création d’une sécurité professionnelle, pour retrouver le chemin du Progrès économique, social et environnemental. »
Le projet du nouveau et unique mouvement républicain est fondé sur une analyse brillante de la situation du monde, de l’Europe, de la France, de la crise qui les touche et propose des solutions ambitieuses, courageuses et réalistes à celle-ci. Ce projet sera désormais promu et défendu devant les français dans les mois et années prochains, j’ai voulu, ici, préciser et montrer les grandes lignes de ce projet plutôt que de les analyser, j’ai souhaité mettre en avant le mouvement auquel j’appartiens, Debout la République, et son chef que je soutiens, Nicolas Dupont-Aignan, dont la conclusion du discours à la Mutualité clora cette note, comme un appel lancé à vous, comme un appel lancé à tous les Français :
« Si vous voulez faire vivre la démocratie, relever la République – cette République dont de Gaulle disait qu’elle est « la souveraineté du peuple, l’appel de la liberté et l’espérance de la justice » -, alors lancez-vous ! »
« Oui, lançons-nous pour aller dire aux Français que le politique, la volonté générale, c'est-à dire la République, doit reprendre le pouvoir sur l’économie, sur le marché, sur les intérêts, sur les lobbies, sur les communautés… »
« Oui mes amis vous avez, nous avons, rendez-vous avec l’Histoire. Dressez l’oreille, chers compagnons. L’Histoire nous murmure quelque chose. Elle nous dit de ne pas avoir peur. Elle nous crie de nous mettre debout. Debout la République, Debout la France, Debout les peuples libres d’Europe. »
Chers lecteurs, rejoignez Debout la République, pour la France !
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22.11.2008
Quitter l'Afghanistan

Dominique de Villepin est avec Nicolas Dupont-Aignan (le second joint le verbe à l’action !) l’homme politique qui, aujourd’hui, incarne et défend le plus fidèlement le gaullisme. Alors que d’injustes accusations, et jusqu’à preuve du contraire non fondées, sont portées contre lui, je voulais simplement affirmer mon humble soutien et mon admiration intacte. Cette fidélité au gaullisme Dominique de Villepin l’a démontrée une fois de plus, récemment, en inaugurant à Abu Dhabi le colloque : "Le Général de Gaulle et le Monde Arabe".
Pour l’ancien Premier ministre, la politique étrangère gaullienne comporte trois éléments : stabilité, unité, souveraineté, et mêle non-ingérence et indépendance. La philosophie de la politique du Général de Gaulle était "à l'opposé point par point" de celle de l'actuelle administration américaine, car elle respectait l'autonomie des nations et reposait sur une foi dans la "culture, l'équilibre et le dialogue". "Elle favorisait la stabilité. Elle mettait en valeur l'important des relations Nord-Sud et permettait aux peuples de choisir leur propre destin."
Fidèle à cette conception gaullienne des relations internationales, de Villepin a évoqué l’Afghanistan. Préoccupé par l’idée que le départ des troupes américaines d'Irak puisse conduire à davantage de troupes en Afghanistan, il affirme qu’il n’y a aucune solution militaire dans la lutte contre les Talibans. "Nous pouvons faire le choix d'un combat déterminé contre le terrorisme. Cela ne signifie pas pour autant d'interférer ou de maintenir des troupes étrangères pendant une longue période en Afghanistan car nul ne peut dicter à un peuple le choix de ses propres dirigeants". Pour Dominique de Villepin, l'approche de l'administration Bush dans la région a tout simplement conduit à un "cul-de-sac".
La situation est aujourd’hui bloquée, cette semaine une centaine de soldats français s'est ajoutée à nos troupes déjà présentes. Ce départ s’inscrit dans la politique française dans cette région voulue par Nicolas Sarkozy, depuis mai 2007, en contradiction avec ses promesses électorales et la position juste et pragmatique de Jacques Chirac. Cette nouvelle stratégie agressive, motivée par un atlantisme béat n’est pas à la hauteur des enjeux, elle est même dangereuse. Les talibans gagnent du terrain, appuyés par une frange de la population refusant l’occupation étrangère, certaines tribunes pachtounes, pourtant proches du pouvoir en place, se rebellent, la population en général est excédée par une guerre dont elle ne voit pas l’issue.
Une enquête récente faite par un collectif de grandes associations humanitaires rend compréhensible cette exaspération des afghans. En 2001, les alliés s’étaient engagés à verser 25 milliards de $ à l’Afghanistan, mais ils n’ont aujourd’hui versé que 15 milliards de dollars. Et on estime que 40 % des sommes dépensées sont retombés dans la poche des pays donateurs par le biais des bénéfices d’entreprise, pour payer les salaires des experts-conseils et d’autres coûts qui ont pesé lourd dans la balance des dépenses.
Le rapport souligne le fait qu’une aide disproportionnée a suivi le conflit a été utilisée à des fins politiques et militaires plutôt que pour lutter contre la pauvreté. M. Waldman, à l’origine du rapport explique : « Nous sommes en présence d’une politique qui manque de vue à long terme. L’aide apportée au développement du sud du pays doit être particulièrement soutenue mais si d’autres provinces sont négligées, l’insécurité pourrait bien gagner du terrain. » Les dépenses allouées à la lutte contre la pauvreté ne représentent qu’une infime partie des sommes dépensées pour les opérations militaires. « Alors que l’armée américaine dépense actuellement 100 millions de $ par jour en Afghanistan, l’aide humanitaire apportée par l’ensemble des donateurs depuis 2001 représente en moyenne moins d’un dixième de cette somme, soit à peine 7 millions de $ par jour. »
A cela s’ajoute la sous-utilisation des dons en raison de l’incapacité du gouvernement, de la corruption très largement répandue et des conditions de sécurité précaires qui compromettent davantage une résolution rapide signant la fin des combats. Celle-ci nécessiterait un changement complet de stratégie fondé avant tout sur l’aide humanitaire et l’établissement de l’unité de tous les afghans. La France propose certes un changement depuis un an et demi, mais elle n’est pas écoutée et continue cependant d’augmenter sa participation à la coalition. Cette politique est désastreuse, elle affaiblit notre crédit et ne rendra que plus courante la mort de nos soldats, un d’entre eux, à qui nous rendons hommage, a aujourd’hui été tué dans l'explosion d'une mine tandis que son frère d’arme a été grièvement blessé.
Nicolas Sarkozy impose ainsi le sacrifice de nos soldats, mais au nom de quoi ? Le renforcement du poids de la France dans l’Otan ? Un renforcement qui banaliserait la France dans le concert des nations. La France qui deviendrait un pays comme les autres dans une alliance atlantique où les Etats-Unis écraseraient leurs petits et divisés alliés. La guerre contre le terrorisme ? Dominique de Villepin rejette l’idée même d’une telle guerre, selon lui, dans une discours prononcé au Mexique, « On ne peut pas faire la guerre à un ennemi invisible. Il faut lutter dans le stricte cadre de l’action démocratique, et en respectant totalement l’état de droit. La meilleure arme contre le terrorisme est l’action discrète, loin des caméras de télévision, car le terrorisme vit de la peur qu’il répand sur les populations ».
Encore une fois, la solution reste politique et humanitaire avant d’être militaire, la stabilisation de l'Afghanistan passe avant tout par une redéfinition de la politique pakistanaise envers Kaboul. La politique pakistanaise envers l'Afghanistan est déterminée par la rivalité avec l'Inde. Le Pakistan a toujours été obsédé par le risque d'une alliance entre Kaboul et New Delhi, telle qu'elle s'est constituée de fait depuis 1947, quel que soit le régime à Kaboul. Depuis 2002, les relations entre le gouvernement Karzaï et l'Inde sont devenues excellentes, inquiétant ainsi le Pakistan qui souhaite un gouvernement « ami » à Kaboul (et non pas simplement neutre). L'instrument de cette politique pakistanaise a été défini dès le début des années 1970 : la mouvance afghane pachtoune (aidée par le Pakistan) fondamentaliste destinée à rapprocher l’Afghanistan du Pakistan en exerçant une pression continue sur le gouvernement afghan. Le Pakistan a également utilisé les relais de mouvements islamistes pakistanais : le Jamaat-e Islami durant les années 1980 puis, de manière plus discrète, la mouvance djihadiste radicale qui s'est développée à la fin des années 1980. Enfin, un troisième cercle de relations étroites s'est constitué par les réseaux des madrasas pakistanaises où se retrouvèrent les oulémas afghans qui traditionnellement allaient en Inde.
Cette politique du Pakistan avec l’élection de son nouveau dirigeant démocrate est en voie de changement, il s’agit certainement de la clé du renouveau dans la région. Si les nations dont la France décident d’affirmer leur soutien humanitaire, économique et politique aux dirigeants de la région plutôt que de s’enfermer dans une logique de guerre forcément inefficace, excitant la colère des peuples, la sortie des combats sera réalisable.
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18.11.2008
Union Europe-Russie : une réponse à la crise

« Sans la Russie, qui a souvent incarné la civilisation européenne dans ce qu'elle a de plus achevé, l'Europe serait un continent mutilé, amputé d'une partie de son identité. » déclarait Jacques Chirac en 2005.
«Je dis qu’il faut faire l’Europe avec pour base un accord entre Français et Allemands. (…) Une fois l’Europe faite sur ces bases (…), alors on pourra se tourner vers la Russie. Alors, on pourra essayer, une bonne fois pour toutes, de faire l’Europe tout entière avec la Russie aussi, dut-elle changer son régime. Voilà le programme des vrais Européens. ». Alors que les pays européens viennent de décider de relancer un cycle de négociation afin de renforcer la coopération et de créer un véritable partenariat euro-russe, cette phrase du général de Gaulle est d’une grande actualité.
En 1959, le général de Gaulle affirmait ainsi que la fin du communisme à l’Est permettrait de faire l’Union des nations européens. Depuis la chute de l’URSS c’est à cette clairvoyance historique et géopolitique que nous devons répondre.
Avec l’arrivée de Vladimir Poutine à la tête de l’Etat et depuis l’an passé du gouvernement avec l'aide du nouveau Président Medvedev, la Russie veut affirmer sa puissance, défendre son rang, et promouvoir sa vison d’un monde multipolaire. Après une décennie d’humiliation et de crise la Russie est de retour et s’impose comme un géant mondial. Il ne faut certes pas sous estimer les faiblesses russes, la corruption et la mauvaise démographie mais les russes ont la ferme volonté de porter la grandeur de leur pays.
Dans son dernier ouvrage le nouveau XXIème siècle Jacques Sapir montre que Poutine et la Russie déterminent une nouvelle façon de penser le nouveau XXIème siècle fondé sur une redéfinition des relations internationales et le retour à la notion de souveraineté.
Dans son discours de Munich, au début de l’année 2007, Poutine tire toutes les leçons de l’échec du monde américain entre 1997 et 2005 et fixe une doctrine cohérente de sa conception des relations internationales. Il affirme son doute dans les capacités d’un pays à rassembler les moyens nécessaires pour affirmer seul son hégémonie, son opposition à l’idée que les valeurs (bonnes valeurs et éthiques) peuvent fonder l’unipolarité. Le pouvoir politique ou économique ne peut en effet être défini seulement en valeur mais doit l’être aussi en intérêts. La troisième leçon de Poutine consiste à montrer que puisqu’une base morale et éthique ne peut faire disparaitre la politique des relations internationales (au profit de l’économie ou des droits de l’homme), celles-ci doivent être gérées par le droit international fondé sur l’unanimité et la souveraineté nationale.
Ce retour de la notion de souveraineté illustré par l’idée de « démocratie souveraine » (énoncée par le premier adjoint de l’administration russe, Surkov) dont le principe repose sur une double opposition aux ingérences étrangères et aux féodalités internes, se prolonge dans les choix économiques du gouvernement russe marqués par un patriotisme économique protectionniste.
Ces choix ont été accomplis de manière spectaculaire à l’occasion de la grave crise économique et financière de 1998, le premier ministre de l’époque Primakov décide contre les oligarques, le FMI et le credo néo libéral de dévaluer le Rouble pour accroitre la compétitivité des entreprises, de baisser les prix de l’énergie pour les consommateurs et les entreprises russes, d’exercer un contrôle des changes permettant de limiter les sorties de capitaux et de casser la spéculation, et d’ accorder des aides publiques directes et indirectes aux investissements. La prévision de croissance du FMI pour 1999 était de –7% la croissance de la Russie a finalement atteint +5.5% !
Vladimir Poutine poursuit depuis cette politique de « protectionnisme raisonnable » avec les résultats que l’on connait. La hausse du prix des matières premières est un appui important mais elle est loin d’expliquer ce sursaut. Les matières premières n’ont pas eu un impact direct sur croissance, entre 2000 et 2007, les effets du commerce intérieur sur la croissance sont négatifs, la dévaluation du rouble ayant fait exploser le prix des importations. En revanche l’effet de cette hausse est indirect, celle-ci a permis d’assainir les finances de l’Etat et d’accroitre le profit des entreprises exportatrices. Cet effet accompagné du retour de l’autorité de l’Etat contre les oligarques notamment a favorisé le retour d’une forte croissance.
La Russie nous donne de nouveaux et importants éléments pour comprendre le siècle qui vient. Si l’Europe veut compter elle doit renoncer à l’angélisme libéral, se ressourcer dans les nations qui la composent, affirmer sa souveraineté et défendre ses intérêts. L'opposition de la France, de l'Allemagne et de la Russie à la guerre en Irak fut un aperçu de notre puissance commune et de ce que serait une vision mondiale indépendante et originale. Alors que les Etats-Unis ont perdu une large part de leur crédit, nous avons ici l'occasion de fonder un nouvel ordre mondial multipolaire, attentif aux pays émergents et pauvres, respectueux de tous les peuples. Ce nouvel ordre doit aussi être promu et porté en matière économique.
Lors du sommet euro-russe de Nice, précédant le G20, Nicolas Sakozy a parlé de l’éventualité de créer un espace économique commun entre la Russie et l’Europe. Même si le projet reste flou, il mérite d’être développé au delà des discours.
Aujourd’hui, selon Sapir, deux risques menacent l’Europe, surtout la zone Euro. L’éclatement monétaire mondial en est responsable. La crise actuelle du dollar, aujourd’hui structurelle, provoquerait une arrivée massive des fonds d’investissements installés aux Etats-Unis dans la zone euro. Cette arrivée pourrait entrainer un envolée du taux de change de l’euro face au dollar portant un cour mortel à nos industries. Les fonds d’investissement installés en dehors de la zone dollar ont la possibilité d’investir dans leur pays d’origine ou dans la zone euro. Avec cette nouvelle arrivée d’investissements étrangers en Europe, se pose la question de savoir comment « gérer cet afflux de capitaux sans que cela ait des conséquences dévastatrices dur la compétitivité de la zone euro et que faire des capitaux ? »
Pour Jacques Sapir, une refondation de l’Europe en étroite liaison avec la nouvelle puissance russe s’impose. Les européens doivent d’abord se doter d’une vraie politique industrielle à l’échelle d’un groupe de pays européens (d’abord la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne), ouvrir les capitaux de nos industries fortifiées aux fonds d’investissement notamment russes (et dans une moindre mesure chinois) à condition de pouvoir accéder au capital des sociétés russes (et chinoises). Le gouvernement russe est largement ouvert à cette possibilité.
Cette politique industrielle permettant de canaliser les liquidités vers l’investissement implique que la politique monétaire soit ajustée à l’objectif industriel. Or le statut actuel de la banque centrale européenne rend impossible une telle politique, la profonde révision de ses statuts doit s’imposer. De même que doit s’imposer une Europe des coopérations entre Etats pour lui donner une réelle efficacité que les institutions actuelles empêchent.
La création d’une zone de stabilité monétaire et financière euro-rouble serait un projet considérable pour que notre crédibilité économique soit renforcée face aux zones monétaires dollar et asiatique. La monnaie chinoise pourrait si l’Europe n’avance pas se combiner avec le rouble et nous isoler davantage, le temps presse.
Le nouveau monde multipolaire s’organiserait ainsi autour de régions économiques et politiques. L’Europe et la Russie tournées vers la Méditerranée deviendraient une force majeure du monde qui vient, elles formeraient un nouvel ensemble continental complémentaire et puissant. Avec le long et agaçant déclin des Etats-Unis, la montée en puissance de l’Asie et de l’Amérique latine, l’Union de l’Europe et de la Russie est essentielle si nous voulons tenir notre rang.
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13.11.2008
Les contradictions du libéralisme

La crise économique, sociale et financière s’est depuis plusieurs semaines élargie au domaine intellectuel. Il ne s’agit pas exactement d’une crise supplémentaire, d’une crise intellectuelle mais plutôt d’une discussion voire d’une remise en cause du modèle intellectuel dominant depuis les années 80-90, le libéralisme sous toutes ses formes. S’affrontent ses défenseurs, parmi lesquels une frange plus ultra qu’une autre, à ses opposants où se repèrent aussi deux courants.
Il est difficile d’aborder une notion aussi complexe et vaste que le libéralisme qui recouvre à la fois les domaines économique et politique, qui est une vision particulière de la société. Une difficulté d’autant plus grande qu’il existe de nombreuses conceptions du libéralisme, une conception française fondée sur le primat du politique sur l’économique, une conception anglaise donnant plus de place à l’individu libre et responsable se différencient originellement, cependant cette distinction s’est considérablement enrichie et démultipliée au fil des décennies.
Grossièrement et imparfaitement, on peut fixer une définition du libéralisme en ces termes, le libéralisme est d’abord une doctrine économique : celle qui se donne le marché pour seul fondement, avec pour alliées naturelles l'initiative privée et la libre concurrence. Le libéralisme est aussi une philosophie politique : sa vision du monde commande d'installer et de garantir la liberté de ceux qui vivent dans la cité. Enfin, le libéralisme est une vision de la société qui fait de la liberté le point d'aboutissement d'une création continue. Tels sont les fondements de la pensée libérale, les préciser permettra de ne pas s’affaler dans les poncifs, les lieux communs et de décrire précisément les enjeux de la défense libéralisme et de sa critique.
Ayant reçu plusieurs réactions concernant la note où je dénonçais « l’indécence des libéraux », je veux ici préciser ma pensée. L’objet de ma critique n’était nullement le libéralisme en tant que doctrine vaste et complexe que l’on peut, je le répète, difficilement unifier dans une définition figée. Il est absurde de rejeter la pensée libérale en bloc, de Montesquieu, du libéralisme catholique de Chateaubriand, aux héritiers contemporains de Raymond Aron : François Furet, Pierre Manent, Alain-Gérard Slama et tant d’autres, les grands libéraux français incarnent une part du génie français.
Ce que je dénonce ce sont les ambigüités des libéraux, car se réclament aujourd’hui de la même doctrine certains libéraux qui continuent de croire au bazar néolibéral et d’autres qui voient dans la crise l’échec de ce même néolibéralisme qui a peu de choses à voir, selon eux, avec le vrai libéralisme.
Prenons un exemple, celui de la régulation des parachutes dorés, on entend des libéraux qui demandent de maintenir le système actuel qui permet l’émulation des talents, d’autres affirment qu’une simple déclaration des chefs d’entreprise suffira à responsabiliser les individus et les derniers croyant que seule la loi permet de réguler une situation abusive. A un même problème, on constate que trois réponses libérales sont possibles.
Il en va de même pour la plupart des problèmes actuels, et en général (ex : les parachutes dorés !) l’emporte la réponse la plus ultra. Alain-Gérard Slama a raison de rappeler que « de Raymond Aron à Raymond Boudon, les libéraux eux-mêmes ont mis en garde contre les dérives libertaires, utilitaristes, communautaristes de leur doctrine ». Mais force est de constater que ceux qui l’emportent depuis plus de 20 ans sont les plus utilitaristes, libertaires et communautaristes.
Les libéraux s’accordent sur le primat de droit et de la loi qui le fixe mais celle-ci ne doit pas empêcher gravement la liberté individuelle, ne doit pas se substituer à la responsabilité du citoyen et ne doit pas avilir son autonomie, les conditions sont difficiles à atteindre. Une difficulté qui a pour conséquence de favoriser le libéral qui refuse l’idée même de régulation. C’est ce à quoi nous avons assisté ces dernières années et c’est ce qui semble dominer du moins en Europe, dans la résolution de la crise.
Les libéraux du moins les français croient dans une nation faite de citoyens libres et égaux en droit, mais ce sont aussi les libéraux les plus libertaires qui promoteurs de la liberté individuelle à outrance et des corps intermédiaires même communautaires s’opposent à l’Etat républicain garant de l’unité nationale.
Les libéraux justifient l’intervention de l’Etat en distinguant les situations ordinaires où il ne doit pas participer des situations extraordinaires qui exigent son concours. Chantal Delsol, penseur d’un libéralisme ordonné, écrit que depuis « Cicéron, la passion de la liberté a bien conscience que cette dernière doit laisser place à l'autorité gouvernante en cas de péril - la difficulté restant naturellement de définir le péril » là est un problème supplémentaire que pose le libéralisme. Comment différencier une situation ordinaire, d’une situation extraordinaire ? Si la crise actuelle exige une intervention actuelle dans le domaine financier, l’intervention de l’Etat dans le domaine social ne doit-elle pas être envisagée sur un plus long terme ?
Aussi respectable et admirable que puisse être le libéralisme, il engendre des dérives et des risques qui même s’ils peuvent être en contradiction avec ses principes originels sont portés par des libéraux. Comme toutes les idéologies, l’idéologie de la liberté peut mener aux pires écarts. En se refugiant dans une système coupée de la réalité, qu’illustrent à la perfection les économistes néo-classiques, le libéralisme se perd. Le général de Gaulle affirmait qu’il n’est de politique que fondée sur des réalités, le libéralisme, fortement rejeté, s’est enfermé dans une idéologie déracinée. Pour être lui-même le libéralisme doit en sortir, retrouver le souffle de ses intellectuels notamment les Français anciens et actuels, sinon comme le dit Jacques Chirac il est une « perversion de la pensée humaine ».
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