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18/05/2013

Déclin ou renaissance de la France

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En 2003, Christian Harbulot décrivait les raisons et les manifestations de l’absence de pensée sur la puissance, en France. L’idée de déclin français est liée à la conception que les Français ont de la puissance. La puissance et l’accroissement de puissance sont mal considérés dans le pays des droits de l’homme et de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes. Depuis la Révolution, et le refus des élites d’assumer une politique de conquête, l’idée de puissance est marginale. La victoire stratégique remportée par les Etats-Unis, avec la disparition des empires coloniaux européens, n’a en rien modifié la conception française de la puissance.

Le gaullisme oublié

Le gaullisme fut une certaine idée de la puissance de la France, mais à partir de 1969, la classe politique française a réduit les ambitions gaullistes et repositionné la France dans le sillage des Etats- Unis. La menace principale restait l’URSS et figeait la réflexion stratégique. Pourtant, de nouveaux enjeux de puissance ont succédé à la guerre froide. L’émergence de l’Europe et de l’Asie avec deux pôles dominants, le Japon et la Chine, ont modifié les rapports de force internationaux. Ce nouveau monde est mené par la maîtrise du contrôle des technologies de l’information, de l’industrie de la connaissance, l’influence dans les organisations internationales qui complètent la réalité de la guerre économique, définie à l’origine, par la conquête commerciale, le contrôle des routes marchandes et la possession des matières premières.

Dès le début des années 1990, les Etats-Unis intègrent cette nouvelle réalité en déclarant en 1994, par la voix de Bill Clinton, que la défense des intérêts économiques est la priorité numéro un de la politique étrangère des Etats-Unis. Les élites françaises n’apportent pas de réponse décisive à ces nouveaux rapports de force entre puissances. Au début des années 2000, Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont certes affirmé une vision du monde différente de celle des Etats-Unis, mais aucune politique de puissance cohérente n’a été menée.

La non-vision sarkozyste

Après 2007, aucun changement notable n’a eu lieu, Nicolas Sarkozy a pu laisser croire pendant ses deux campagnes présidentielles qu’il avait compris que la recherche de la puissance était le moyen de redresser le pays. Sa volonté de renoncer à la politique européenne de la concurrence et d’ouverture sans protection, a été plusieurs fois exprimée. Mais aucune décision forte n’été prise pour renforcer les champions européennes et s’opposer à une conception européenne du commerce international dépassée. Malgré quelques réformes de structures sur le crédit d’impôt recherche, le Fonds stratégique d’investissement, OSEO, il n’y a pas eu de vision globale de ce que devait être la stratégie de la France. La diplomatie française a hésité pendant 5 ans, dans la plupart des grandes aires du monde, et dans ses relations avec les grandes puissances. La France est passée, sous Nicolas Sarkozy, d’une posture libérale à une politique de défense des intérêts nationaux brouillonne et opportuniste.
 
La politique chinoise du Président Sarkozy est peut-être la plus caricaturale de cette période. Nicolas Sarkozy avait déclaré dans sa campagne vouloir s’opposer à la realpolitik, qui dirigeait la politique étrangère chiraquienne, fondée sur les grands contrats. En 2008, alors que le pouvoir chinois réprime le Tibet, Sarkozy soutient le Tibet et menace de ne pas assister à l’ouverture des JO. Face aux réactions de Pékin, Sarkozy annonce finalement qu'il participera à la cérémonie d'ouverture et qu’il renonce à rencontrer le Dalaï-Lama. Après cela, le gouvernement fera toutes les démarches, visites après visites en Chine pour améliorer les relations commerciales et politiques. La France s’est affirmée pour ensuite se soumettre.    

La relation de la France avec la Russie fut fondée sur le même mouvement, d’une approche morale, inspiré par Glucksmann à une approche plus conciliante, incarnée par le rôle de la France dans la gestion du conflit géorgien, en 2008, qui s’est conclue plutôt favorablement à la Russie. Dans ses relations économiques et commerciales, la France est en retard par rapport à l’Allemagne dont les échanges avec la Russie sont trois fois plus importants que les échanges français. Si la France a réussi à vendre deux Mistral à la Russie et si la coopération militaire entre les deux pays s’approfondit, il n’y a pas de vision durable d’une coopération avec la Russie, au service des intérêts français.

Avec la Turquie, la Lybie, et la Syrie c’est le mouvement inverse qui s’est produit, après une approche réaliste au début du mandat Sarkozy, la France a modifié ses principes en cédant à la communauté arménienne sur le génocide. En Lybie et en Syrie, en abattant ou demandant la fin de régimes que Nicolas Sarkozy avait soutenus.

Avec les Etats-Unis, la France depuis 2007 a conduit une politique de  rivalité/vassalité. Rivalité lorsque la France a mené les négociations après le confit russo-géorgien. Vassalité avec le retour de la France dans le gouvernement intégré de l’OTAN et prises de positions plus atlantistes que la politique américaine face à l’Iran. La France a continué de ne pas voir la défense des intérêts économiques qui fondent la politique des Etats-Unis et qui s’opposent souvent aux intérêts français.

Les exemples pourraient être multipliés. Force est de constater qu’aucun principe n’a guidé cette politique, entre le droit d’ingérence et l’indépendance des nations, de Gaulle avait tracé une voix avec le discours de Phnom Penh, contre la guerre du Vietnam et son refus (caché par le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes) de mener des guerres qui ne soient pas conformes à l’intérêt national. La politique de défense sacralisée par Jacques Chirac a été affaiblie sous la présidence Sarkozy, avec des réductions de poste sans visée stratégique et une division maintenue de notre industrie de défense. La faiblesse économique est certainement la raison de cet affaiblissement géopolitique français. La France a renoncé à la puissance et cherche en vain une influence dans le monde.

La France doit choisir

La situation actuelle de l’Union européenne illustre ce refus français de la puissance. La France est depuis la fin des années 80, la nation la plus favorable à l’intégration européenne et  ce alors que la plupart des Etats, à commencer par l’Allemagne ont une idée claire des intérêts nationaux qu’ils défendent au sein et en dehors de l’Union européenne. L’Allemagne s’est rapprochée de la Russie (accords gaziers, accord Siemens-Rosamtom face à Areva). Malgré une apparence attentive aux libertés du peuple chinois, l’Allemagne avance ses pions commerciaux en Chine. En Europe, l’Allemagne fonde ses excédents commerciaux sur les déficits de ses voisins, et profite d’une monnaie dont le niveau est déconnecté de la productivité réelle de nombreux pays disposant de l’Euro. Ce qui a créé la situation actuelle des pays d’Europe du Sud et affaiblit l’industrie française, toujours appuyée par une politique monétaire flexible. Depuis le début de la crise économique la France, ne semble pas voir cette politique allemande d’intérêt national qui est aussi celle de tous les grands acteurs mondiaux.

Si l’Allemagne ne souhaite pas que sa puissance soit au service de la puissance européenne commune, la France doit en tirer les conséquences, et affronter l’Allemagne en la contraignant à la coopération européenne ou mener sa propre politique. Sur l’ensemble de ces questions, il n’y a pas, pour l’instant, chez François Hollande, de vision stratégique claire. Comme l’écrivait Harbulot en 2003, les élites se sont enfermées dans une vision passéiste des enjeux, « la préservation des intérêts fondamentaux de la France et de l’Europe se fera par la renaissance de la pensée stratégique fondée sur la puissance ». Les principales puissances mondiales ont saisi cette réalité, la France a les moyens de cette politique, il lui suffit de le vouloir. 

09/05/2013

Rester en France ou quitter la France, peu importe, il faut servir la France !

Réponse à Clara G et au journal Le Point.

Mademoiselle,

Dans le Point du 2 mai dernier, Pierre-Antoine Delhommais, vous donne la parole, vous souhaitez vous expatrier et quitter la France qui se « rabougrit, se fige, se crispe, s'aigrit à toute vitesse ».

Mademoiselle, vous vous trompez, la France ne doit pas être accablée, son gouvernement non plus. Si la France est dans cette situation, Hollande n’en est pas le seul responsable. La situation de la France est le résultat de 30 ans de politiques confuses et inefficaces, discernant mal les faiblesses réelles de la France et refusant de soutenir les atouts dont nous disposons, et qui sont nombreux !

Des champions économiques mondiaux, une agriculture puissante, la deuxième zone économique exclusive du monde, une démographie croissante : la France sera la plus grande puissance d’Europe en 2050, une langue superbe, dont le nombre des locuteurs, en Afrique, ne fait qu’augmenter, la deuxième diplomatie et la deuxième armée du monde.

La France vit une période difficile, elle en a déjà vécu de nombreuses, en 1420, elle n’avait plus de roi et était envahie par l’Angleterre ; en 1815, elle était isolée face à une Europe coalisée contre elle ; en 1940, elle était effacée par les nazis. Mais à chaque fois la France et son peuple ont repris leur destin en main.

Plus que tout, nous avons besoin de patriotisme. Et tous les fautifs sont ceux qui dénoncent la France, et vous en êtes un exemple. Votre lettre est inutile, car elle entretient la dépression dans laquelle la France se trouve et dont il faut sortir.

Le principal problème de la France c’est celui de son commerce extérieur, la France a un déficit commercial de 80 milliards d’euros, elle importe plus qu’elle n’exporte. Ces 80 milliards de dollars ce sont le nombre des chômeurs qui s’accroit, notre dette qui enfle, notre souveraineté qui s’affaiblit.

Face à ce constat, quelle est la solution ? Produire en France et exporter !

Oui le gouvernement ne fait pas assez pour soutenir les producteurs et les créateurs de richesse et d’emplois. L’impôt s’alourdit, les démarches administratives freinent les affaires, l’euro fort empêche nos industries de moyenne gamme d’exporter, nos banques ne soutiennent pas suffisamment nos petites et moyennes entreprises. Notre innovation est affaiblie par le manque de dialogue entre le monde de la recherche et les entreprises.

Des solutions existent, il suffit de les développer : les pôles de compétitivité, des investissements massifs (dans la défense, les universités, la santé, le numérique, la mer, les nouvelles technologies,…) la diminution des charges sociales et patronales, une vraie politique de change européenne, une stratégie de relance européenne, une vraie réforme bancaire au service des entrepreneurs. Bref une ambition nationale !

Je crois que sur ces impératifs il est possible de rassembler les Français et leurs élites, c’est la condition du sursaut de la France.

Il faut aimer la France ! On peut évidemment la quitter, j’ai 23 ans, je l’ai quitté deux ans déjà, dans le cadre de mes études et je m’apprête à la quitter pour deux ans encore. Le pays où je m’installe a établi une relation économique solide avec la France, il exporte 3 milliards d’euros vers la France alors que nous n’exportons que 200 millions d’euros, le déficit commercial avec ce pays est ainsi de 2,8 milliards. Les exemples de tels déséquilibres sont légions, en particulier avec tous les pays émergents.

Servir la France, en France ou ailleurs, c’est faire en sorte que ce déficit commercial diminue. Il s’agit de davantage créer en France pour mieux exporter dans le monde entier.

Dans deux mois je quitte la France, mais je sais que là où je serai, je la servirai !

Jeunes Français, en France ou ailleurs, créer en France et développer nos créations à l’étranger, voilà notre ambition !

14/10/2012

Avec un allié économique comme l'Allemagne nous n'avons plus besoin d'ennemi

Dans un  entretien publié, hier, par l'hebdomadaire Marianne, le politologue et démographe Emmanuel Todd décrit avec sa virulence habituelle les enjeux de la crise européenne actuelle. Sans dénoncer Hollande, après 6 mois d'exercice du pouvoir, il affirme : « La France est au bord du gouffre. La vérité d'Hollande, c'est que dans cinq ans il sera soit un géant, soit un nain. L'un ou l'autre, pas de destin moyen possible. » Dans ce long entretien, Todd aborde plusieurs sujets et abat les lieux communs de la pensée économique dominante, suivons-le dans ce réquisitoire éclaircissant.

- L'échec des politiques de relance, pratiquées aux Etats-Unis et dans quelques pays d'Europe, notamment la France, après 2008. Ces politiques de quantitive easing ou de relance ne peuvent pas fonctionner en économie ouverte, elles n'ont fait qu'augmenter le déficit et la dette des Etats sans relancer la demande interne. Les banques et les prêteurs se sont engraissés. Et seuls la Chine, l'Allemagne et d'autres pays exportateurs qui ont comprimé leur demande nationale, ont bénéficié de cette relance absurde. Stiglitz et Krugman les principaux défenseurs de cette relance sont étrillés par Todd, selon lui, les deux économistes officiels de la gauche libérale décrivent l'insuffisance tendancielle de la demande mondiale mais oublient la conversion de Keynes au protectionnisme. Ainsi ceux qui réclament la relance pour la relance ne sont pas plus crédibles que les partisans de l'austérité aveugle.

- L'échec de l'Euro. En accord avec les économistes anglo-saxons, Todd ne croit pas en l'avenir de l'Euro, porteur de dysfonctions et d'aberrations : les taux d'intérêt montent dans les pays faibles alors qu'il y a une surabondance d'épargne. « La déroute de l’industrie française, notre entrée en déficit commercial massif sont le produit de l'Euro, comment penser une politique industrielle si l'activité principale des gouvernements européens est de sauver une monnaie qui ne marche pas. L'euro ne marchera jamais, il faut être lâche, corrompu ou schizophrène pour ne pas l'admettre, la priorité c'est la fin de l'euro. Il y a deux conditions pour que la présidence socialiste ne soit pas un désastre : sortir de l’Euro et déclarer que des secteurs d’avenir technologiques, comme les énergies renouvelables, doivent être protégés comme des biens culturels. »

- L'euro, instrument de la prédominance allemande en Europe. Renonçant à ses conceptions protectionnistes européennes permettant de protéger et de rassembler l’Europe, Emmanuel Todd estime que l’Allemagne est le problème de l’Europe : « Tout le monde n'a pas compris que l'euro, qui était censé mettre l'Allemagne en tutelle, est devenu l'instrument de son hégémonie et que l'euro transforme le système européen de nations libres et égales en un monstre hiérarchique. » Todd dénonce un lieu commun : l'Union fait la force, l’Europe serait plus puissante pour se défendre qu'un pays isolé. « C'est faux, la globalisation conduit à l'affrontement entre voisins : quand les allemands mènent une politique de compression salariale, pour abaisser le cout du travail, l'impact est nul sur l'économie chinoise, mais considérable pour ses partenaires de la zone. Quand la Chine manipule le yuan, c'est contre la Thaïlande, l'Indonésie ou le Brésil ses concurrents en main d'oeuvre à bas coût. Ce que nous constatons c'est une tendance des émergents à se battre entre eux et des développés à s'exterminer industriellement entre eux. Ce mécanisme a fait de la zone euro un piège, avec l'Allemagne dont l'économie est la plus puissante, en renard dans le poulailler. »

- "L'amitié franco-allemande", l'autre nom de la névrose franco-allemande des classes supérieures françaises. « Dès que l'on commence à parler de l'Allemagne sur un mode pragmatique, en termes de rapports de force, on est accusé d'anti germanisme. On a le droit de critiquer les Anglais, les Grecs, ou les Italiens - nos proches culturels et nos vrais amis. Mais on ne pourrait plus rien dire des Allemands considérant qu'ils pourraient en souffrir compte tenu de leur pénible histoire. En somme l'Allemagne ayant massacré 6 millions de juifs, on ne peut plus la critiquer, elle a été sacralisée par la Shoah. C'est absurde, traitons l'Allemagne comme n'importe quel pays, elle se moque de nous. »

- La stratégie nationale de l'Allemagne contre l'Europe : « elle mène une politique strictement nationale, profite de l'Euro qui nous interdit de dévaluer et de faire baisser notre coût du travail, elle renonce au prix d'un partenariat énergétique avec la Russie à l'énergie nucléaire, en attendant une entente commerciale avec la Chine, le tout sans jamais consulter ses partenaires européens. Avec un allié économique comme l'Allemagne, nous n'avons plus besoin d'ennemi. On peut même se demander si sa stratégie ne consiste pas à faire perdurer l'euro encore cinq ans, en espérant qu'en 2017 il n'y aura plus d'industrie française. » Décrivant les faiblesses démographiques de l'Allemagne, les délocalisations de chaines de production en Europe de l'Est pour éviter une immigration de masse, Todd se demande pour quelles raisons l'Allemagne s'obstine à exiger de ses partenaires une rigueur qui va se retourner contre elle. « S'agit-il d'une priorité donnée à sa domination politique ? Ou de ce manque de souplesse, de ce rapport distant à la réalité qui est le style même de l'histoire allemande. »

En lisant cet entretien, nous retrouvons presque le Bainville des années 20 et 30, un des seuls à avoir estimé à sa juste valeur la menace allemande. Il ne s'agit pas ici de comparer les périodes, mais de préciser qu'il y a des permanences dans l'histoire et qu’il peut exister des ressemblances troublantes. Il y a près de 90 ans, dans un article publié dans l'Action Française le 25 novembre 1926, intitulé Les deux politiques, Bainville écrit : « L’Allemagne est demanderesse, ce qui est une position favorable [affranchissement du traité de Versailles et évacuation de la Ruhr en 1925]. L’Allemagne dispose d’un plan très clair, mené par M. Stresemann avec le maximum de souplesse dont peut disposer un allemand. [Face à cette politique discrète mais efficace], les conceptions du gouvernement français sont confuses et trahissent une certaine faiblesse, il n’est pas difficile de voir où est la supériorité ni sur quel tableau doivent s’additionner les gains.» En 2012, ces avertissements ne doivent pas être oubliés.

14/03/2012

Pas d’alternative à Poutine, qui doit assumer ses responsabilités

Vladimir Poutine a été réélu dès le premier tour de l’élection présidentielle, ce 4 mars, avec 63,6 % des voix, élu pour la troisième fois, après 2000 et 2004. Arrivé en deuxième position, le communiste Guennadi Ziouganov a obtenu 17,1 %. Le milliardaire Mikhaïl Prokhorov obtient 7,9 % des voix, devançant le nationaliste Vladimir Jirinovski, à 6,2 %; le centriste Sergueï Mironov atteint 3,8 %. Ce scrutin révèle une usure du pouvoir russe mais aussi l’absence totale d’alternative à Poutine qui est aujourd’hui et pour six ans le maître du Kremlin.

Les médias français ont largement commenté les fraudes de la semaine dernière, celles-ci se sont pour la plupart produites en province. Au Tatarstan, Poutine a remporté 93% des suffrages, au Daguestan ou en Tchétchénie près de 100% des voix. A Moscou, des observateurs ont été expulsés des bureaux de votes. Malgré les webcams installées par le pouvoir dans tous les bureaux de vote, les observateurs ont noté des bourrages d’urnes, des falsifications des résultats par les commissions électorales mais aussi une nouvelle technique dite du carrousel : des autobus d’électeurs disposant d’une attestation les autorisant à voter dans un autre bureau de vote que celui où ils sont inscrits, ce plusieurs fois dans la journée et contre une rémunération.

Après les élections législatives de décembre dernier et cette semaine encore, un mouvement civil, surtout à Moscou, et à plusieurs reprises, s’est exprimé pour manifester son refus des fraudes électorales. Des falsifications réelles, mais qui n’ont ni en décembre ni la semaine dernière modifié réellement le vote des citoyens russes. Le parti Russie Unie est certes discrédité, sans les falsifications, il n’aurait pas obtenu la majorité mais serait resté le premier parti russe. Poutine, décrié par une partie de l’opinion publique russe, n’aurait pas obtenu le score qu’il a obtenu mais aurait été élu dès le premier tour. L’association démocratique Golos, qui recense les fraudes le reconnait.

Car la Russie réelle, n’est pas Moscou, la Russie profonde, qui a vécu avec terreur les années Eltsine refuse de voir le pays déstabilisé par l’opposition. Cette opposition inédite en Russie est certes faible et divisée. Mais issue de la classe moyenne urbaine, éduquée, au niveau de vie confortable, elle aspire aujourd’hui à un mode de vie plus européen et souhaite que soient garantis les droits politiques et civiques. Ces aspirations sont légitimes et il ne faut pas sous-estimer le rejet de Poutine que l’on retrouve à Moscou et dans les grandes villes de Russie, notamment parmi les jeunes générations et dans une bonne partie de l’élite russe.

Cette opposition contraint déjà le pouvoir à déverrouiller un système concentré depuis 2000. Le procès Khodorkovski sera bientôt revu, a annoncé le Président Medvedev, qui a aussi affirmé, il y a deux mois, le rétablissement de l’élection des gouverneurs des régions russes, actuellement nommés par le pouvoir.

Le système a été fixé par Poutine, lorsqu’il est arrivé au pouvoir, lui seul dispose de l’autorité pour le modifier, l’opposition n’ayant ni l’unité ni la capacité à l’heure actuelle d’être crédible et majoritaire. C’est ce qu’ont compris les diplomaties européennes, Poutine sera le maitre de la Russie pour les six ans à avenir, il s’agit de le reconnaitre. Et pendant ces six années, il devra assumer ses responsabilités pour comprendre les aspirations démocratiques de son peuple, pour moderniser l’économie russe, poursuivre son ouverture économique après la prochaine entrée dans l’OMC et affirmer le rôle de la Russie au Proche-Orient, en Iran, en Asie centrale où son influence stratégique peut permettre la résolution de plusieurs crises.

Article publié le 13 mars pour Infoguerre :

http://www.infoguerre.fr/matrices-strategiques/pas-dalternative-a-poutine-qui-doit-assumer-ses-responsabilites/

01/07/2009

La lueur de l'espérance

Après plus de quatre mois d'interruption j'ai décidé de reprendre la mise à jour de mon blog, éloigné de la France par mes études je n'avais plus le goût ni même la volonté d'écrire. Au cours de ces mois, se sont posées deux questions.

D'abord celle de ma légitimité à écrire, je ne représente rien, je ne défends que certaines idées et certains principes ceux du gaullisme politique, au nom de quoi serais-je habilité à les soutenir avec parfois un mépris et une prétention à l'égard de ceux qui sont en désaccord avec moi ?

Cette question finalement secondaire je l'ai rapidement résolue en comprenant que cette expression politique parfois agressive n'était qu'une part marginale de l'engagement politique sans commune mesure avec le sens même de cet engagement.

Cet engagement fut l'objet de mon deuxième questionnement, l'éloignement de la France en est peut être la cause, mais à partir de janvier je n'ai plus ressenti de la même façon les problèmes français comme si j'étais emparé d'une sorte de désenchantement, de découragement, de désespérance.

La désespérance de voir mon pays sombrer dans la crise sans que personne ne réagisse. Le gouvernement et le Président ne font que dans la communication et la crise s'aggrave. On nous parle de sortie de crise, de moralisation, de changement de l'Europe, d'urgence écologique, mais en réalité rien ne change, la crise redoublera certainement en septembre. C'est en tout cas ce qu'annonce Jean-Luc Gréau un des seuls économistes français qui ait prévu la crise actuelle, selon lui l'écroulement prochain du dollar ruinera l'Europe et ses industries.

On parle devant l'organisation internationale du travail, de nouveau régime de croissance, on s'agite sur les tréteaux ou sur son canapé devant un documentaire pour sauver la planète mais où sont les actes ? Cela entraine la désespérance du moins la mienne. Car ne triomphent, que ceux qui maintiennent les illusions, ceux qui ne prospèrent que sur le double langage.

Car au delà des discours sur les mérites du modèle français, le Président et le gouvernement n'agissent pas. Dominique de Villepin pointe justement le recours du Président à « la symbolique politique » avec : un grand débat pendant trois mois pour définir les priorités futures du gouvernement, des grandes aventures institutionnelles à la Martinique avec un référendum, ou le congrès de Versailles qui amusent la galerie mais qui « risquent de faire perdre à la France l'année 2009-2010 ». Pour lui cette symbolique politique risque de provoquer « une très profonde angoisse des Français et une certaine incertitude quant à la gestion du pays du point de vue du gouvernement », l’ancien Premier ministre juge qu'une stratégie globale avec des priorités claires doit être définie dès maintenant.

De cette politique par la seule communication, les commentateurs et les médias passoires s'en satisfont. Pourquoi aller au fond des choses alors que les effets de com. et de manche font de l'audience ? Les élections européennes l'ont montré. L'alliance du juge et de l'assassin enfin du juge, de l'agitateur soixante-huitard et du paysan rebelle, qui ensemble vont nous sauver du désastre écologique et de la destruction de la planète, c'est sympathique et vendeur.

Les mêmes parlent de la victoire de Sarkozy, mais ce qu'exprime ce vote, c'est non seulement le désintérêt des Français pour une élection obscure mais aussi le sentiment de voter pour rien. En 2005, les Français ont exprimé leur refus de l'Europe telle qu'elle est construite depuis au moins 20 ans. Deux années après cela, en dépit de leur vote, les parlementaires UMP Vert, Modem et PS coalisés tels que le sont leurs partis au Parlement européen votent unanimement le traité refusé par le peuple.

Les classes populaires, les ouvriers, les employés, les chômeurs, les agriculteurs, les commerçants, les artisans, les chefs de PME les mêmes qui se sont opposés à Maastricht, dans un plus large mouvement au Traité constitutionnel européen et qui ont permis l'élection du candidat au discours gaulliste et républicain Sarkozy sont aujourd'hui désespérés, ils ne se sont pas ou peu déplacés le 7 juin.

Sarkozy, lui, a mobilisé son électorat fidèle, âgé et issu des classes supérieures avec le secours du NC et des satellites sociaux-traitres. Chez les bourgeois de gauche et apparentés la préférence est allée vers Dany le vert, plutôt que vers un Bayrou devenu trop virulent.

Dans ce face à face des libéraux libertaires de gauche et des les libéraux pseudo-autoritaires de droite qui ont trouvé un espace commun autour de l'écologie cosmopolite et de l'Europe marché, on passe à la trappe la question sociale et l'idée nationale. Les deux absents de ces élections et pourtant les deux idées qui pourront nous sortir de la crise.

Ce triomphe vert (du billet et du parti) pourrait nous enfermer dans le désespérance mais l’opposition à ce triomphe fonde notre combat. On ne pourra sortir de la crise qu'en combinant l'Europe protectrice, levier de la puissance économique et la nation, lieu de la justice sociale. Mais il faut avoir le courage de faire l’Europe qui protège. Aujourd'hui les dirigeants européens, qui s'apprêtent à réinvestir Barroso, ont choisi la poursuite de la crise.

Contre cela, Debout la République par la voix de Nicolas Dupont-Aignan, de ses têtes de liste a tout au long de la campagne tenu l'unique discours réaliste et responsable, a réussi, malgré l’absence des médias, à multiplier par quatre les estimations des sondages, à mettre sur pied un mouvement gaulliste, libre, implanté partout en France et qui compte plus de 10 000 adhérents. Dominique de Villepin crée son club politique et rassemble ses soutiens. Ensemble ils affirment le retour des gaullistes et leur volonté de redonner l’espérance aux Français. Cette espérance, ne soyons « jamais las de la guetter dans l’ombre ».

19/01/2009

La Palestine, Israël et la France

Gaza : Abbas propose un gouvernement avec le Hamas<br/>

Alors que la trêve est enfin approuvée par Israël et le Hamas, une paix réelle et durable semble hypothétique. Nous connaissons pourtant la condition de cette paix toujours voulue mais jamais réalisée : le retour d’Israël aux frontières de 1967. Ce retour aurait pour première conséquence la création d’un Etat palestinien, libre, souverain et viable à côté d’Israël. Israël, et c’est la deuxième conséquence serait immédiatement reconnu dans ses frontières par une large partie des pays de la région et surtout par le Hamas.

L'essayiste et écrivain juif, Marek Halter a rencontré, en Syrie, le chef du Hamas quelques heures avant l'offensive israélienne à Gaza. Khaled Mechaal a évoqué avec lui les conditions d'une éventuelle libération du prisonnier franco-israélien Gilad Shalit, détenu par le Hamas depuis juin 2006. Il a affirmé, par ailleurs, que son mouvement est prêt à un accord avec Israël, mais sur la base des frontières de 1967. Accord qui ne peut être obtenu, selon lui, que par la force.

L’entrée d’Israël à Gaza atteint son terme, le Hamas a-t-il obtenu satisfaction, est-il en mesure et a-t-il la volonté de faire un accord avec Israël sur les frontières de 1967 ? Comme l’explique Renaud Girard dans le Figaro, « le drame de Gaza risque de renforcer le Hamas ». Les images de civils gazouites « couverts de sang » sont pour la Hamas « les agents recruteurs les plus efficaces », elles galvanisent les jeunes contre Israël et le résultat sera selon le grand reporter « flagrant » : « le Hamas en sortira politiquement renforcé au sein de la population palestinienne - au détriment de Mahmoud Abbas, l'homme du dialogue avec Israël ».

Mais pourquoi Israël s’est-il battu ? Pour Pascal Boniface, directeur de l’Iris, trois raisons expliquent l’offensive. D’abord la fin des tirs de roquettes sur son territoire à partir de Gaza. « Cet objectif aurait pu certainement être atteint par la levée du blocus sur Gaza, dont le Hamas faisait une condition de la poursuite du cessez-le-feu ! » Tel Aviv n’a pas voulu accomplir ce geste, qui aurait constitué une victoire pour le Hamas. La deuxième raison était la destruction du Hamas, mouvement qu’il avait favorisé pour contrecarrer l’OLP. Un troisième objectif est le souhait d’Israël de restaurer sa capacité de dissuasion réduite par la guerre du Liban. Avec le renforcement du Hamas dont parle Renaud Girard, Israël est très loin d’avoir atteint ses ambitions initiales.

En face, le Hamas participera t-il au gouvernement palestinien comme la souhaite Abbas, sera t-il capable de négocier avec responsabilité, son renforcement l’encouragera peut-être. Pour cela un effort doit être accompli par tous les partis, avec un appui impartial de la communauté internationale -que la France en raison de son rôle particulier doit promouvoir- chargée de faire respecter le droit international, oublié par tous dans la région depuis 1948.

Israël doit tendre la main au Hamas et lancer le plus rapidement possible la décolonisation de la Cisjordanie, pour un retour indispensable aux frontières de 1967. Car, la vraie sécurité d’Israël ne reposera pas sur sa seule force militaire, mais sur des rapports sereins avec ses voisins. En opposant à lui, les peuples des États modérés de la région, Israël affaiblit sa sécurité à long terme.

Comme le rappelle Renaud Girard, « au Liban, à l’été 2006, la réponse militaire d’Israël aux Hezbollah a profité au mouvement islamiste chiite, qui possède désormais un droit de veto sur toutes les décisions du gouvernement libanais » et d’ajouter, « les stratèges israéliens ont oublié que leur action la plus efficace fut de s'être abstenu d'humilier l'Égypte lors de la guerre du Kippour d'octobre 1973. » Ce qui permit 5 ans plus tard de faire la paix avec le pays représentant la plus grande menace stratégique pour l'État juif.

Ce conflit révèle cependant un risque plus grave encore, celui de la confusion du religieux et du politique. Comme l’écrit Alain-Gérard Slama dans le Figaro Magazine le conflit israélo-palestinien se présente de moins en moins comme « la séquelle d'un conflit Nord-Sud » mais « tend à devenir une guerre de religion inexpiable ». Il devient difficile lorsque le fanatisme relaye les revendications nationales de trouver une issue pacifique et politique. Cela vaut pour Israël qui a accompli le retrait des 8 000 colons de Gaza parce que ce territoire ne faisait pas partie de l'héritage sacré pour ajouter dans le même temps 12 000 colons en Cisjordanie. Cela vaut aussi pour le Hamas et l’Iran qui exploite la haine d’Israël dans l'espoir d'imposer sa domination au monde musulman.

Cette confusion du religieux et du politique est aujourd’hui importée en France, par certains juifs et certains musulmans qui privilégient leur appartenance à leur communauté religieuse, à une « patrie spirituelle » plutôt qu’à la France. Tous encouragés par des politiques qui depuis trop longtemps favorisent ce communautarisme contre la France en abandonnant dans un même mouvement la justice sociale et l’identité française. Comme l’écrit Slama, « la foi religieuse ne saurait s'identifier aux intérêts d'un peuple ou d'une nation. Oublier ce principe est, de la part des Européens, d'autant plus suicidaire qu'il leur vient tout droit du message chrétien. » Retrouver le sens de ce message est essentiel pour que l’unité française soit maintenue et que la paix soit faite.

24/12/2008

Noël dans la crise : un rendez-vous pour l'espérance

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Tribune parue dans le Monde 23/12/08

Au moment où le monde entier se trouve engagé dans une crise économique qui frappera en priorité les plus démunis, et dont personne ne peut mesurer la durée et la gravité, Noël demeure une espérance.

La naissance du Christ parmi les plus pauvres, autant dire presque dans la rue, mais aussi de nombreux textes bibliques et écrits sociaux des Eglises chrétiennes, nous renvoient à des références éthiques essentielles pour affronter la crise. La pensée sociale chrétienne qui s'appuie sur ces références n'est pas une alternative à un quelconque système économique, mais un socle de réflexion qui a vocation à inspirer tout mode d'organisation durable de la société.

Ce socle repose sur deux priorités : celle de l'homme sur l'économie, l'économie est au service de l'homme et non l'inverse, et celle des pauvres sur les privilégiés, l'équité condamne une trop grande inégalité entre les revenus. Ces deux priorités définissent les six piliers fondateurs de la pensée sociale chrétienne : la destination universelle des biens (la propriété privée est légitime si son détenteur en communique aussi les bienfaits à ceux qui en ont besoin), l'option préférentielle pour les pauvres, le combat pour la justice et la dignité, le devoir de solidarité, le bien commun et le principe de subsidiarité (faire confiance à ceux qui se trouvent au plus près du terrain pour résoudre ensemble leurs difficultés).

Et, en leur temps, les Pères de l'Eglise n'y allaient pas par quatre chemins. Avec saint Ambroise, par exemple, qui affirmait : "Quand tu fais l'aumône à un pauvre, tu ne fais que lui rendre ce à quoi il a droit, car voici que ce qui était destiné à l'usage de tous, tu te l'es arrogé pour toi tout seul."

Aussi surprenant que cela puisse paraître, Jaurès ou Gorbatchev, plus près de nous, prétendaient trouver, le premier dans les textes du pape Léon XIII sur la question ouvrière, le second dans ceux de Jean Paul II, des références qui pouvaient fonder une société plus juste.
Dans leur session consacrée à l'argent en 2003, les Semaines sociales de France, lieu de réflexion des chrétiens sur les problèmes de société depuis plus d'un siècle, critiquaient certains aspects des rémunérations des dirigeants, dont les stock-options, dans la mesure où elles négligent, voire compromettent, la gestion de l'économie sur le long terme.

Ce faisant, les chrétiens ne condamnent pas l'économie de marché sous toutes ses formes. Ils rappellent - en accord avec l'économiste Adam Smith - que ce type d'économie ne peut fonctionner que dans des sociétés basées sur les valeurs morales que sont le respect des autres et une certaine sobriété dans l'usage des biens matériels.

INDISPENSABLE RÉGULATION

Il s'agit donc de ne récuser ni le profit ni les investisseurs qui prennent des risques dans l'entreprise, mais d'appeler à une indispensable régulation de leur fonctionnement par les autorités publiques et par l'action de corps intermédiaires, tels que les organisations non gouvernementales et les syndicats, notamment.

Les chrétiens ont des valeurs à faire fructifier avec ceux qui ne partagent pas nécessairement leur foi. Et les plus privilégiés d'entre eux sont appelés à se comporter en citoyens vigilants par leurs choix politiques, à refuser le toujours-plus, à s'engager, notamment au niveau local, à accepter un niveau d'impôts volontariste pour une solidarité active, à respecter un mode de consommation plus sobre et plus équitable. Dans leurs lieux de vie, ils auront toujours le souci de faire entendre la voix des plus exclus.

La célébration de Noël invite à réactualiser le sens que nous donnons à l'économie et à choisir la voie de la solidarité. Cela devient plus qu'urgent. Impératif.

Guy Aurenche, Jean Boissonnat, Daniel Casanova, Jacques Delors, Xavier Emmanuelli, Jean-Baptiste de Foucauld, Sylvie Germain, Jean-Claude Guillebaud, Jean-Pierre Hourdin, François-Régis Hutin, Alain Juppé, Patrick Peugeot, Michel Rocard, Robert Rochefort, Eric-Emmanuel Schmitt, François Soulage, René Valette, Jérôme Vignon, François Villeroy de Galhau.

20/12/2008

Malaise des jeunes ou Debout les Jeunes !

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Les violences en Grèce, les manifestations lycéennes en France sont pour de nombreux commentateurs le signe d’un profond malaise de la jeunesse européenne. Il y a des différences fortes entre ces deux cas, la violence des jeunes grecs n’est pas comparable aux manifestations françaises même si plusieurs actes de vandalisme ou de blocage forcé ont été constatés.

La Grèce est aujourd’hui dans une situation catastrophique, l’écrivain grec Takis Théodoropoulos déclarait, dans le Figaro, que cette jeunesse « est le reflet d'une société en faillite. Elle en est la partie la plus sensible et exprime de façon plus bruyante une implosion du système». Elle est la marque d’un échec politique, économique et éducatif.

De cette crise, le gouvernement grec en est gravement responsable. La corruption, les affaires ruinent aujourd’hui la crédibilité du gouvernement pour gérer la crise et sa capacité à trouver une solution. « Le pouvoir, selon l’auteur, est partagé depuis le retour à la démocratie par quelques grandes familles politiques et leurs amis. Il fonctionne par passe-droits ». Au-delà du gouvernement, l'Etat, la justice, la police sont empêtrés dans des scandales de corruption, et Théodoropoulos affirme que l’anarchiste en Grèce n’est pas seulement celui qui entraine la jeunesse de son pays dans une lutte contre l’Etat c’est aussi « le directeur des impôts ou le policier qui fait ce qu'il veut ».

Dans ce délitement complet, des groupes anarcho-autonomes prêts à en découdre sont apparus. Ces jeunes autonomes et anarchistes radicaux ont été le fer de lance du mouvement contre une police qui parfois se distingue par sa brutalité. Mais au-delà de cette tradition anarchiste et violente, héritée de la lutte contre la dictature des colonels, l'extension rapide du mouvement traduit le mécontentement d'une grande partie de la population, singulièrement de la jeunesse.

Le déficit de l'éducation joue un rôle déterminant dans ce soulèvement. Un étudiant de l’université d’Athènes, a résumé la situation dans le quotidien Ta Nea : « L’État doit nous éduquer, mais ce n’est pas ce qui se passe en réalité. Malgré tous nos diplômes, nous sommes livrés à nous-mêmes, en attendant de nouer des relations qui nous permettront de trouver un travail à plus de 600 euros par mois ».

Cette situation s’explique essentiellement par la fin d’une période allant de la démocratisation de la Grèce aux Jeux Olympiques de 2004. Depuis son entrée dans la Communauté économique européenne en 1981, le pays s’est considérablement modernisé. Avec des taux de croissance de l’ordre de 4%, elle a même été l’une des économies européennes les plus dynamiques de ces dernières années, mais tout le monde n’en a pas profité. Le système éducatif a été sacrifié, le budget de l’Éducation ne représente que 3,5 % du budget national. Les familles dépensent environ 500 euros par mois en cours privés. Les plus riches envoient leurs enfants à l’étranger. Dévalorisée, s’est ainsi formée une classe d’âge touchée par la précarité et la pauvreté.

Après la “génération précaire” en France, les “mileuristas”(pour 1 000 euros) en Espagne et en Italie, la “génération praktikum” (stage) en Allemagne, la “génération 700”en Grèce. « Les jeunes Grecs, jusqu’à 35 ans, représentent une majorité silencieuse de citoyens sous-payés, surchargés de travail, endettés et fragilisés », explique l’organisation Génération 700. Selon elle, 56 % des Grecs de moins de 30 ans ont un salaire mensuel qui ne dépasse pas les 700 euros. À ces bas salaires s’ajoute un chômage des jeunes parmi les plus élevés d’Europe. Avec un taux de 24,3 % en septembre, la Grèce se situe derrière la France, l’Italie et l’Espagne. Seule la moitié des 80 000 diplômés par an trouvent un travail après l’université. La crise ferme les perspectives.

« La police les flingue, l’éducation les piège, l’emploi les lâche, le gouvernement leur ment » écrivait crûment Martine Gozlan dans Marianne pour résumer la crise actuelle. Pour cette jeunesse désespérée le dernier recours est la violence.

Un auteur grec, Petros Markaris, essaye de comprendre cette dureté, pour lui : « le fétichisme de l’argent s’est emparé de la société grecque, les jeunes veulent une rupture avec cette société sans âmes ni vision». Aujourd’hui même les intellectuels grecs, hier si virulents, ne s’engagent plus, installés dans un « confort cotonneux » et confirment cette perte de conscience collective qu’évoque Todd, une perte de conscience collective, une désespérance que la jeunesse exprime avec violence ?

En est-il de même pour la jeunesse française ? Todd disait, cette semaine, sur France Inter, sentir en France « un basculement de la jeunesse du pays vers la gauche du pays et l’égalité », les manifestations lycéennes sont elles le témoignage de ce basculement ? « Il faut y lire [dans ces manifestations] un sentiment de dégradation des conditions d’études et de perte de valeur des diplômes sur le marché du travail », souligne Valérie Becquet, maître de conférences en sociologie à l’université de Cergy-Pontoise. Un sentiment, parfois, d’appartenir à une génération sacrifiée. Un sentiment assez proche, au fond, de celui qu’éprouvent les jeunes grecs. Les lycéens français les imiteront-ils ?

Nous devons l’éviter. La jeunesse de France doit résister « au fétichisme de l’argent », « à cette société sans âme ni vision » mais ne pas tomber dans l’extrémisme. Contre les extrémistes de droite comme de gauche contre la pensée unique du PS, de l’UMP et du MODEM, les jeunes de France doivent se rassembler autour d’un projet collectif. Ce projet collectif, un mouvement politique, Debout les Jeunes le construit pierre après pierre, avec l’exigence permanente de rassembler des jeunes français issus de tous les milieux et l’unique volonté de servir la France.

Lisons ce que Malraux écrivait à la suite des évènements de mai 68 : «L'imagination au pouvoir, ça ne veut rien dire. Ce n'est pas l'imagination qui prend le pouvoir, ce sont des forces organisées. La politique n'est pas ce qu'on désire, c'est ce qu'on fait. L'important n'est pas de crier “Vive la Liberté”, c'est de faire que les libertés soient réalisées par l'État. Ce que les jeunes attendaient de nous, avant tout, c'était un espoir, au fond des malaises qu'ils ressentent plus que nous encore, et qui est au fond de nature religieuse, parce que nous sommes dans une situation sans précédent de rupture entre l'homme et le cosmos, entre l'homme et le monde…» Et le général de Gaulle de conclure au plus fort de la crise étudiante : «Il est possible que parmi ces farfelus de la Sorbonne, il y en ait certains qui n'aient pas tort ».

11/12/2008

Travail le dimanche : parler en Français

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« Quiconque parle en Français et non en politicien est sûr d’être compris » écrivait Bernanos dans Les Grands Cimetières sous la Lune, les députés courageux qui aujourd’hui au-delà de leurs étiquettes politiques défendent le dimanche reposé parlent « en Français ». Il est parfois des lois dont la substance est aussi importante que la valeur symbolique, la loi concernant le travail dominical en est une. Au-delà de la bêtise économique et sociale dont il s’agit, la loi est devenue le symbole de ce qui est contraire à une certaine idée de la France.

Nous sommes à un moment où la France est tentée de renoncer une fois de plus à sa particularité, au nom d’une adaptation à une certaine modernité, passant par « la réconciliation des français avec l’argent et le succès individuel » : vulgate sarkozyste en contradiction avec les discours gaullistes républicains… du même Sarkozy.

Ce double langage, le Cardinal Barbarin, que je me permets de citer, nous le rappelle dans une tribune publiée dans le Monde, où il se « contente, de faire remarquer qu'il n'est pas cohérent de réclamer d'un côté une réforme vigoureuse pour « moraliser la finance », dénoncer « golden parachutes » et rémunérations excessives, et de vouloir par ailleurs relativiser le repos hebdomadaire, simplement pour gagner plus. » Avant de rappeler que « depuis vingt siècles, l'Evangile dénonce cette logique sournoise et implacable : l'argent rend fou. »

Ce message chrétien laïcisé par la République est au centre de la personnalité française. Péguy écrivait, il y a plus d’un siècle, que la dérépublicanisation de la France et sa déchristianisation n'étaient qu'un seul et même mouvement, " un seul mouvement profond de démystication ", une démystication se faisant au profit de l’argent-roi et du veau d’or. Aujourd’hui nous en sommes là. La fin du dimanche de repos serait le signe du triomphe de la consommation à outrance, le triomphe du consommateur sur le citoyen.

Ce triomphe est redouté par les députés opposés au travail dominical, « alors que l'absence de repères personnels et sociétaux est de plus en plus cruelle, il n'est pas acceptable de faire courir aux Français ce risque de généralisation du travail dominical » qui créerait pour les élus une « dichotomie entre le consommateur et le citoyen ». Une vision du problème largement appuyée par le rapport du Credoc sur le travail dominical selon lequel la « logique d’achat-loisir » est la première motivation de la minorité des français favorable au travail le dimanche.

A ce succès si moderne de la consommation s’ajoutent l’inefficacité économique et l’injustice sociale de la réforme.

Selon les élus de la majorité opposés au texte : « toutes les études montrent qu'un emploi créé dans la grande distribution en détruit trois dans le commerce de détail ». Ce que confirme en partie le Credoc. D’abord les commerçants favorisés seront les « formats commerciaux plus productifs », autrement dit les grandes surfaces. L’effet est aussi jugé défavorable pour l’emploi. L’impact évalué est défavorable au secteur alimentaire (-6800 à -16200 emplois selon les scénarios) même s’il est jugé partiellement favorable dans le secteur non-alimentaire (-5400 à +14800 emplois selon les scénarios). Dans le meilleur des cas, la mesure n’aura aucune conséquence sur l’emploi.

Le rapport anéantit aussi l’idée selon laquelle il y aurait un surplus de chiffres d’affaires pour les commerçants : l’ouverture un jour de plus n’augmente pas le pouvoir d’achat des Français et n’augmente donc pas le chiffre d’affaire des commerçants. Et pire, les commerces ouverts le dimanche siphonnent les bénéfices de ceux qui sont fermés ou de ceux qui sont moins concurrentiels.

La réforme du travail dominical peut produire deux inégalités une inégalité entre les salariés d’une même entreprise et une seconde entre les travailleurs précaires et les autres actifs.

La première distinction est relevée par nos audacieux élus, elle est le fait du volontariat du travail dominical. « Il est dit, écrivent les députés, que les salariés concernés par ce projet seraient protégés par le volontariat. Mais qui pourra reprocher à un chef d'entreprise, en bon gestionnaire, de privilégier la progression de carrière de ceux qui auront fait l'effort de se mobiliser les dimanches ?. L'instauration du travail dominical sans limitation dans certains secteurs produira donc, à coup sûr, deux catégories de salariés, du fait d'une discrimination exagérément positive liée à la bonne marche de l'activité. »

L’inégalité entre les travailleurs précaires et les autres actifs serait aussi consommée. Si 39% des actifs sont prêts à travailler le dimanche, les catégories précaires sont largement plus enclines à accepter. Les étudiants (51% favorables), les chômeurs ayant déjà travaillé (55,1%) mais surtout les chômeurs à la recherche d’un premier emploi (61%) sont les plus motivés tandis que seulement 52% des personnes travaillant dans le commerce accepteraient de travailler régulièrement le dimanche. Ainsi travailler le dimanche « est une concession des précaires et pas un désir profond des actifs » et ne ferait que renforcer les écarts de condition entre actifs.

Ineptie économique, injustice sociale, le dimanche travaillé serait pour la France et les Français un reniement supplémentaire de leur singularité, le primat donné à la consommation, à l’argent, au profit contre l’essentiel. Cet abandon, Péguy, encore lui, l’écrivait admirablement : « ce que tout un peuple fait coucher sur les registres des livrets de caisse d’épargne, c’est l’argent pour lequel il a vendu sa race ».

Au final ce débat pose plusieurs questions concernant l’honnêteté intellectuelle et politique des élus de la Nation, opposés à cette réforme, et désormais gardiens d’une sorte de mystique française. Comment peuvent-ils appartenir à un mouvement, un groupe politiques avec lesquels ils sont en désaccord sur l’essentiel ? Et surtout pourquoi ne dénoncent-ils pas les règles mondiales et européennes qui contraignent la France à s’adapter à des conceptions qui lui sont étrangères ? Qu'ils continuent de parler « en Français » !

03/12/2008

La crise alimentaire, première des crises

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« L’égoïsme se paie en révolte d’hommes » répétait Jacques Chirac pour déplorer le manque d’aide des pays du Nord en direction du Sud. Le recul des aides au développement des pays les plus développés notamment celles de la France est loin de contredire l’ancien Président. L’aide alimentaire internationale est tombée en 2008 à son niveau le plus bas depuis quarante ans.

Au même moment, la crise alimentaire s’aggrave. Les chiffres du dernier rapport de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) parlent d’eux-mêmes, 923 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde soit 75 millions supplémentaires pour la seule année 2007, principalement à cause de la flambée des prix des denrées et des carburants. Sur ce milliard de personnes, 90% vivent dans les pays d’Asie et d’Afrique et parmi eux ce sont pour la plupart des pays d’Afrique qui sont les plus touchés et qui connaissent à la fois un haut niveau de sous-alimentation et une forte dépendance vis-à-vis des importations de produits pétroliers et céréaliers.

Ces 30 dernières années, la mondialisation de l’agriculture mondiale, par la suppression des réglementations et des barrières douanières, a partout été encouragée notamment par les pays occidentaux appuyés par les institutions internationales. Mais tout en réclamant le libre-échange les pays du Nord et les pays du Sud les plus avancés s’en sont préservés. Les pays du Nord pour éviter la révolte de leurs agriculteurs ont maintenu (subventions et quota à l’appui) la compétitivité et la rémunération de leur agriculture face aux productions des pays à bas niveaux de salaire.

Prises en étau entre deux agricultures industrielles — celle du Nord, rendue « compétitive » par les subventions, et celle du Sud, rendue compétitive par des coûts du travail dérisoires — les cultures vivrières et non mécanisées, premières sources de revenus de la population rurale, ont été balayées, rendant inéluctable le manque alimentaire dans les pays les plus pauvres.

Aujourd’hui, il y a urgence, les émeutes de la faim se multiplient, l’offre de produits alimentaires au niveau mondial est insuffisante, alors que le monde aura demain 7 milliards d’habitants, dont 5 milliards de citadins, la réaction ne doit pas attendre.

Dans son article « Peut-on nourrir la planète ? » pour le magazine l’Histoire du mois de novembre, Sylvie Brunel, professeur des universités en géographie, nous apprend que pour répondre à la demande, la production agricole mondiale devra être multipliée par deux d’ici quarante ans. Les difficultés sont réelles mais pourtant la menace doit être relativisée. D’abord de nombreuses terres sont toujours disponibles, en Afrique moins de 20% des terres cultivables sont utilisées. Ensuite, le changement climatique devrait certes aggraver l’irrégularité et l’insuffisance des pluies, mais aussi libérer de nouvelles terres cultivables (en Russie et au Canada). Les marges de productivité sont considérables : moins de 1000 kg de céréales sont produits à l’hectare en Afrique contre 4000, en Asie et 7500 en France. Et dernière raison d’espérer, si les prix de la nourriture restent durablement élevés, ils stimuleront l’incitation à produire plus.

Pour que ces progrès notamment en matière de productivité agricole se réalisent quatre conditions toujours selon Brunel sont indispensables.

Il est avant tout nécessaire de lier agriculture et préoccupations environnementales, les secondes sont essentielles au maintien de la pérennité et de la diversité de la première. L’adaptation des productions aux milieux climatiques et géologiques où elles se situent ne pourront que renforcer la durabilité de l’agriculture dans une région donnée.

La deuxième condition est politique, elle est d’une grande actualité alors que la crise fragilise les dogmes néo-libéraux. Les pays riches défendent depuis longtemps leur souveraineté alimentaire, en subvenant eux-mêmes en grande partie à leur besoin alimentaire et protégeant leur marché. Cette souveraineté, sous les coups de butoir des organisations internationales et du néo-libéralisme, a été refusée aux pays du Sud dont les productions soumises à une concurrence déloyale ne rapportent pas ou trop peu. Cette condition exige un changement complet de politique internationale et nationale, comme l’écrit Brunel « chaque pays doit pouvoir mener sa propre politique agricole en fonction de ses contraintes ou atouts ». Mais, et Brunel ne l’écrit pas de façon explicite, une dose de protectionnisme est nécessaire pour éviter que le marché mondial et ses fluctuations rendent impossible le début du commencement d’une réelle souveraineté alimentaire notamment en Afrique.

Cela nous ramène au XIXème siècle, au début du développement de l’économie allemande et conforte la théorie de List, économiste allemand pour qui le libre-échange était le levier de l’impérialisme britannique qui jouait à son profit des inégalités de développement entre nations. Face à ces inégalités, l'intervention de l'État, instaurant un protectionnisme éducateur, à l'abri duquel peuvent se développer les forces productives est nécessaire. Ce protectionnisme des « industries dans l'enfance », est néanmoins transitoire, il est une étape vers la réaffirmation d’un libre-échange loyal. Il apparait comme une voie non négligeable pour les pays qui souffrent de la faim, peut-être pourrait-il (comme a pu le recommander Attali à propos de l’Afrique -l’Union africaine-) s’organiser autour de grandes zones régionales ?

La troisième condition relève de la coopération internationale qui doit être renforcée pour d’une part établir un système de brevet public concernant la recherche agronomique et ainsi éviter qu’elle soit confiée à des intérêts financiers de court terme et d’autre part créer une « charte des aliments essentiels » ayant une autorité mondiale.

La dernière de ces conditions concerne la rémunération des paysans et leur propriété foncière, qui doivent être consolidées et soutenues, cela permettra de renforcer les marchés intérieurs de ces pays, de réduire considérablement la pauvreté et rendre possible un développement durable.

C’est en aidant les pays du Sud à atteindre leur souveraineté alimentaire, en régulant les échanges internationaux agricoles que nous pourrons vaincre la faim dans le monde et briser les inégalités mondiales dont le terrorisme, « les révoltes d’hommes » sont des conséquences.

Nicolas Dupont-Aignan l’affirme : « Comment imaginer lutter contre le terrorisme, les guerres, les mouvements anarchiques de population sans, là aussi, s’attaquer à leurs racines ? L’avenir de l’Afrique devrait être ainsi au cœur de toute notre attention. Son marasme est aussi profond que ses ressources sont colossales. La France et l’Europe ont tort de la négliger laissant la Chine combler le vide. Savez vous que l’effacement de la dette publique de tous les pays du continent aurait coûté moins cher (100 milliards d’euros) que la seule aide directe de la Grande Bretagne et de la France à leurs banques ! ».

Et Jacques Chirac de préciser : « on sait que l’Afrique peut sortir de la pauvreté avec 25 milliards de dollars d’investissements. 25 milliards, c’est 20 fois moins que le plan voté par les Etats-Unis pour sortir leur système bancaire de la crise ! On devrait pouvoir y arriver ! ».