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29/11/2006

Emploi, industrie : les choix du Gouvernement

Dominique de Villepin a tenu, le 29 novembre 2006, sa conférence de presse à Bobigny, sur le site du sous-traitant automobile Valeo. Il a marqué son souhait que les jeunes soient davantage accompagnés dans leur recherche d’emploi, vers les secteurs qui recrutent. Le Premier ministre s’est en outre exprimé en faveur d’une industrie forte, tournée vers la recherche et l’innovation.

La croissance ayant marqué une pause en octobre, le Premier ministre a estimé que le chômage devrait rester stable pour le mois d’octobre 2006. Dans ces conditions, le Gouvernement annonce une amplification de son action : outre les femmes et les seniors, Dominique de Villepin a considéré que l’emploi des jeunes constitue l’"urgence absolue".

L’éducation est déjà une clé de l’action gouvernementale : relance de l’éducation prioritaire, accompagnement personnalisé et service public de l’orientation. Au-delà, Dominique de Villepin souhaite "accompagner davantage les jeunes dans leur recherche d’emploi", tout spécialement dans les secteurs qui rencontrent des difficultés de recrutement, comme l’agriculture, le bâtiment, l’hôtellerie-restauration ou l’industrie mécanique.

Hausse du crédit d’impôt et de la prime de mobilité

Pour résorber ces difficultés, le Gouvernement a décidé qu’un jeune embauché pendant plus de six mois dans un de ces secteurs paierait 1 500 euros d’impôts en moins s’il est imposable ou recevrait un chèque de 1 500 euros s’il ne l’est pas, contre 1 000 euros aujourd’hui. Pour Dominique de Villepin, "c’est une vraie incitation à chercher l’emploi où il se trouve".

Autre incitation, géographique cette fois : le Gouvernement prévoit d’augmenter la prime de mobilité pour les demandeurs d’emplois qui acceptent un travail à plus de 200 kilomètres de leur domicile. Celle-ci passera de 1 500 à 2 000 euros. Enfin, l’ANPE proposera de recevoir 180 000 jeunes peu ou pas qualifiés afin de leur donner une orientation et une offre d’emploi.

Le Gouvernement tiendra une conférence sur l’emploi et les revenus avec les partenaires sociaux, le 14 décembre 2006. Le chef du Gouvernement a souhaité que des conclusions concrètes émergent sur le soutien à l’emploi des jeunes, l’amélioration de la qualité des postes proposés aux femmes, la précarité dans l’emploi, les salaires et le coût de la vie.

Croissance : le choix d’une industrie forte

"Ce n’est pas un choix idéologique, c’est un choix pragmatique", a précisé Dominique de Villepin avant d’expliquer que l’industrie constitue le principal moteur de l’innovation et le premier contributeur à la balance commerciale française.

Pour renforcer le secteur et préserver les cinq millions d’emplois qui sont en jeu, le Gouvernement mise sur la recherche et l’innovation. "C’est dans cet esprit que nous avons agi face aux défis du secteur aéronautique", a rappelé le Premier ministre. Pour la filière automobile, le Gouvernement propose une "nouvelle donne" privilégiant notamment une meilleure entente entre grandes entreprises et sous-traitants.

Solidarité, innovation et recherche

Cette nouvelle donne passe d’abord par la solidarité entre grandes et petites entreprises. Un code de bonne pratique a déjà été signé et la question des délais de paiement est en cours d’examen. Le député Martial Saddier doit rendre ses conclusions sur le sujet. L’objectif est d’aligner les pratiques françaises sur celles des autres pays européens. Les acteurs de la filière automobile ont jusqu’au 15 janvier pour aboutir à un accord. Si tel n’était pas le cas, Dominique de Villepin proposerait de passer par la voie législative.

Second principe de la nouvelle donne en faveur de l’industrie automobile : l’innovation et la recherche. Au-delà des 120 millions d’euros engagés en 2006, notamment pour soutenir le projet de moteur hybride diesel, le Premier ministre a pris deux engagements :

-Le même montant sera débloqué en 2007 ;

-Le plafonnement par société du crédit d’impôt recherche sera doublé pour atteindre 16 milliards d’euros.

Au-delà de ses mesures, Dominique de Villepin a estimé qu’il ne fallait pas refuser le débat sur l’appréciation de l’euro et "ses conséquences sur nos exportations". Il a souhaité la mise en place de règles du jeu à l’échelle internationale, "notamment en matière environnementale".

22/11/2006

DDV défend devant les maires "la cohésion de notre pays"

 

Le 22 novembre, Dominique de Villepin s’est exprimé devant l’Association des maires de France réunie en Congrès. Deux objectifs "à poursuivre ensemble" : améliorer le fonctionnement de la démocratie française et faire de la France un modèle d’égalité.

"Un rôle de médiation sociale"

Pour inciter les Français à voter, renforcer leur confiance dans les institutions et donner plus de légitimité aux principes républicains, "nous avons besoin de règles bien connues, de règles justes et respectées", a souligné le Premier ministre. La lutte contre l’impunité, notamment, passe par l’application systématique des peines. Le projet de loi sur la prévention de la délinquance prévoit la présentation immédiate des mineurs délinquants. L’objectif de ce texte est de permettre aux premiers interlocuteurs de la population, les élus locaux, "d’être mieux armés pour exercer (...) un rôle de médiation sociale".

Autre enjeu, les Français doivent se sentir représentés, en particulier les minorités visibles ou les femmes. Le projet de loi sur la parité soumettra les élus des villes de plus de 3 500 habitants à une obligation d’égalité hommes-femmes.

Transparence, simplicité et lisibilité doivent être également les maîtres mots de l’action publique. Par exemple, améliorer la rapidité et diminuer le nombre des procédures d’enquête publique devrait "permettre aux élus locaux d’avancer dans leurs projets". Il faut, de plus, clarifier le rôle de chaque échelon d’autorité. "C’est pourquoi il me paraîtrait sage de faire une pause dans le processus de décentralisation", a indiqué le chef du Gouvernement.

Faire de la France un modèle d’égalité

Le modèle défendu par le Premier ministre est "une égalité en mouvement, une égalité qui permet à chacun de réussir, une égalité fondée sur le mérite et sur l’effort".

"La clé, c’est de proposer à chaque individu une aide et un accompagnement au plus près de ses besoins", a-t-il précisé. En matière de lutte contre le chômage, la modernisation du service public pour l’emploi a permis à chaque demandeur d’emploi de disposer d’un dossier unique et d’un conseiller personnel. Dans le cadre de l’éducation, un accompagnement personnalisé a été mis en place par le biais d’équipes de réussite éducative, dont 8 000 élèves bénéficient, mais aussi à travers la réforme du système d’orientation pour les étudiants.

L’égalité se joue, d’autre part, entre les territoires avec l’accès :

-aux services publics modernes. Les relais inscrits dans la Charte des services publics en milieu rural ("points visio public", 1 100 relais postaux) permettent de concilier la qualité de service, la proximité et la maîtrise des coûts ;

-aux nouvelles technologies. Fin 2007, toutes les communes auront accès au réseau de téléphonie mobile de deuxième génération et 98 % des Français l’internet à haut débit.

L’égalité correspond également à un principe de solidarité. La Gouvernement a dores et déjà mis en œuvre certaines mesures : les quinze nouvelles zones franches urbaines, les nouveaux contrats urbains de cohésion sociale, le plan de rénovation urbaine. Pour renforcer la solidarité de l’Etat à l’égard des zones rurales, le zonage de revitalisation rurale comprend désormais 13 000 communes. Le Premier ministre souhaite, par ailleurs, que la création ses 40 000 places de crèches supplémentaires sur cinq ans bénéficie particulièrement aux zones rurales. En ce qui concerne les territoires confrontés à des crises industrielles, plus de 50 zones d’emplois bénéficieront du mécanisme de crédit de taxe professionnelle et 30 contrats de site sont en cours pour aider les bassins d’emploi en difficulté.

Industrie, agriculture, recherche : rassembler les forces

Les pôles de compétitivité rassemblent les entreprises, les centres de recherche, les universités, les PME et les grands groupes. 1,8 milliards d’euros y seront alloués sur trois ans.

L’avenir de la France repose sur trois piliers :

-conserver une industrie forte en France. Outre les mesures en faveur de l’industrie aéronautique annoncées à Toulouse, Dominique de Villepin présentera des mesures pour la filière automobile ;

-soutenir l’agriculture. Le plan de développement des biocarburants que nous avons encouragé depuis mai 2005 offre de nouveaux débouchés à nos agriculteurs. La loi d’orientation agricole de janvier 2006 fournit des outils originaux pour assurer le renouvellement des générations en agriculture. 200 pôles d’excellence rurale seront labellisés pôles en décembre prochain ;

-favoriser la recherche pour permettre aux universités, laboratoires, grandes écoles d’être compétitifs face aux meilleurs établissements internationaux. Les treize réseaux thématiques de recherche constitueront, chacun dans leur secteur, des hauts lieux scientifiques disposant d’une forte visibilité internationale et d’une véritable souplesse de gestion grâce à leur statut de fondation.

Le président de la république défend les valeurs républicaines.

 Le Chef de l'Etat a annoncé l'instauration d'une ''cérémonie de citoyenneté''.

Candidat ou pas à un nouveau mandat, Jacques Chirac veut donner le tempo des débats de la campagne. Après Colombey-les-Deux-Eglises et Amiens, ces derniers jours, il s'est adressé hier aux maires de France réunis en congrès à Paris pour se poser en rassembleur face aux «tensions» de la société et défendre les fondements de «l'identité française» . Une thématique dont il a fait l'axe central de tous ses récents discours et qui sonne en creux comme une critique de fond de la «rupture» sarkozyste.

Mais hier, Jacques Chirac a aussi pris date à coups de prophéties et d'ouvertures de nouveaux chantiers. Testament politique ou programme de futur candidat ? Le chef de l'Etat prend à l'évidence plaisir à entretenir le suspense : «La France est un grand pays. Un pays solidaire et dynamique, un pays fier de son indépendance et des valeurs qu'il porte. Tout l'enjeu des années qui s'ouvrent devant nous, c'est de faire vivre l'identité et l'ambition françaises. [...] C'est de faire vivre l'esprit d'unité et de rassemblement», a-t-il lancé.

Envolées. Persuadé que les «tensions ne sont pas le signe d'un affaiblissement de nos valeurs», mais qu'elles «appellent au contraire à leur réaffirmation», Jacques Chirac a annoncé hier la mise en place imminente d'un «observatoire national de la laïcité». Sa mission : éviter les dérives communautaires au sein des services publics, des hôpitaux ou des équipements sportifs. De même, il a fait part de la création d'une «cérémonie de citoyenneté» pour les jeunes Français accédant à leur majorité. Chacun y recevra sa carte d'électeur et un code républicain tout en signant «son adhésion aux valeurs de la République». Depuis sa réélection en 2002, Jacques Chirac est coutumier de ce genre de grandes envolées sur la défense des valeurs de la République. Mais ce qui ressemblait d'abord à des incantations prend paradoxalement un autre relief en cette fin de mandat alors qu'émerge, à gauche comme à droite, une nouvelle génération de présidentiables.

Le Président a également indiqué que «le combat pour la sécurité de tous est par excellence un combat qui doit nous rassembler». Sans citer le nom du ministre de l'Intérieur mais en défendant le principe de sa loi actuellement en discussion, il a assuré que la délinquance a baissé de 9 % en quatre ans grâce «à l'action du gouvernement» et à «l'engagement au quotidien» des maires. Et sans être aussi direct que Michèle Alliot-Marie, reprochant la semaine dernière à Sarkozy de faire l'amalgame entre «jeunes et voyous», il a insisté sur la nécessité d' «affirmer les règles et [de] savoir tendre la main». 

Confidence. En occupant sans relâche le terrain des principes et en réaffirmant comme hier sa volonté de diriger le pays jusqu'au bout, Jacques Chirac continue à distiller l'idée que rien ne peut se faire sans lui à droite en 2007. Plus gaulliste que jamais et campé dans son rôle de chef de l'Etat version Ve République, il entend retarder le plus possible l'annonce de sa décision de se représenter ou pas. Nicolas Sarkozy assure que le Président se prononcera fin février et laisse entendre, pour se rassurer, que sa réponse sera négative. «Nul ne peut se prévaloir d'aucune confidence du Président sur une décision qu'il n'a pas prise», rétorque un de ses conseillers. A l'Elysée comme à l'UMP, chacun sait trop bien que la nature profonde de Chirac est d'être en campagne permanente... Et éventuellement candidat.

Source : Libération

20/11/2006

Présidentielle: "rien n'est écrit", assure Dominique de Villepin

"Rien n'est écrit", a affirmé dimanche le Premier ministre Dominique de Villepin à cinq mois de l'élection présidentielle. Et à l'UMP, "nous ne sommes pas au bout du débat politique en ce qui concerne l'éventuel candidat de notre famille", a-t-il assuré.
"Rien n'est joué", car "le temps de la décision par les Français, c'est un temps qui vient relativement tard dans la campagne électorale", a-t-il estimé lors de l'émission "Ripostes" sur France-5.
"Rien n'est écrit. Rappelez-vous les élections précédentes: ceux qui étaient donnés gagnants au mois de septembre, au mois d'octobre ou au mois de novembre n'ont pas tous été sur la photo finale".
"Mon intuition, c'est que les Français sont rebelles à tout choix qui leur est imposé", a poursuivi le chef du gouvernement. "Ce qui est aujourd'hui mesuré" par les sondages, "c'est la sympathie, c'est l'image" et "une femme en politique, c'est nouveau, c'est attirant, c'est intéressant", a-t-il noté au sujet de la candidate socialiste Ségolène Royal.
Mais "mesure-t-on la capacité, l'aptitude, le sérieux de telle ou telle candidature? Nous n'en sommes pas là" et "je ne crois pas que les Français soient rentrés dans le choix présidentiel".
M. de Villepin a donc estimé que "la précipitation du Parti socialiste est une erreur": "avoir choisi une candidate si tôt, c'est une erreur" et c'est pourquoi "je me suis battu pour que ma famille politique ne se prononce qu'en 2007".
Dominique de Villepin a refusé de préciser ses intentions pour la présidentielle, réaffirmant que sa "priorité" était "l'action gouvernementale". "Nous ne sommes pas dans un pays qui peut s'offrir six mois de vacances (...) il faut bien que quelqu'un dirige le gouvernement".
Pour le reste, "il ne m'appartient pas aujourd'hui de lire dans le marc de café (...) Il faut avancer pas à pas", a-t-il expliqué. "Chacun avance et doit avancer à son rythme". En tout état de cause, "nous ne sommes pas au bout du débat politique en ce qui concerne l'éventuel candidat de notre famille".
Alors qu'on lui demandait si un candidat, tel que Nicolas Sarkozy, pouvait rester ministre, Dominique de Villepin a noté que c'était déjà "arrivé" par le passé. Mais "mon sentiment, c'est que ce n'est pas son intérêt", a-t-il ajouté. Car "quand on se présente devant les Français, on va à la rencontre des Français et donc on doit avoir la liberté, c'est ma conviction".
Par ailleurs, "j'ai une exigence comme Premier ministre: c'est que le travail gouvernemental ne soit pas handicapé ou obéré par d'éventuelles candidatures. A partir du moment où le travail qui est nécessaire est fait, on peut envisager différentes hypothèses".
"Je n'ai jamais cru à une stratégie qui consisterait à aller pêcher dans les eaux du Front national. Je pense que c'est une erreur", a également déclaré Dominique de Villepin, se disant "très préoccupé par la montée du Front national" dans les sondages. Il a déploré une "impatience qui se transforme en colère, et en gros on jette le bébé avec l'eau du bain".
"Aujourd'hui, il y a plus d'offres d'emploi sur le marché qu'il y en avait il y a un an, il y a deux ans", a-t-il plaidé, regrettant qu'on soit "en permanence dans la caricature des choses": "on ne retient que ce qui ne marche pas".
Mais "que se passerait-il si M. Le Pen arrivait au pouvoir?", a-t-il lancé. "Nous aurions à la fois un pays qui se rétrécirait" avec la fermeture de ses frontières et "qui verrait peu à peu son économie se marginaliser". Dès lors, "quand on voit Le Pen se banaliser dans le jeu politique (...) il ne faut jamais oublier quelles sont les conséquences des propositions qui sont faites".

18/11/2006

Chirac à Amiens : l'action au service des français.

Le chef de l'État a souligné hier en Picardie que la République n'est pas « l'addition des communautés ».

ILS S'ÉTAIENT donné rendez-vous dans dix ans. Promesse tenue, hier, dix ans après une première visite à Amiens, Jacques Chirac est revenu sur les terres de Gilles de Robien pour dresser le bilan des Zones franches urbaines (ZFU), créées par la loi du 14 novembre 1996 sur le pacte de relance pour la ville. C'est à Amiens que, quelques mois plus tôt, en avril 1996, le chef de l'État avait mis sur les rails ce dispositif innovant d'exonérations fiscales et sociales réservées aux entreprises implantées dans les quartiers en difficulté. À Amiens, ce sont près de 1 250 emplois qui ont vu le jour dans les quartiers nord. Un résultat à la hauteur des fonds publics investis en hôtels d'entreprises et ateliers PMI qui ont vu le jour au coeur même du quartier. « Les premiers temps, je n'étais pas très à l'aise quand j'allais dans le bar du coin », se souvient Cédric Descamps, créateur d'une société de rachat de crédits. « Avec mon col blanc et ma cravate, c'était moi l'étranger », a-t-il ajouté au cours d'une table ronde présidée par Jacques Chirac. Le président a interrogé les intervenants, dans le détail, sur leur propre expérience : discrimination à l'embauche, difficulté de recrutement de main-d'oeuvre qualifiée, perception par les habitants de l'évolution du quartier...

Le dispositif a manifestement, même si rien n'est parfait, amélioré la situation sur le plan économique comme sur le plan social  », s'est félicité Jacques Chirac, rappelant que les 44 premières ZFU ont créé 50 000 emplois. « Nous allons passer maintenant à 100 zones franches avec un objectif de 100 000 emplois créés à l'horizon 2011. » Preuve de cette réussite, selon lui, la construction par un investisseur privé d'un immeuble de 3 000 m² de bureaux et d'ateliers. Autre motif de satisfaction, le développement de SOS Médecins. Le simple cabinet de 1997 est aujourd'hui une antenne médicale de 180 m² avec 15 médecins assurant une présence médicale 24 heures sur 24.

Un exemple qui s'inscrit dans le combat pour « l'égalité des chances », priorité de Jacques Chirac. « La République est une et indivi­sible. Elle n'est pas l'addition de communautés. La République garantit des droits égaux et le même respect à tous ses enfants », a-t-il dit.

Borloo : « Chirac crée les conditions du possible »

Pas de fausse note dans ces ren­contres. Même les interventions intempestives du député commu­niste Maxime Gremetz, coutumier du fait, n'ont pas entamé l'esprit positif des participants, dont s'est nourri, avec un bonheur visible, le président. Cette visite chez le fidèle Gilles de Robien, seul ministre UDF du gouvernement, marquait-elle le début d'une entreprise de défense d'un bilan, à six mois de la fin de son second mandat ? Jean-Louis Borloo, présent hier à Amiens, ­sourit et lâche d'une façon un peu énigmatique : « Chirac crée les ­conditions du possible » pour laisser ouverte l'éventualité d'une nouvelle candidature.

13/11/2006

D. de Villepin renforce la fiscalité écologique.

 

 Dominique de Villepin a présidé, le 13 novembre 2006, un comité interministériel sur le développement durable. Principaux points à l’ordre du jour : la Stratégie nationale de développement durable et le renforcement du plan Climat. La première est mise en cohérence avec la stratégie européenne équivalente et contient des mesures regroupées en dix plans d’action. Le second prévoit notamment une réduction de 10 % des émissions françaises de CO2 à l’horizon 2010.

La France est le premier pays à mettre en cohérence sa stratégie avec celle de l’Europe. En agissant ainsi, elle a reçu le soutien de plusieurs autres Etats membres, notamment sur la création d’une Organisation des Nations unies pour l’environnement (ONUE) et pour une "fiscalité carbone" aux frontières de l’Europe.

L’incitation par une fiscalité de l’environnement

Le Gouvernement souhaite d’abord réformer la fiscalité pour inciter à la protection de l’environnement. Une réforme qui sera inscrite dans un futur projet de loi de finances rectificative.

Première des incitations : bâtir en obéissant à certains critères de performance énergétique. Les collectivités locales pourront exonérer de taxe foncière, à hauteur de 50 %, les constructions ainsi conçues.

L’incitation consistera également à soutenir fiscalement toute la filière "flex-fioul". Ce soutien concernera tant la construction de véhicules que les installations de distribution.

Aujourd’hui, une énergie comme le charbon est exempt de toute taxation spécifique, alors qu’il figure parmi les plus polluantes. Le Gouvernement s’apprête donc à instaurer une taxe sur sa consommation.

Une vision positive et "désirable" du développement durable

Les citoyens doivent intégrer et accepter la modification de leurs comportements. Afin d’y parvenir, le Gouvernement agit pour une stratégie englobant l’éducation, la recherche ou encore l’agriculture. Les nouvelles mesures engagent tous les champs des politiques publiques.

C’est ce que vise, par exemple, l’éducation à l’environnement pour un développement durable (EEDD), dans le cadre d’un programme des Nations unies piloté par l’Unesco. En France, les nouveaux programmes d’enseignement, qui prennent effet pour l’année scolaire 2006-2007, comporteront tous des éléments relatifs au développement durable.

Par ailleurs, l’agriculture biologique connaît, en France, une hausse de production de 10 à 16 %. Pour aller plus loin, le Gouvernement prévoit, notamment, de proposer aux collectivités locales d’exonérer totalement l’agriculture biologique, pendant cinq ans, de la taxe foncière sur les propriétés non bâties. L’Agence BIO, elle, est reconduite pour cinq ans supplémentaires.

Plan Climat 2004-2012 : priorité aux bâtiments et aux transports

A l’occasion du comité interministériel, le Gouvernement a validé le plan Climat pour une période allant jusqu’en 2012. Ainsi, dès 2007, les réhabilitations importantes dans les bâtiments de plus de 1 000 m2 devront respecter une performance énergétique minimale.

Côté transports, le Gouvernement accélère le développement des biocarburants. Le comité interministériel a ainsi été l’occasion pour l’Etat de signer, avec des partenaires sociaux et des entreprises, la charte pour le développement de la filière superethanol E 85. Le superéthanol E85 est un carburant composé d’un maximum de 85 % d’éthanol d’origine agricole et de supercarburant sans plomb pour la partie restante.

Ce carburant doit contribuer à réduire la dépendance énergétique de l’Hexagone et diversifier ses approvisionnements. La charte part aussi du principe qu’il permettra aux consommateurs de réduire fortement leur exposition au risque de hausse du prix du pétrole.

10/11/2006

Le gaullisme au quotidien

Alors que les champions de la récupération et du mensonge se pavanent sur les estrades et utilisent de Gaulle selon les modes, Dominique de Villepin affirme ses profondes et sincères convictions gaullistes au quotidien. En déféndant la politique industrielle de la France et sa puissance dans le monde, il donne une leçon de gaullisme à tous ceux qui veulent récupére l'héritge du général. La réponse du Premier ministre à la question de Monsieur Jean-Marc Ayrault (Président du groupe parlementaire socialiste), au sujet de la situation du groupe EADS traduit dans les faits et dans les mots l'engagement de DDV.

"Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,

Merci d’abord, Monsieur Ayrault, de la confiance que vous faites au Gouvernement. Vous avez raison sur un point, Monsieur le président Ayrault : EADS et l’ensemble de la filière aéronautique européenne, traversent aujourd’hui une période difficile. Ça, c’est un point sur lequel nous pouvons être d’accord. Force est de constater que nous avons immédiatement pris le problème à bras le corps. T. Breton, a contribué, au titre de l’Etat actionnaire, à la réorganisation du groupe ; D. Perben, a reçu et travaille avec l’ensemble de la filière. Alors, je veux le dire ici, solennellement, devant la représentation nationale, je crois dans la filière aéronautique, et je crois dans l’avenir industriel de la France, qu’il nous appartient, tous ensemble, de défendre.

Pourquoi ? Pourquoi cette confiance dans la capacité de la France ? Parce que ce sont 5 millions d’emplois qui sont en jeu ; parce que nous sommes le cinquième exportateur mondial au monde ; parce que l’industrie est au cœur de notre identité. C’est en restant une grande puissance industrielle que la France restera une grande puissance tout court. Beaucoup, et je le regrette, avaient renoncé à cette ambition. Notre majorité, l’a portée avec détermination, sous l’impulsion du président de la République, avec les pôles de compétitivité - c’est nous - , avec la création de l’Agence pour l’innovation industrielle - c’est nous -, avec la modernisation de notre système de recherche - c’est encore nous. C’est le retour d’une véritable stratégie industrielle pour la France.

Dans les mois qui viennent, je continuerai à défendre cette ambition. Nous avons réussi à sauver plus de 600 emplois à la Sogerma. Nous ne laisserons tomber ni Airbus, ni les salariés, ni les PME - et je réponds à votre question - qui travaillent dans cette filière. Je recevrai, dès la semaine prochaine, le président L.Gallois ; je me rendrai, mardi prochain, à Toulouse, pour trouver des solutions. Pour l’avenir d’Airbus, comme pour celui de toute notre industrie, il y a deux clés : l’innovation et l’Europe. Si nous, Européens, savons nous protéger et défendre nos intérêts économiques, il y a une voie pour une véritable excellence industrielle européenne. Elle doit se bâtir autour de nos deux grandes nations, la France et l’Allemagne. Nous avons remporté ensemble de grands succès ; il faut maintenant aller plus loin, comme par exemple, dans le secteur de l’énergie et de l’espace.

Rassembler nos forces, c’est tout le sens du patriotisme économique français et européen, dont je me réjouis de voir qu’aujourd’hui, vous les invoquez aussi. C’est comme cela que nous redonnerons confiance et fierté à nos compatriotes."

04/11/2006

Chirac appelle le gouvernement à l'action et n'exclut rien pour 2007.

Jacques Chirac, le 30 octobre 2006, dans son bureau à l'Elysée.

A moins de six mois de la présidentielle, Jacques Chirac rend hommage à l'action menée par Dominique de Villepin, mais aussi par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, et appelle la majorité à l'unité et au rassemblement, dans une interview au Figaro devant paraître mardi.

En accordant cet entretien portant sur la politique française - un fait rarissime -, le président de la République entend manifestement calmer les tensions à droite et continuer à peser sur la scène nationale.

A peine rentré d'un long voyage en Chine, M. Chirac a aussi voulu rappeler la feuille de route du gouvernement, appelant celui-ci à "poursuivre son action" jusqu'au bout. "Pour l'intérêt du pays, ce que je veux, c'est l'action avant tout", a-t-il déclaré.

Il ne s'est d'ailleurs pas privé de faire lui-même connaître les bonnes nouvelles, annonçant une nouvelle baisse du chômage en septembre, à 8,8% de la population active, avec 30.000 chômeurs de moins, le meilleur chiffre depuis octobre 2001.

Il a d'autre part demandé au gouvernement de "poursuivre son action" notamment pour la prévention de la délinquance, la parité en politique et la protection de l'enfance. Il a souhaité que "ces réformes soient adoptées avant la fin de l'année".

"Baisse du chômage, réduction de la dette, réformes, croissance, tout cela ne s'est pas fait par l'opération du Saint-Esprit", a-t-il lancé.

"Tout ça est le résultat de l'action résolue du Premier ministre, Dominique de Villepin, qui donne en permanence une impulsion et assure le suivi de l'ensemble des réformes", a insisté le chef de l'Etat.

Mais il n'a pas oublié non plus de saluer l'action du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, durement attaqué par la gauche qui accuse le très probable candidat de l'UMP à la présidentielle d'être un ministre à temps partiel.

"L'action menée dans des conditions difficiles par le ministre de l'Intérieur est bonne. C'est une action à la fois de prévention et de sanction", a-t-il assuré après une série d'attaques contre des bus, un an après les émeutes dans les banlieues.

A cet égard, il a lancé "un appel à la responsabilité" pour que chacun "refuse la violence".

"La situation reste certes difficile dans un certain nombre de quartiers, mais mon sentiment c'est que les choses avancent", a-t-il estimé face aux critiques sur l'inaction du gouvernement dans les banlieues.

En revanche, Jacques Chirac marque nettement sa différence avec Nicolas Sarkozy, en jugeant que "tout est possible" pour la présidentielle de 2007, et rappelle qu'il se prononcera sur ses intentions "au premier trimestre" de l'an prochain.

"L'élection présidentielle, c'est une rencontre entre un homme et un peuple. Tel est l'esprit du gaullisme, telle est la logique de l'élection du président au suffrage universel. Tout est donc est possible", déclare M. Chirac, alors que pour les partisans de Nicolas Sarkozy, ce sont les militants de l'UMP qui désigneront à la mi-janvier leur candidat à la présidentielle.

Les chiraquiens font valoir que d'autres noms pourraient émerger, comme la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie.

"Quant à ce qui est souhaitable, je dirais qu'il faut privilégier l'esprit d'unité et de rassemblement", a ajouté le chef de l'Etat.

"Je souhaite que la majorité garde à l'esprit le vieux principe selon lequel l'union fait la force, et qu'elle agisse en conséquence", déclare encore M. Chirac.