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30/03/2007

Jean d'Ormesson : « l’élection de Bayrou, ce serait l’immobilisme et l’impuissance »

Bayrou, surprise diabolique pour des socialistes désespérés

Longtemps, la droite française a été malheureuse, divisée, incertaine. Mitterrand l’emportait. Le vent soufflait à gauche. L’intelligence était à gauche. L’avenir était à gauche. La droite, le centre, tout ce qui n’était pas communiste ou socialiste menait un combat d’arrière-garde. Et puis, le communisme s’est écroulé avec le mur de Berlin. Et, contre vents et marée — et contre les siens d’abord—, Nicolas Sarkozy a unifié la droite et lui a rendu un avenir. Aujourd’hui, c’est la gauche qui souffre.

Le PS souffre parce qu’il s’est révélé incapable de se dégager du marxisme et de se prononcer sans détour pour une social-démocratie enfin moderne. Du coup, l’avenir lui échappe. Semaine après semaine, sondage après sondage, le Parti socialiste, qui domine la gauche française, se demande surtout s’il n’a pas fait une erreur en choisissant Ségolène Royal. Elle est belle ; elle donne raison à tout le monde ; pour qui ne la connaît que de loin, elle est plutôt sympathique ; elle a un atout formidable : elle est une femme. Et, pour une raison ou pour une autre, il s’avère chaque jour un peu plus qu’elle a peu de chances de l’emporter sur Nicolas Sarkozy.

Sarkozy n’est pas particulièrement beau, il est un homme, il ne donne pas raison à tout le monde et il n’est pas sympathique à tout le monde. Mais, qu’on le veuille ou non, il est, de très loin, le meilleur candidat, le plus intelligent, le plus efficace, que les électeurs aient connu depuis longtemps.

Contre tous les autres candidats que la malheureuse droite française aurait pu aligner contre elle, Ségolène Royal avait une chance. Et plus qu’une chance. Elle aurait battu Chirac, combattant redoutable ; elle aurait battu Villepin ; elle aurait battu Michèle Alliot- Marie. Qui en doute ? Elle n’a pas la stature nécessaire pour battre Sarkozy. À tort ou à raison, elle l’a emporté sur Jospin, sur Fabius, sur Strauss- Kahn. Toute la gauche le sait aujourd’hui : elle ne l’emportera pas sur Nicolas Sarkozy.
Voici que surgit, pour un PS désespéré, au bord de la crise de nerfs, non pas une divine surprise, mais une surprise diabolique : François Bayrou. C’est un démocrate- chrétien. C’est un centriste. Pire : c’est un homme de droite, c’est un libéral. Il est permis de soutenir qu’entre Sarkozy et Bayrou, le plus libéral des deux, le plus à droite des deux, c’est Bayrou. Il y a du gaulliste en Sarkozy qui se réclame souvent de la nation et des grands noms de la République. Il n’y a rien de gaulliste en Bayrou. Disons- le sans l’ombre de mépris : depuis le début de sa carrière, c’est un libéral pur jus.

Si Bayrou est élu, que fera- t- il ? Personne ne le sait. Avec qui gouvernera- t- il ? Personne ne le sait. Avec les socialistes ? Il ne partage rien avec eux. Ce qu’il veut, en vérité, ce n’est pas la victoire du socialisme. Ce qu’il veut, c’est être président. Les socialistes et la gauche n’ont pas la moindre raison d’aimer ni Sarkozy ni Bayrou. Seulement, voilà : Bayrou est le seul moyen d’éviter Sarkozy. Résumons les choses d’un mot : pour la gauche, Sarkozy et Bayrou, c’est blanc bonnet, bonnet blanc. Mais les socialistes sont convaincus – et ils n’ont pas tort – que Sarkozy risque de réussir et que Bayrou a toutes les chances d’échouer. Dans le fond de leur coeur, comme disent parfois les sondeurs dans leur drôle de langage, les socialistes ont déjà fait une croix sur 2007 : ils se mettent à penser à 2012. Et ils se disent que Bayrou sera moins dangereux pour eux que Nicolas Sarkozy. De là à sacrifier Royal, il n’y a, pour eux, qu’un pas. Mais il est dur à franchir.
Cruel dilemme pour les socialistes ! Faut-il dès à présent, dès le premier tour, pour faire pièce à Sarkozy, ennemi juré de la gauche, abandonner Royal, qui est à gauche, en faveur de Bayrou, qui est à droite, mais qui peut battre Sarkozy ? Ou faut- il s’accrocher à Ségolène, qui sera battue, mais qui, au moins, est socialiste ? Les dieux en veulent à la gauche : en 2002, c’était amer, il a fallu voter Chirac pour écarter Le Pen. En 2007, rebelote : faudra-t-il voter Bayrou pour écarter Sarkozy ?

Au second tour, le problème ne se posera pas, ou à peine : si Bayrou passe le premier tour, la gauche, pour essayer de sauver ce qui pourra être sauvé, votera Bayrou contre Sarkozy. Mais au premier tour ? Faut- il, avant même la bataille, sacrifier Ségolène la socialiste à Bayrou qui, de sa vie, n’a jamais été de gauche ? Chacun voit où, aux yeux des socialistes et de la gauche désemparée, la France en est tombée : pour la deuxième fois en cinq ans, la gauche risque d’être éliminée, dès le premier tour, au profit de la droite.

La chance de Bayrou, c’est que chacun sait qu’il sera faible et que, s’il est élu, son succès échouera. Avec Bayrou, l’espérance des socialistes, ce n’est plus le triomphe du socialisme : c’est un chaos de cinq ans – ou peut- être moins –, mais qui préserverait au moins l’essentiel à leurs yeux, c’est- à- dire les chances d’un retour futur du socialisme au pouvoir. Le coeur écorché, mais le coeur léger, les socialistes peuvent être tentés de faire le choix de la politique du pire.

À droite et à gauche, personne n’en doute : l’élection de Bayrou, ce serait l’immobilisme et l’impuissance à coup sûr. Sous couvert de changement, ce serait le retour à la IVème République. Chacun sait que les réformes sont indispensables. Coincé entre des exigences opposées et contradictoires, François Bayrou ne pourra en faire aucune. Voter pour Bayrou, ce serait s’imaginer que les adversaires d’hier s’embrasseront demain, que tous les antagonismes s’évanouiront. Ce serait le type même de ces conduites magiques qui mènent à toutes les désillusions.

 * De l’Académie française.

Source : Le Figaro 

Commentaires

oui bravo bayrou au 1er tour,sarko,terminé.bien vu.il n'avait quà aider nda au parrainages.et non lepen comme le conseiller général de 76 ,fils de lecanuet parti à l'ump et qui signe lepen comme con c'est le chef,et ses parents etait en camps de concentration,lui à la défense passive,la prochaine manifestation de honte il sera absent, sénile les vieux,ils vont nous remettre une guerre.

Écrit par : evidence | 05/04/2007

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