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28/05/2007

Giscard, Chirac, Pasqua : les trois styles de Nicolas Sarkozy

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Sarkozy : la synthèse de trois styles

Publiée le 28 mai 2007 dans Le Figaro

La chronique d’Alain-Gérard Slama

D’après une enquête réalisée par OpinionWay pour Le Figaro et LCI, dont les résultats ont été publiés dans nos éditions de vendredi, le «style» Sarkozy correspond aux attentes de 70% des Français. Une très forte majorité le juge «dynamique, moderne, décontracté». 87% estiment nouvelle sa manière d’exercer ses fonctions. Ce qui plaît le plus dans ses initiatives, ce sont les signes de proximité avec le peuple – visite d’un hôpital à Dunkerque, déjeuner à la cantine d’EADS, lecture de la lettre de Guy Môquet. Sa volonté d’agir vite recueille 67% d’approbations.

En revanche, le voyage à Malte, ou le jogging avec François Fillon ne conviennent qu’à un tiers des personnes interrogées – mais laissent indifférente près de la moitié. De même, la photo officielle du président déçoit: sur fond de livres et jouxtant les drapeaux français et européen, la posture du nouvel élu surprend par sa distance. On ne saurait mieux dire: si la personnalité de l’hôte actuel de l’Élysée a suscité une telle surprise, c’est bien qu’il ne s’enferme pas dans un style, mais qu’il en a plusieurs. Deux de ses références, relevées par le sondage, sont évidentes. La première est l’énergie de Chirac, sa suractivité, sa chaleur de tribun, sa proximité avec les foules. De Chirac, Nicolas Sarkozy ne partage certes pas le goût du secret de la vie privée et l’horreur de la confidence personnelle: époque oblige. Mais il tient à entretenir, comme lui, un certain mystère autour de l’exercice de la fonction. Le danger de la référence à l’activisme chiraquien, qui force, pour l’heure, l’admiration, pourrait devenir réel si l’héritier devait apparaître, lui aussi, moins efficace dans l’exercice du pouvoir que dans l’art de le conquérir.

L ’autre source possible du style Sarkozy est le goût giscardien de l’ouverture, mais d’une ouverture destinée à étouffer les rivaux. C’est aussi le culte giscardien de la modernité, également adapté au goût du jour – la fréquentation des milliardaires et le partage des cantines remplaçant les chasses africaines, les dîners en ville chez les Français, le port du pull-over ou la partie d’accordéon. Ce n’est pas la dimension du nouveau président la mieux reçue. Mais elle passe. Elle témoigne d’un caractère qui s’assume, tout en faisant l’objet des mêmes critiques qu’il y a plus de trente ans. On retrouve aujourd’hui à son propos le même soupçon de copier le modèle américain – symbolisé, au temps de Giscard, par Kennedy – et les mêmes sourires de dérision. Il est difficile de ne pas évoquer, à propos des joggings présidentiels, la page affectueuse et drôle consacrée par Kundera, dans L’Immortalité , au petit accident cardiaque dont fut frappé Jimmy Carter alors que celui-ci voulait prouver son éternelle jeunesse en courant «entouré d’un groupe de collaborateurs, d’entraîneurs et de gorilles».

On se doute que la combinaison de ces deux modèles ne frapperait pas autant les imaginations si elle n’était associée à une troisième. Cette troisième référence, qui donne à l’image du nouvel élu sa vérité, la publication toute récente des souvenirs de Charles Pasqua nous permet de la découvrir (1). Frappantes sont en effet les analogies entre le nouveau président et celui qui fut le ministre de l’Intérieur de Jacques Chirac, caractère trempé, maître sans états d’âme du découpage électoral lors de la première cohabitation de 1986-1988, après avoir fait la carrière du fondateur du RPR sous et contre Giscard. Ce n’est pas un hasard si, en 1975, Charles Pasqua fit faire ses premières armes à un très jeune et très brillant militant, qui devait lui succéder à la mairie de Neuilly, et qui se nommait Nicolas Sarkozy.

De Pasqua, Sarkozy a eu la sagesse de ne pas retenir le gaullisme intransigeant qui aurait conduit Chirac à sortir de la majorité présidentielle sous Giscard, puis à refuser la cohabitation sous Mitterrand, si le fondateur du RPR avait écouté son mentor. Il est plus proche du légitimisme institutionnel chiraquien. Mais il [Sarkozy] a conservé du vieux briscard [Pasqua] trois traits marquants. Le premier est sa définition du gaullisme, «tout à la fois populaire et bourgeois, demandeur d’ordre et de justice sociale, frondeur et conservateur» (p. 69). Le paradoxe est que les discours et les actes de Nicolas Sarkozy qui renouent le plus étroitement avec cette définition, soient ceux qui donnent aujourd’hui la plus forte impression de rompre avec le passé.

Autre élément de l’héritage, la conception entrepreneuriale de la politique, dirigée contre la culture des élites énarchiques: «Je suis sûr de pourvoir réussir, écrit l’ancien ministre de l’Intérieur, parce que j’ai appris dans le secteur privé comment structurer une entreprise, fédérer et motiver ses forces».

Enfin, la conjoncture aura permis à Nicolas Sarkozy de mener, vis-à-vis du Front national, la campagne résolument droitière que Pasqua a toujours estimée nécessaire pour vider le parti de Le Pen de sa substance, et à laquelle Jacques Chirac, par prudence et par principe, n’a cessé de s’opposer. La querelle, au sein de la droite modérée, continue de susciter des inquiétudes, que le quinquennat devrait permettre de dissiper.

(1) Charles Pasqua, Ce que je sais. 1. Les Atrides, 1974-1988, Le Seuil

Source : Le Figaro 

Commentaires

Alain-Gérard Slama montre que la rupture de Sarkozy consiste à revenir aux origines et à la vérité du gaullisme, une bonne leçon pour la pensée unique qui veut enfermer Sarkozy dans les frontières étroites de la doite libérale et atlantise !

Écrit par : René | 29/05/2007

bien ... vous croyez toujours Sarko Gaulliste...

Lisez des livres d'histoire (à moins que ça ne vous intéresse pas comme a dit un des maîtres de votre pensée)...

Après vous osez dire que la pensée unique vient de autres ...

Bientôt Sarko aura été mal traité par l'ensemble des médias lol

Le Gaullisme n'est plus applicable à notre époque étant le changement du milieu éco et social après le choc pétrolier de 73.
Consultez aussi les infos internationales (foxnews, cnn, the herald tribune, washingtonpost ...)... Si M. Sarkozy n'est pas un atlantiste soumis ... bah merde! Il a présenté quand même des excuses à Bush pour l'arrogance de la France ..!

Sérieux, lisez des livres d'histoire ou allez à la fac une fois par semaine pour suivre en auditeur libre un cour de vie politique ...

ça vous aidera je pense

Écrit par : libérosocial | 30/05/2007

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