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07/06/2007

Pas de girouette au perchoir !

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b7/Rooster_Weather_Vane.jpg/200px-Rooster_Weather_Vane.jpg Bernard Accoyer prône un large débat sur la proportionnelle

Après s'être prononcé contre toute forme de proportionnelle dans une tribune publiée mercredi, Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, a publié jeudi un rectificatif dans lequel il prône un large débat sur la question.

Voici le texte contre la proportionnelle :

Les dangers de la proportionnelle, par Bernard Accoyer

Tribune du président du groupe UMP de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer:

 

"La proportionnelle, si elle paraît séduisante pour son ouverture à de nombreuses sensibilités, porte en elle le risque de confusion et de paralysie des institutions démocratiques, en empêchant les électeurs de désigner clairement leurs gouvernants.

Le scrutin proportionnel est celui du régime des partis, ainsi que l’a démontré l’histoire de la Quatrième République, régime des assemblées instables, des partis-charnières, des gouvernements à durée de vie limitée. Le destin d’un pays est laissé à la discrétion d’accords d’état-major, pouvant déboucher, après les élections, sur les coalitions les plus improbables, les plus éphémères, incompréhensibles pour les électeurs.

La proportionnelle tend, en outre, à gonfler mécaniquement la représentation des extrêmes.

La proportionnelle institutionnalise les divisions de la société en encourageant l’expression des intérêts catégoriels ou communautaristes. Or, une élection n’est pas un sondage d’opinion.

Autre proposition avancée, qui doit être débattue, elle aussi, de manière approfondie, celle qui consisterait à instiller, pour employer le terme que l’on utilise lorsque l’on parle de poison, une petite dose de proportionnelle dans notre mode de scrutin, sans remettre en cause le fait majoritaire.

Recourir à une faible dose de proportionnelle reviendrait à diviser la représentation nationale en deux catégories de députés. Or, il ne peut y avoir, d’un côté, les députés du terrain s’occupant des Français, directement responsables devant les électeurs et, de l’autre, ceux des fauteuils rouges de l’hémicycle, choisis par les appareils partisans pour figurer sur la liste des élus à la proportionnelle et investis du pouvoir de faire la loi. Chacun d’entre nous, législateur potentiel, doit conserver un lien direct avec les Français.

Ainsi, la proportionnelle à forte ou à faible dose, loin de rapprocher les Français de leurs élus, creuserait encore davantage le fossé préjudiciable à notre démocratie, que le personnel politique n’a pas su empêcher."

 

Rectificatif envoyé par Bernard Accoyer le 07/06/2007 à 10h53, après la publication ce jeudi dans Le Figaro d'une interview de Nicolas Sarkozy qui déclare vouloir discuter de l'introduction d'une "dose minoritaire" de proportionnelle aux législatives:

"Le débat sur le mode de scrutin est un débat ancien dans notre pays. Il s’agit de trouver un mode de scrutin qui garantisse à la fois une majorité claire pour soutenir le gouvernement et assurer la représentation au Parlement de tous les grands courants de la vie politique. Dans le cadre du débat sur l’ouverture, décidé par le Président de la République, Nicolas Sarkozy, la concertation doit être la plus large possible sur ce thème et toutes les pistes être sérieusement étudiées."

 

Ma réaction :

Ce comportement est indigne de la part d'un homme qui veut devenir le 4ème personnage de l'Etat, il incarne à lui seul l'affaiblissement du Parlement au sein de nos institutions que certains décrivent -dont les partisans d'une forte dose de proportionnelle-. En effet, s'il existe un affaiblissement du Parlement, il n'est pas dû à l'absence de proportionnelle mais à l'absence de courage des parlementaires qui doivent être avant tout être fidèles à leur engagement et obéir à leur conscience. Il est simple d'affirmer que les institutions de la Vème République sont la cause de l'affaiblissement du Parlement alors que se sont les parlementaires qui limitent eux-mêmes leur pouvoir. Il est simple d'affirmer que les institutions de la Vème République sont la cause de l'affaiblissement du Parlement alors que ce sont les hommes politiques qui défaillent.

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