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18/06/2007

Pierre Messmer : "On assiste au réveil des valeurs patriotiques"

Le Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien. Aujourd'hui, les compagnons de la Libération ne sont plus qu'une soixantaine.Feferberg/AFP

Le devoir de mémoire des compagnons de la Libération

Ces premiers héros de la Résistance commémorent aujourd'hui l'appel du 18 juin et veulent s'organiser pour transmettre leur histoire.  

ILS ÉTAIENT 1 036 en 1946 à avoir été récompensés par le général de Gaulle pour leur dévouement exceptionnel de la première heure face au nazisme. Soixante et un ans plus tard, les compagnons de la Libération ne sont plus que 66, derniers héros vivants de l'élite de la Résistance française. Peut-être en réalité seulement 62, puisque quatre compagnons sont introuvables depuis la fin de la guerre.
 
Cet après-midi, ils ne seront qu'une petite poignée à entourer le président Nicolas Sarkozy lors la cérémonie organisée chaque 18 juin au Mont-Valérien pour commémorer le célèbre appel à ne pas baisser les armes lancé par le général en juin 1940 sur les ondes de la BBC.
 
Avec leur disparition progressive vient le temps d'une question chaque jour plus pressante : comment perpétuer la mémoire de ces hommes qui, selon les mots du général lui-même, se sont « signalés dans cette haute et âpre campagne pour la libération de la France » ?
 
« Au cours du 60e anniversaire de la Libération, nous avons pris conscience que nous assistions peut-être au dernier grand anniversaire avec des témoins directs de la Résistance, raconte le colonel Loïc Le Bastard, secrétaire général de l'ordre de la Libération. Aujourd'hui, la moyenne d'âge des compagnons est de 89 ans. Il est fondamental de mettre tout en oeuvre pour conserver la mémoire de leurs actes. »
 
En 1940, le général de Gaulle, qui ne peut décerner la Légion d'honneur, décide de créer une nouvelle distinction pour récompenser ses premiers frères d'arme : l'ordre de la Libération est né. En plus des 1 036 hommes qui portent la croix de la Libération, dix-huit unités militaires et cinq communes sont elles aussi décorées : Paris, Nantes, Grenoble, Vassieux-en-Vercors et l'île de Sein sont ainsi remerciées pour la force de leur engagement.
 
Aujourd'hui, ces compagnons symboliques sont en passe de devenir les héritiers de l'Ordre. Depuis 1999, un texte de loi fait des cinq communes les nouveaux gardiens du souvenir : ce sont elles qui devront entretenir le flambeau de la mémoire collective. « En choisissant les seuls compagnons éternels, nous nous assurons la conservation de la mémoire », remarque Loïc Le Bastard.
 
Une association pour l'avenir
 
À la mort du dernier chancelier, c'est un secrétaire général nommé par le président de la République qui prendra la tête de l'Ordre. Un Conseil national des communes, présidé par les maires en exercice des villes, prendra la place du Conseil de l'ordre actuellement composé d'une quinzaine de compagnons. Depuis 1981, une association formée par les cinq villes, qui se réunit une fois par an, a été créée pour préparer l'avenir. « Nous avons particulièrement dynamisé cette réunion depuis 20 ans, pour que les communes se connaissent, et développent un lien authentique », précise le secrétaire général.
 
En attendant, les actions se multiplient pour transmettre aux jeunes générations les récits de leurs glorieux ancêtres. « Nous saisissons toute occasion pour en parler », insiste Vladimir Trouplin, conservateur du Musée de l'ordre. Chaque année, une quarantaine de classes viennent visiter les lieux, découvrant pêle-mêle les 80 décorations du général de Gaulle, le seul costume de Jean Moulin encore existant ou les carnets des aviateurs résistants. « Plutôt que de se cantonner à raconter des histoires de héros, nous essayons d'inculquer aux jeunes la notion de résistance et de les convaincre de son bien-fondé », explique le conservateur. Des conférences sont organisées dans les écoles où les résistants témoignent devant les écoliers. Un concours organisé par la Fondation de la Résistance plonge des élèves dans les glorieux faits d'armes de leurs aînés.  

Enfin, depuis des années, rues et place sont rebaptisées pour marquer les villes d'une trace éternelle. Deux compagnons vont ainsi être prochainement honorés : une allée Jean-Pierre Levy va être bientôt inaugurée à Strasbourg et une place parisienne devrait pendre le nom du général Simon.

Pierre Messmer : On assiste au réveil des valeurs patriotiques 

Chancelier de l'ordre de la Libération depuis 2006, l'ancien Premier ministre revient sur la nécessité de transmettre aux nouvelles générations l'idée de résistance. 

Premier ministre, de 1972 à 1974, sous Pompidou, l'académicien Pierre Messmer est l'un des premiers à avoir rejoint la France libre en 1940. Successivement président de l'Institut Charles-de-Gaulle (1992-1995) puis de la Fondation Charles-de-Gaulle (1995-1998), le résistant de la première heure, décoré de la croix de la Libération dès 1941, explique sa conception du patriotisme.

LE FIGARO.- Que souhaitez-vous transmettre aux jeunes générations ? 

Pierre MESSMER.- S'il ne s'agissait que de garder des archives historiques, la chose n'aurait pas grand intérêt. Ce qui est fondamental, c'est de conserver en mémoire tous ces femmes et ces hommes qui, en 1940, ont résisté à l'ennemi qui occupait la France. La transmission de ce souvenir doit apprendre aux générations présentes et à venir qu'on ne doit jamais capituler, qu'il faut aimer sa patrie. La croix de la Libération est d'ailleurs frappée d'une formule latine significative. Patriam servando, victoriam tulit : en servant sa patrie, on remporte la victoire.
 
Croyez-vous que ces valeurs survivront à la disparition des compagnons ?
 
Oui, car je crois en la France. Dans les moments difficiles, on a toujours trouvé des hommes et des femmes qui prennent toutes leurs responsabilités. Sans aucun doute, on assiste à l'heure actuelle au réveil de ces valeurs. La campagne présidentielle en a d'ailleurs été la démonstration. Les deux candidats en lice ont tous deux mis en avant l'importance de la République, du drapeau français, de l'identité nationale... La volonté du nouveau président Nicolas Sarkozy de faire lire la lettre de Guy Môquet pour son intronisation montre qu'au-delà de l'évocation du passé, ces idées ont toute leur place dans l'avenir.L'ordre de la Libération a également un rôle à jouer : par texte de loi, la mission de transmission de la mémoire a été confiée aux cinq communes compagnons de la Libération. Elles deviennent donc les héritières de ce souvenir, après la disparition des compagnons.
 
Quel souvenir aimeriez-vous qu'on garde de vous en tant que résistant ?

Je garde évidemment de nombreux souvenirs de cette période. Prendre la décision de quitter la France pour rejoindre le général de Gaulle est évidemment l'un des plus importants. Embarquer clandestinement à trois ou quatre hommes dans un cargo italien de 10 000 tonnes, puis réussir à le détourner vers Gibraltar pour gagner l'Angleterre marque une vie.

Commentaires

@Rémy

Pour la politique d'aujourd'hui, je ne suis pas dupe du SARKOSYSME.

Mais néanmoins, j'ai accompli aujourd'hui mon devoir de mémoire personnel sur cet appel à l'espérance et au combat que lança le Général de Gaulle au français et non pas à la droite française et qui fût entendu en France et au delà.

Voici 2 sites que vous connaissez peut-être, qui évoque ce dont parle MESSMER.

Le site officiel de la France Libre
http://www.france-libre.net/index.htm

Le site d'un des fils d'un Français Libre très bien animé
http://www.francaislibres.net/

Écrit par : PHG | 18/06/2007

Je sais que le général de Gaulle lançait un appel à tous les français, mais cela ne m'empêche tt de même pas de soutenir Sarkozy et d'ête gaulliste, d'ailleurs Sarkozy ne se réclame plus de la droite comme il a pu le faire, il se réclame avant tout de la France chose que ne font pas les socialistes.

Écrit par : Rémy | 18/06/2007

Les commentaires sont fermés.