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07/07/2007

Villepin : « Je n'accepterai pas d'être un bouc émissaire »

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L'ex Premier ministre « dément formellement avoir pris quelque initiative que ce soit, ni en direction du juge Van Ruymbeke, ni en faveur de Imad Lahoud ».

- Comment avez-vous vécu ces deux perquisitions en moins de 24 heures ?

- Je suis stupéfait et indigné de voir qu'on peut instruire le procès de quelqu'un dans les médias alors qu'il n'a même pas accès au dossier. Les attaques dont je suis victime sont d'autant plus insupportables qu'elles sont alimentées par des violations sélectives, orientées et répétées du secret de l'instruction. J'ai toujours agi en pleine transparence vis-à-vis de la justice. En répondant en tant que témoin pendant 17 heures à toutes les questions des magistrats, j'ai montré que je n'entendais pas me dérober. Je ne réclame aucun traitement particulier. Seulement le respect des droits élémentaires de tout citoyen. Or, ces derniers jours, ces droits sont bafoués.
Trois ans après les faits, est-il vraiment utile de perquisitionner mon domicile, poser des scellés dans mon bureau, tout cela en mon absence, pour saisir les quelques documents que j'aurais mis spontanément à disposition de la justice si cela m'avait été demandé ?

- N'est-il pas normal que les juges cherchent à établir la vérité ?

- On veut à tout prix présenter cette affaire comme un règlement de comptes politique. Mais je le redis : à aucun moment je n'ai demandé à qui que ce soit d'enquêter sur des personnalités politiques, encore moins de les compromettre. Au contraire, les demandes d'évaluation que j'ai faites dans le cadre de mes fonctions de ministre des Affaires étrangères et de ministre de l'Intérieur, témoignent de mon souci de discrétion et de prudence. Toutes ces évaluations n'ont d'ailleurs rien donné.
L'origine de cette affaire, ce sont des rivalités industrielles et financières. Je comprends bien qu'il soit plus intéressant de se concentrer exclusivement sur de soi-disant rivalités politiques. Mais ce n'est pas le sujet et cela ne l'a jamais été. Comment passe-t-on d'un dossier économique à un dossier politique ? Il y a là un mystère. A force de s'acharner contre moi, on s'éloigne de la vérité.

- Alors selon vous, le général Rondot ment ?

- Je démens formellement avoir pris quelque initiative que ce soit, ni en direction du juge van Ruymbeke, ni en faveur de Imad Lahoud que je n'ai jamais rencontré. Comment peut-on instruire une affaire à partir d'éléments approximatifs, parcellaires, parfois contradictoires ? Je suis bien placé pour savoir que je n'ai jamais tenu les propos rapportés aujourd'hui par la presse. On ne cesse de citer le général Rondot : mais je note qu'il n'aurait été que très rarement le témoin des faits ou des citations qu'il mentionne. Il fait état de confidences de la part d'acteurs de ce dossier, mais il ne les a pas recueillies lui-même. De simples rumeurs, on fait des preuves. Dans ce contexte, comment peut-on considérer comme des preuves fiables ces éléments informatiques ? Je serais curieux de connaître les raisons ou les motivations qui poussent certains à présenter une version des faits qui sert probablement leurs intérêts, mais certainement pas la vérité.

- Qu'allez-vous faire maintenant ?

- Je suis tout à fait serein sur ce dossier. Je vais bien évidemment me battre pour la vérité. Je n'accepterai pas d'être un bouc émissaire, ce serait trop facile.

Propos recueillis par Laïd SAMMARI de l’Est Républicain

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