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Le retour de Dominique de Villepin !

 

Dominique de Villepin était lundi soir l'invité du journal télévisé de TF1.

Il s'est exprimé sur sa récente mise en examen dans le dossier Clearstream. "Je répondrai à toutes les questions. Je n'ai rien a cacher" a-t-il déclaré, se disant victime d'une "injustice".

"J'ai agi comme ministre des Affaires étrangères et comme ministre de l'Intérieur", a assuré M. de Villepin. "Je ne saisirai pas la Cour de justice de la République, bien que j'aie agi dans le cadre de mes fonctions, parce que j'estime que je suis comme n'importe quel citoyen, comme un citoyen ordinaire et à partir de là je répondrais à toutes les questions qui me seront posées, comme je l'ai fait au mois de décembre", a-t-il déclaré.

"Je répondrai à toutes les questions qui me seront posées", a-t-il assuré. "Je n'ai rien à cacher mais je veux surtout que la justice puisse agir rapidement (...) Ce que je peux vous dire c'est que la vérité apparaîtra et que la lecture politique, l'hypothèse d'une lecture politique apparaîtra comme fausse", a-t-il insisté.

Visiblement très marqué par cette affaire, le Premier ministre a confessé que l'enquête avait laissé des traces dans son entourage. "J'ai consacré trente ans de ma vie au service de mon pays. Aujourd'hui, je vis la suspicion et ma famille, mes proches en souffrent", a expliqué Dominique de Villepin, évoquant les perquisitions à son domicile.

"Quand on subit une perquisition à son domicile, quand un assistant subit une perquisition chez lui, son enfant (subit) de la même façon, quand on soulève le matelas de vos enfants, quand on fouille dans leurs ordinateurs, quand on fouille dans leurs placards, eh bien je ne suis pas sûr que tout cela soit justifié", a-t-il dit.

"Je ne me plaindrai jamais mais je me pose la question : pourquoi cet acharnement, pourquoi suis-je dans cette affaire victime d'une telle injustice", a demandé Dominique de Villepin qui s'est dit animé "d'une certaine rage".

"Dans cette affaire, on me fait un procès d'intention politique, à partir d'éléments que l'on suppose que j'ai connus, que l'on suppose que j'ai eus en main et que je n'ai pas eus en main", a estimé Dominique de Villepin, interrogé sur une éventuelle volonté de nuire à son collègue au gouvernement Nicolas Sarkozy, dont le nom apparaissait dans les listings falsifiés de l'affaire Clearstream.

"Dans ma démarche, il n'y pas d'ambition personnelle, et je trouve quelque peu piquant qu'aujourd'hui on veuille me présenter comme quelqu'un qui a voulu éliminer un soi-disant rival, sachant justement que je n'ai jamais fait preuve d'ambition personnelle en matière politique", a-t-il affirmé.

Lors de son interview sur TF1, Dominique de Villepin est revenu sur les cent jours de Nicolas Sarkozy et affirmé que la solution en Irak passait par un retrait des troupes américaines.

"Je pense que la volonté et l'énergie qui sont mises en avant par Nicolas Sarkozy sont nécessaires à notre pays (mais) notre pays ne peut se satisfaire d'un état de grâce politique. Il faut que cet état de grâce puisse s'appuyer sur des résultats", a-t-il déclaré.

Au cours de son entretien avec Patrick Poivre d'Arvor, Dominique de Villepin a livré son point de vue sur les "cent jours" de Nicolas Sarkozy. "La volonté du chef de l'Etat est nécessaire au pays, mais la confiance que lui accordent les Français doit maintenant être transformée en résultats", a-t-il martelé. "Il y l'énergie du président, mais je souhaite que le gouvernement et la majorité apportent aussi leur contribution. Aujourd'hui, il n'y a pas d'opposition capable de faire des propositions. Et bien, c'est à la majorité de jouer ce rôle", a-t-il estimé.

L'ancien premier ministre a ajouté que la majorité présidentielle "ne doit pas s'endormir sur ses lauriers" et sur "un état de grâce qui est aujourd'hui présent mais qui ne s'appuie pas encore sur des résultats".

L'ancien ministre des Affaires étrangères, qui avait défendu à l'Onu l'opposition de la France à l'intervention militaire en Irak, a également estimé comme "une bonne chose" que la France veuille "affirmer sa solidarité vis-à-vis du peuple irakien" et "contribuer au retour de l'ordre et de la paix". Mais, a-t-il poursuivi, "il y a deux conditions préalables : un vrai gouvernement de réconciliation nationale en Irak, ce n'est pas le cas aujourd'hui, et un véritable calendrier de retrait des troupes américaines".

"Aller en Irak, pourquoi pas, mais faisons-le avec clarté en posant les exigences. Tout ce qui peut être en cette période perçu comme un élément de soumission vis-à-vis de l'administration Bush est un mauvais signal et un mauvais service à rendre à l'Amérique et à la communauté internationale", a conclu l'ancien Premier ministre.

Dominique de Villepin a prévenu mercredi qu'il entendait "dire ce qu'il pense" de la politique conduite par la majorité présidentielle, car "le pouvoir a besoin d'être alimenté, irrigué, nourri de propositions".

"Pour avancer, il faut des débats, il faut une capacité de se remettre en question", a dit l'ancien Premier ministre sur RTL, en soulignant la "menace permanente, autour du pouvoir, d'isolement, de courtisanerie".

M. de Villepin, critiqué par l'UMP pour avoir souligné lundi la nécessité de "résultats", a prévenu : "J'entends dire ce que je pense, parce que ce que j'ai vécu doit pouvoir servir à ceux qui sont aujourd'hui en responsabilité pour faire mieux".

L'ancien chef du gouvernement a rappelé avoir "fait baisser le chômage de deux points en deux ans". "Je ne souhaite qu'une chose, qu'on le baisse de quatre points dans les deux prochaines années", a-t-il dit.

Revenant sur la censure du Conseil constitutionnel d'une des dispositions fiscales sur les intérêts d'emprunts immobiliers, M. de Villepin a expliqué que la haute juridiction n'avait fait qu'appliquer "le principe incontournable de non rétroactivité des lois".

"On ne peut pas faire reproche à Jean-Louis Debré et au Conseil constitutionnel de faire respecter la Constitution. Le gouvernement a eu une bonne intention (...) On doit promettre des choses aux Français, mais ces choses doivent être réalisables", a-t-il fait valoir.

Mis en examen dans l'affaire Clearstream, l'ancien Premier ministre a estimé à nouveau que ce dossier était une "construction" et s'est défendu d'avoir cherché à nuire à Nicolas Sarkozy, alors son rival pour l'élection présidentielle.

"Ce dossier n'est pas un dossier de rivalité politique, c'est une construction", a-t-il déclaré en réfutant la thèse de la machination destinée à nuire à son rival pour l'élection présidentielle Nicolas Sarkozy.

M. de Villepin a en outre confirmé qu'il ne demanderait pas à être jugé par la Cour de justice de la République (CJR). "Je ne revendique aucun privilège, aucun avantage (...) on me demande de répondre à la justice, je réponds", a-t-il dit.

"Ce que je veux c'est que la vérité apparaisse rapidement. Je suis blessé dans cette affaire, blessé par ce que j'estime être un acharnement inutile. Quand on s'en prend à ma famille, quand on s'en prend à mes enfants, cela me blesse", a-t-il ajouté.

Dans l'affaire Clearstream, selon l'ancien chef du gouvernement, "une thèse s'est imposée à l'automne 2004, qui n'avait rien à voir avec le sujet qui était une affaire industrielle et internationale. Cette thèse (celle de la machination politique, ndlr) s'est imposée au point d'imprimer l'instruction judiciaire".

"Quand on sort des procès verbaux d'audition tronqués, quand on sort des pièces d'un dossier, des éléments de perquisition isolés de leur contexte on peut faire dire n'importe quoi", a-t-il estimé avant d'ajouter : "Tout cela est mis au service d'une accusation contre moi, je le dis c'est faux et c'est injuste. Il n'y a pas en justice une thèse qui préexiste à la vérité".

L'ancien Premier ministre était invité sur RTL pour parler de son second livre sur Napoléon, "Le Soleil noir de la puissance, 1796-1807", dans lequel il décrit notamment l'ascension vers le pouvoir de Bonaparte.

 

Sources: Agence France Presse, Reuters et TF1

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