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  • Le Gaullisme

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    Par Alain Juppé

    Mort de Pierre Messmer.

    Quand je prononce le nom de Pierre Messmer, c'est le mot de droiture qui, spontanément, me vient à l'esprit: homme droit physiquement, moralement, politiquement.

    Pour moi qui suis venu à l'engagement politique par et dans le gaullisme, Messmer, c'est aussi l'Histoire et la fidélité: fidélité à l'homme du 18 juin qu'il avait rejoint le jour même, fidélité parfois intransigeante aux idées et à l'action du Général avant, pendant, après sa traversée du désert.

    Souvent de jeunes interlocuteurs, militants ou non, m'interrogent: "Le gaullisme, qu'est-ce que ce mot peut encore signifier pour nos générations?"
    Je me suis moi-même questionné et, finalement, j'en reviens toujours à deux principes fondamentaux qui ne constituent certes pas un programme ni une doctrine, mais tout simplement deux principes de vie politique: patriotisme et humanisme.
    Amour de la France, amour de la patrie dont De Gaulle a bien montré la profonde différence d'avec les idéologies nationalistes.
    Respect de la personne humaine dont la dignité et l'épanouissement est l'objet et la fin de l'action politique.
    Ce n'est d'aujourd'hui qu'on essaie de dépasser le clivage droite/gauche: c'est la discipline que De Gaulle, au nom de l'intérêt supérieur de la France, s'est toujours imposée.

  • Le retour de Dominique de Villepin !

     

    Dominique de Villepin était lundi soir l'invité du journal télévisé de TF1.

    Il s'est exprimé sur sa récente mise en examen dans le dossier Clearstream. "Je répondrai à toutes les questions. Je n'ai rien a cacher" a-t-il déclaré, se disant victime d'une "injustice".

    "J'ai agi comme ministre des Affaires étrangères et comme ministre de l'Intérieur", a assuré M. de Villepin. "Je ne saisirai pas la Cour de justice de la République, bien que j'aie agi dans le cadre de mes fonctions, parce que j'estime que je suis comme n'importe quel citoyen, comme un citoyen ordinaire et à partir de là je répondrais à toutes les questions qui me seront posées, comme je l'ai fait au mois de décembre", a-t-il déclaré.

    "Je répondrai à toutes les questions qui me seront posées", a-t-il assuré. "Je n'ai rien à cacher mais je veux surtout que la justice puisse agir rapidement (...) Ce que je peux vous dire c'est que la vérité apparaîtra et que la lecture politique, l'hypothèse d'une lecture politique apparaîtra comme fausse", a-t-il insisté.

    Visiblement très marqué par cette affaire, le Premier ministre a confessé que l'enquête avait laissé des traces dans son entourage. "J'ai consacré trente ans de ma vie au service de mon pays. Aujourd'hui, je vis la suspicion et ma famille, mes proches en souffrent", a expliqué Dominique de Villepin, évoquant les perquisitions à son domicile.

    "Quand on subit une perquisition à son domicile, quand un assistant subit une perquisition chez lui, son enfant (subit) de la même façon, quand on soulève le matelas de vos enfants, quand on fouille dans leurs ordinateurs, quand on fouille dans leurs placards, eh bien je ne suis pas sûr que tout cela soit justifié", a-t-il dit.

    "Je ne me plaindrai jamais mais je me pose la question : pourquoi cet acharnement, pourquoi suis-je dans cette affaire victime d'une telle injustice", a demandé Dominique de Villepin qui s'est dit animé "d'une certaine rage".

    "Dans cette affaire, on me fait un procès d'intention politique, à partir d'éléments que l'on suppose que j'ai connus, que l'on suppose que j'ai eus en main et que je n'ai pas eus en main", a estimé Dominique de Villepin, interrogé sur une éventuelle volonté de nuire à son collègue au gouvernement Nicolas Sarkozy, dont le nom apparaissait dans les listings falsifiés de l'affaire Clearstream.

    "Dans ma démarche, il n'y pas d'ambition personnelle, et je trouve quelque peu piquant qu'aujourd'hui on veuille me présenter comme quelqu'un qui a voulu éliminer un soi-disant rival, sachant justement que je n'ai jamais fait preuve d'ambition personnelle en matière politique", a-t-il affirmé.

    Lors de son interview sur TF1, Dominique de Villepin est revenu sur les cent jours de Nicolas Sarkozy et affirmé que la solution en Irak passait par un retrait des troupes américaines.

    "Je pense que la volonté et l'énergie qui sont mises en avant par Nicolas Sarkozy sont nécessaires à notre pays (mais) notre pays ne peut se satisfaire d'un état de grâce politique. Il faut que cet état de grâce puisse s'appuyer sur des résultats", a-t-il déclaré.

    Au cours de son entretien avec Patrick Poivre d'Arvor, Dominique de Villepin a livré son point de vue sur les "cent jours" de Nicolas Sarkozy. "La volonté du chef de l'Etat est nécessaire au pays, mais la confiance que lui accordent les Français doit maintenant être transformée en résultats", a-t-il martelé. "Il y l'énergie du président, mais je souhaite que le gouvernement et la majorité apportent aussi leur contribution. Aujourd'hui, il n'y a pas d'opposition capable de faire des propositions. Et bien, c'est à la majorité de jouer ce rôle", a-t-il estimé.

    L'ancien premier ministre a ajouté que la majorité présidentielle "ne doit pas s'endormir sur ses lauriers" et sur "un état de grâce qui est aujourd'hui présent mais qui ne s'appuie pas encore sur des résultats".

    L'ancien ministre des Affaires étrangères, qui avait défendu à l'Onu l'opposition de la France à l'intervention militaire en Irak, a également estimé comme "une bonne chose" que la France veuille "affirmer sa solidarité vis-à-vis du peuple irakien" et "contribuer au retour de l'ordre et de la paix". Mais, a-t-il poursuivi, "il y a deux conditions préalables : un vrai gouvernement de réconciliation nationale en Irak, ce n'est pas le cas aujourd'hui, et un véritable calendrier de retrait des troupes américaines".

    "Aller en Irak, pourquoi pas, mais faisons-le avec clarté en posant les exigences. Tout ce qui peut être en cette période perçu comme un élément de soumission vis-à-vis de l'administration Bush est un mauvais signal et un mauvais service à rendre à l'Amérique et à la communauté internationale", a conclu l'ancien Premier ministre.

    Dominique de Villepin a prévenu mercredi qu'il entendait "dire ce qu'il pense" de la politique conduite par la majorité présidentielle, car "le pouvoir a besoin d'être alimenté, irrigué, nourri de propositions".

    "Pour avancer, il faut des débats, il faut une capacité de se remettre en question", a dit l'ancien Premier ministre sur RTL, en soulignant la "menace permanente, autour du pouvoir, d'isolement, de courtisanerie".

    M. de Villepin, critiqué par l'UMP pour avoir souligné lundi la nécessité de "résultats", a prévenu : "J'entends dire ce que je pense, parce que ce que j'ai vécu doit pouvoir servir à ceux qui sont aujourd'hui en responsabilité pour faire mieux".

    L'ancien chef du gouvernement a rappelé avoir "fait baisser le chômage de deux points en deux ans". "Je ne souhaite qu'une chose, qu'on le baisse de quatre points dans les deux prochaines années", a-t-il dit.

    Revenant sur la censure du Conseil constitutionnel d'une des dispositions fiscales sur les intérêts d'emprunts immobiliers, M. de Villepin a expliqué que la haute juridiction n'avait fait qu'appliquer "le principe incontournable de non rétroactivité des lois".

    "On ne peut pas faire reproche à Jean-Louis Debré et au Conseil constitutionnel de faire respecter la Constitution. Le gouvernement a eu une bonne intention (...) On doit promettre des choses aux Français, mais ces choses doivent être réalisables", a-t-il fait valoir.

    Mis en examen dans l'affaire Clearstream, l'ancien Premier ministre a estimé à nouveau que ce dossier était une "construction" et s'est défendu d'avoir cherché à nuire à Nicolas Sarkozy, alors son rival pour l'élection présidentielle.

    "Ce dossier n'est pas un dossier de rivalité politique, c'est une construction", a-t-il déclaré en réfutant la thèse de la machination destinée à nuire à son rival pour l'élection présidentielle Nicolas Sarkozy.

    M. de Villepin a en outre confirmé qu'il ne demanderait pas à être jugé par la Cour de justice de la République (CJR). "Je ne revendique aucun privilège, aucun avantage (...) on me demande de répondre à la justice, je réponds", a-t-il dit.

    "Ce que je veux c'est que la vérité apparaisse rapidement. Je suis blessé dans cette affaire, blessé par ce que j'estime être un acharnement inutile. Quand on s'en prend à ma famille, quand on s'en prend à mes enfants, cela me blesse", a-t-il ajouté.

    Dans l'affaire Clearstream, selon l'ancien chef du gouvernement, "une thèse s'est imposée à l'automne 2004, qui n'avait rien à voir avec le sujet qui était une affaire industrielle et internationale. Cette thèse (celle de la machination politique, ndlr) s'est imposée au point d'imprimer l'instruction judiciaire".

    "Quand on sort des procès verbaux d'audition tronqués, quand on sort des pièces d'un dossier, des éléments de perquisition isolés de leur contexte on peut faire dire n'importe quoi", a-t-il estimé avant d'ajouter : "Tout cela est mis au service d'une accusation contre moi, je le dis c'est faux et c'est injuste. Il n'y a pas en justice une thèse qui préexiste à la vérité".

    L'ancien Premier ministre était invité sur RTL pour parler de son second livre sur Napoléon, "Le Soleil noir de la puissance, 1796-1807", dans lequel il décrit notamment l'ascension vers le pouvoir de Bonaparte.

     

    Sources: Agence France Presse, Reuters et TF1

  • Pierre Messmer est mort

    Depuis 1989, il s'était éloigné du devant de la scène politique. Il s'était alors tourné vers son propre passé, rédigeant un ouvrage de souvenirs, <I>Après tant de batailles</I>. <BR/>

    IL AVAIT eu un parcours politique hors du commun. Peut-être parce qu'il n'était pas vraiment un homme du sérail et qu'il n'a jamais eu envie de se glisser dans le moule commun et réducteur. Peut-être parce que les circonstances et plus encore les hommes, naturellement poussés aux simplifications, l'avaient habillé d'une autre réputation, celle de l'éternel baroudeur. Pour beaucoup, chez les uns par dérision ou provocation, chez les autres par admiration, Pierre Messmer n'était donc que le « légionnaire » ; évidente injustice consistant à privilégier un seul aspect des carrières d'un homme qui avait su tenir son rang en bien d'autres circonstances.

    Car Pierre Messmer, aux apparences monolithiques, était multiple et complexe. Peut-être même secrètement amusé de ce portrait de lui frisant la caricature, mais qu'il assumait pourtant, avec une lueur égayée au fond d'un regard bleu qui n'était glacial que pour ceux qui se laissaient intimider. 

    Avant de surgir, très tardivement, sur le devant de la scène, Pierre Messmer s'était effectivement distingué dans d'autres domaines, là où il fallait allier le courage physique et la finesse politique. Cela s'apprenait sans doute dans une école depuis longtemps disparue : l'École nationale de la France d'outre-mer, dont il était sorti en 1937, ayant également en poche un doctorat en droit et le diplôme de l'École des langues orientales et, en théorie, une belle carrière devant lui. 

    L'épreuve du feu 

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    En fait, il est encore un jeune sous-lieutenant du contingent au 12e régiment des tirailleurs sénégalais quand éclate la guerre. Et ce sera, dès juin 1940, son passage à Londres et son engagement dans les Forces françaises libres. Le voici entrant dans la légende sans encore le savoir : il est affecté à la 13e demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE).

    Chef de section, puis commandant de compagnie, il est engagé en 1940 dans les expéditions de Dakar puis du Gabon ; en 1941, il fait campagne en Érythrée puis en Syrie ; en 1942 et 1943, c'est la Libye avec Bir Hakeim et El Alamein, deux des plus glorieux combats de la France Libre, puis suit la Tunisie. Après la libération de Paris, aux côtés de la 2e DB, après la campagne de France et la conquête de l'Allemagne, de nouveau avec la 13e DBLE, Pierre Messmer aurait pu, comme tant d'autres compagnons de la Libération, rentrer dans le rang.

    Il n'en est rien ; il va continuer de servir la France, sous un autre uniforme. Son passage à la tête de la mission française à Calcutta est éphémère : en 1945, il reçoit une mission hors du commun, accepte d'être parachuté au Tonkin où il tombe entre les mains du Viêt-minh, s'échappe et rejoint la mission française à Hanoï. Enfin démobilisé, il devient secrétaire général du comité interministériel pour l'Indochine puis, en 1947 et 1948, directeur du cabinet du haut-commissaire de France en Indochine.
     

    L'Africain

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    Une série d'affectations lui permet ensuite de découvrir l'Afrique et de s'imprégner des mentalités et des cultures de ces pays qui, un jour, se sépareront de la France, mais avec lesquels il conservera personnellement des liens privilégiés ; parce que les futurs chefs d'État savent qu'il les a compris, même s'il connaît leurs défauts et les dérives menaçant les anciennes colonies. Le voici commandant du cercle d'Atar (1950-1951) puis gouverneur de la Mauritanie (1952-1954), gouverneur de la Côte d'Ivoire (1954-1956), haut-commissaire au Cameroun (1956-1958) puis en Afrique équatoriale française (1958), enfin haut-commissaire général en Afrique occidentale française (1958-1959). Mais, chemin faisant, il est passé par un cabinet ministériel en 1956, à la France d'outre-mer, dont Gaston Defferre est le ministre. Et là, Pierre Messmer travaille sur une loi-cadre préparant l'évolution de l'Afrique française. Une évolution qui prendra un autre tour avec la naissance, en mai 1958, de la Ve République.

    L'avènement de la Ve République change totalement le cours de sa carrière : on va oublier « l'Africain » pour retrouver « le légionnaire » : il devient ministre des Armées le 6 février 1960, fonction qu'il conservera, d'un gouvernement à l'autre, jusqu'à une autre secousse, celle de Mai 68... qui en fera le député de la Moselle ! Député certes, mais avec une carrière ministérielle à reprendre : les DOM-TOM de 1971 à 1972, avant l'Hôtel Matignon.

    Pierre Messmer - qui, comme beaucoup de gaullistes intransigeants, avait redouté que Jacques Chaban-Delmas et sa « nouvelle société » ne dérapent quelque peu - allait en effet succéder à celui dont tous se méfiaient : Chaban éliminé, c'est Messmer que Georges Pompidou fait monter en première ligne.
     

    Non à l'Élysée
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    Ses amis en viendront très vite à regretter qu'il se connaisse si bien, qu'il mesure ses propres limites, que l'ambition ne l'égare jamais : à la mort de Georges Pompidou, il faut faire bloc pour sauver l'Élysée qui menace d'échapper à la famille gaulliste ; car déjà pointe un certain François Mitterrand. Et il y a beaucoup trop de monde, dans l'autre camp, pour rêver à la succession de Pompidou ; Chaban-Delmas par exemple, ou Valéry Giscard d'Estaing, qui propose son retrait aux gaullistes si tout le monde s'accorde sur un candidat unique, sous-entendu pour barrer la route à Chaban. Et les gaullistes pensent à Pierre Messmer. Il les écoute et refuse ; ils insistent, mais il ne fléchit pas ; ils le harcèlent, mais il ne dira jamais oui. Chaban sera candidat, comme Giscard, comme Mitterrand... Au second tour, Giscard l'emporte sur Mitterrand. Et curieusement, Pierre Messmer ne redeviendra jamais plus ministre.

    L'homme de l'Est se replie sur la Lorraine. Il est heureux d'être député de Moselle depuis 1968, maire de Sarrebourg depuis 1971, président du conseil régional de 1978 à 1980. Il ne quitte pourtant pas la scène politique ; il reste un homme d'influence peu habitué à cacher ses sentiments, ce qui fâche peut-être les amis de Valéry Giscard d'Estaing lorsqu'il annonce, en 1981, que sept ans, ça suffit, et que Giscard a tort de briguer un second mandat. Les insuffisances de la politique sociale et, plus encore, les échecs africains de Giscard sont pour beaucoup dans ce choix. Ceux qui le voyaient se rallier à Debré contre Mitterrand seront également déçus : pour Messmer, le seul candidat méritant d'être soutenu par les gaullistes de tradition s'appelle Jacques Chirac... Il devient donc son directeur de campagne, au PC de la rue de Tilsitt. Et Chirac, plus tard, lui confiera encore une mission : tenir en main le groupe parlementaire RPR du Palais Bourbon.

    Avec une autre présidentielle perdue, en 1988, au terme des deux années de cohabitation, puis avec les législatives également perdues dans la foulée, l'effet boule de neige existant aussi en politique, les contrecoups sont cruels pour Pierre Messmer : en juin 1988, il perd son mandat de député ; l'année suivante, il renonce à défendre sa mairie de Sarrebourg : « Si j'étais élu, j'aurais 79 ans en fin de mandat. Il faut parfois se déterminer par rapport à soi-même. C'est la sagesse qui le veut. »
     

    Discrète éminence grise


    Et sagement, il s'était éloigné. En apparence tout au moins, car il avait toujours ses contacts politiques, toujours ses relations africaines. Avec un fond de tristesse qui ne le quittait jamais plus depuis le décès de son épouse, qui avait tant étonné les journalistes, à l'arrivée de Pierre Messmer à l'Hôtel Matignon, en leur déclarant tout de go : « N'est-ce pas qu'il est beau mon légionnaire... »

    Il était donc devenu une discrète éminence grise pour satisfaire le présent et même l'avenir. Il s'était aussi tourné vers son propre passé, rédigeant un ouvrage de souvenirs, Après tant de batailles, (Albin Michel), ouvrage qui lui avait valu d'être primé par l'Association des écrivains combattants.
     

    Ce sont aussi ses états de service militaires qui allaient lui permettre d'être élu à l'Académie française en 1999, au fauteuil d'un autre gaulliste historique, Maurice Schumann. Également membre de l'Académie des sciences morales et politiques, puis chancelier de l'Institut de France, Pierre Messmer était, depuis longtemps, devenu l'un des gardiens du temple gaulliste : président de l'Institut Charles-de-Gaulle, puis de la Fondation Charles-de-Gaulle, il avait succédé au général de Boissieu, gendre du général de Gaulle, comme chancelier de l'ordre de la Libération, qui est le véritable sanctuaire du gaullisme.

    Pierre Messmer 

    La classe politique française rend hommage à un "serviteur exemplaire de l'Etat"

    Parmi les premières réactions à la mort de l'ancien premier ministre Pierre Messmer, celles de Nicolas Sarkozy et de Jacques Chirac, qui ont rendu hommage à "un homme de devoir" qui a contribué au rayonnement culturel du pays.

    Pour M. Sarkozy, Pierre Messmer aura "incarné la fidélité sans faille au général de Gaulle". "La France vient de perdre l'un de ses plus grands serviteurs et la nation tout entière s'incline pour saluer sa mémoire", a ajouté le chef de l'Etat, dans un communiqué. "Il restera dans la mémoire nationale comme l'un des plus illustres enfants de notre République et de notre pays", ajoute-t-il.

    L'ancien président Jacques Chirac a, quant à lui, célébré"un héros de la France combattante" et "un homme de grande culture au service du rayonnement de la France". L'ancien premier ministre de Georges Pompidou était "un homme d'Etat passionnément engagé pour son pays".

    Le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, a salué "la mémoire de Pierre Messmer, compagnon du général de Gaulle et serviteur exemplaire de l'Etat", tandis que Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, l'a qualifié d'"homme de fidélité, de rectitude et de courage", qui aura été 'un des promoteurs de la force de frappe qui garantit l'indépendance de la France et sa place dans le monde".

    Je me souviens, pour ma part, sur ce blog, avoir rendu hommage à Pierre Messmer et rapporté ses dernières déclarations,  voici l'hommage et la déclaration en question :

    http://pourlafrance.hautetfort.com/archive/2007/06/09/hommage-a-la-resistance-francaise.html

    http://pourlafrance.hautetfort.com/archive/2007/06/18/pierre-messmer-on-assiste-au-reveil-des-valeurs-patriotiques.html

  • Raymond Barre est mort

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    L'ancien Premier ministre Raymond Barre est mort dans la nuit de vendredi à samedi à l'âge de 83 ans à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, où il avait été admis en avril dernier, apprend-on de source familiale.

    L'ex-Premier ministre et ancien maire de Lyon avait été hospitalisé le 12 avril à Paris après avoir été victime d'un malaise cardiaque sur la Côte d'Azur. Il s'était retiré de la vie politique en 2002 pour des raisons de santé. En février dernier, ses propos sur son ancien ministre Maurice Papon et le "lobby juif" avaient provoqué une vive polémique.

    Né le 12 avril 1924 à Saint-Denis, sur l'île de la Réunion, Raymond Barre, qualifié de "meilleur économiste de France", fut Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing de 1976 à 1981 et a incarné la politique de "rigueur."

    Maire de Lyon (1995-2001) et député du Rhône, il avait été en outre candidat malheureux à l'Elysée en 1988, battu au premier tour par François Mitterrand et Jacques Chirac. En 2001, il avait renoncé à se représenter à la mairie de Lyon pour des raisons de santé. L'année suivante, il abandonnait son mandat de député dans sa circonscription du Rhône pour les mêmes raisons.

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    Professeur émérite des universités, cet européen convaincu a été vice-président de la Commission européenne de Bruxelles, chargé des affaires économiques et financières de 1967 à 1973. Professeur agrégé de droit et de sciences économiques à Sciences Po, Raymond Barre avait fait ses premiers pas en politique en 1959 comme chef de cabinet de Jean-Marcel Jeanneney, ministre de l'Industrie et du Commerce du général de Gaulle.

    Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont un manuel d'"Economie politique" (1955 et actualisé en 1988), utilisé par des générations d'étudiants.

    Il avait publié au début de l'année "L'expérience du pouvoir", un livre d'entretien avec le journaliste Jean Bothorel dans lequel il revenait sur sa carrière atypique de professeur d'économie entré sur le tard dans l'arène politique. Il y réglait des comptes avec Jacques Chirac ("Le Chirac humain, chaleureux, je l'apprécie. Pour le reste, je suis incapable de lui reconnaître la moindre conviction, sauf l'obsession du pouvoir"). Il revenait aussi sur sa candidature à l'élection présidentielle de 1988 et sur la nécessité, à ses yeux, de gouverner la France au centre.

    "(...) Je n'aurais eu aucune objection de principe à gouverner avec des socialistes raisonnables, à l'instar de ce que l'on a vu dans d'autres pays européens", y disait-il notamment. "Je crois que notre pays a besoin de cet équilibre, sinon le débat politique se crispe jusqu'à se caricaturer", ajoutait-il.

    "Raymond Barre n'a jamais été, n'a jamais voulu être un homme politique comme les autres. Avant tout grand universitaire de vocation et de tempérament, (...) il a placé au-dessus du reste l'indépendance d'esprit, la compétence et le courage, fût-ce électoralement sacrificiel, fût-ce exprimé avec un brin de provocation", écrivait alors le commentateur Alain Duhamel dans une chronique sur cet ouvrage publié dans l'hebdomadaire Le Point.

    Les réactions des personnalités politiques se multiplient pour rendre hommage à Raymond Barre :
    • Premier à réagir à la mort de son ex-premier ministre, l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing a déclaré samedi matin que «la France vient de perdre un de ses meilleurs serviteurs». «Son action s'inscrivait dans la grande ligne de ceux qui depuis Colbert ont construit la prospérité de notre pays», a déclaré VGE dans un communiqué. «Raymond Barre était un homme d'Etat qui ne poursuivait aucun objectif personnel mais qui cherchait à assurer par une compétence exceptionnelle et un travail acharné le bien être de notre pays», poursuit l'ancien président. «Le milieu politique a eu du mal à comprendre sa démarche solitaire et désintéressée qui était trop éloignée de ses habitudes. Et l'opinion publique n'a réalisé que tardivement qu'il travaillait en réalité pour son bien», ajoute l’ancien chef d’Etat. Valéry Giscard d'Estaing explique que Raymond Barre était pour lui "un compagnon de route", et ajoute: "Quand nous avons quitté le pouvoir ensemble en 1981, la France était malgré les deux chocs pétroliers, dans une situation qu'elle n'a jamais retrouvé depuis: une dette réduite, un déficit budgétaire de 1,1 %, un nombre de chômeurs inférieur à celui d'aujourd'hui".
    • L'ancien président de la République Jacques Chirac a salué ce matin la mémoire de Raymond Barre "un homme politique résolument engagé pour la modernisation du pays et un grand européen". "C'est avec beaucoup de tristesse que Jacques Chirac a appris le décès de Raymond Barre. Avec lui la France perd un grand économiste, un homme politique résolument engagé pour la modernisation du pays et un grand européen", selon un communiqué du bureau de l'ancien chef de l'Etat.
    • Le président Nicolas Sarkozy a salué un "esprit libre et indépendant" et un "personnage à part dans le personnel politique français". "Représentant éminent de l'école française de science économique, il eut la volonté de mettre son savoir au service de la cité, toujours fidèle dans son engagement, à ses convictions européennes, libérales et sociales (..) Son expérience internationale et sa hauteur de vues en ont fait un homme d'Etat qui avait la passion de la France, en même temps qu'un personnage à part dans le personnel politique français", rappelle le chef de l’Etat. "Il a incarné sa vie durant l'exigence intellectuelle et morale dans la conduite de l'action publique", souligne le président de la République, qui a "pris connaissance du décès" de l'ancien premier ministre "avec une grande peine".
    • Le premier ministre François Fillon a salué ce matin la mémoire de Raymond Barre qui "a incarné toutes les facettes de l'homme politique français et porté haut les valeurs d'exigence morale et de rigueur". Dans un communiqué de ses services, François Fillon souligne que "son parcours démontre qu'il n'y a pas d'autre chemin que de dire la vérité aux Français, et de prendre résolument des mesures parfois difficiles". Evoquant son mandat à Matignon entre 1976 et 1981, il note que Raymond Barre "dut mener une courageuse politique d'austérité en réaction aux chocs pétroliers". "Demeuré malgré cela l'un des hommes politiques français les plus respectés et les plus populaires", le chef du gouvernement assure que "les Français n'oublieront pas son esprit indépendant, son courage et sa franchise mis au service de l'intérêt général".
    • Alain Juppé, ancien Premier ministre, maire de Bordeaux, a déclaré: "C'est une personnalité éminente qui disparaît. (...) J'appréciais chez lui sa finesse et un solide bon sens. Je tiens à saluer son courage et à souligner que c'est un homme qui ignorait la démagogie, capable de prendre des décisions impopulaires".
    • La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a, elle, rendu hommage à "l'intransigeance intellectuelle" du "brillant universitaire et homme d'Etat" qu'était l'ancien premier ministre. "Ayant eu la chance d'approcher cet homme d'Etat, de bénéficier de ses avis et de ses conseils, j'ai pu apprécier son intransigeance intellectuelle, sa générosité, son humanité et sa très grande gentillesse", a déclaré la ministre dans un communiqué.
    • François Bayrou, président de l'UDF et fondateur du MoDem, a salué ce matin en Raymond Barre un "homme d'Etat" qui "tenait le cap" et appportait "courage et altitude" au monde politique. "Ce sont beaucoup de souvenirs, beaucoup d'années d'engagement", a-t-il déclaré. "Raymond Barre a été soutenu, admiré, aimé, par beaucoup de Français, parce qu'il était un homme d'État, c'est-à-dire quelqu'un qui mettait l'intérêt général de son pays au-dessus des intérêts particuliers des clans, des partis, ou des hommes. Y compris au-dessus de ses intérêts personnels", a-t-il estimé. "C'est ainsi qu'un lien particulier s'était créé entre les Français et lui. Il inspirait confiance, sa parole était crédible, y compris auprès de ceux qui ne partageaient pas ses idées", a-t-il ajouté
    • L'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin a affirmé que Raymond Barre "restera comme celui qui a incarné la vision gaullienne de la fonction de premier ministre: durer et endurer". "Il a mis son courage, son honnêteté et son désintéressement personnel au service d'une haute idée de la France", a ajouté M. Raffarin dans un communiqué.
    • Michel Noir, maire RPR de Lyon de 1989 à 1995, a salué "l'homme d'Etat, pour qui l'intérêt général du pays prévalait sur les tactiques et les manoeuvres politiciennes", soulignant sa "fidélité à Lyon" et son "indispensable vision internationale".
    • Le sénateur-maire (PS) de Lyon, Gérard Collomb, s'est déclaré "bouleversé" après l'annonce ce matin du décès à Paris de son prédécesseur (1995-2001) et ancien premier ministre, Raymond Barre, avec qui il avait établi des "relations d'estime et d'affection". "C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai appris la mort de Raymond Barre. Nous étions adversaires lors des élections municipales de 1995 mais au fil des rencontres, il s'était tissé entre nous des relations d'estime et je dirai même d'affection", a déclaré M. Collomb. "Quand vous étiez en privé avec lui, c'était quelqu'un d'absolument délicieux. C'est très largement dans son exemple que j'ai trouvé ma propre voie pour construire cette ville".
    • Dominique Perben, député et candidat UMP à la mairie de Lyon aux prochaines élections municipales a souligné dans un communiqué "l'indépendance d'esprit et la lucidité parfois caustique" de l'ancien Premier ministre.
    • Anne-Marie Comparini, ex-députée UDF du Rhône qui a été l'attachée parlementaire de Raymond Barre de 1978 à 1995, puis son adjointe à la mairie de Lyon de 1995 à 2001, a fait part samedi de sa «profonde émotion» à la mort de cet omme «qui aura marqué l'histoire de notre pays dans des domaines très forts». Son ancienne adjointe à la mairie de Lyon a évoqué sur RTL le rôle de l'ancien premier ministre dans l'«ouverture de notre pays sur le monde et une nouvelle économie».
    • La gauche se souvient aussi de l'homme d'Etat indépendant et de l'économiste qui fait autorité. Ainsi l'ancien Premier ministre socialiste Pierre Mauroy, qui loue son "goût de l'indépendance", sa "hauteur de vue" et son "sens aigu de l'Etat". "Le 21 mai 1981, je lui ai succédé comme Premier ministre. Je me souviens avec précision, à l'Hôtel Matignon, d'une passation de pouvoir brève mais très cordiale, bien dans sa manière", écrit le président de la Communauté urbaine de Lille.

    Sources: Reuters et Agence France Presse

     

    Je me souviens, pour ma part, avoir défendu Raymond Barre sur ce blog lorsqu'il fut la cible d'attaques indignes au début du mois de mars dernier, voici ma défense :

    http://pourlafrance.hautetfort.com/archive/2007/03/06/la-cabale-des-bien-pensants.html

  • À 40 ans, la loi sur la participation reste d'actualité

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    Par Pierre Mazeaud,  président de la Fondation Charles de Gaulle, ancien président du Conseil constitutionnel.

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    Il y a quarante ans, le 17 août 1967, le général de Gaulle signait l'ordonnance sur « la participation des salariés aux fruits de l'expansion des entreprises. » Ainsi, en pleine torpeur estivale, était relancé un chantier marqué, jusqu'à aujourd'hui, de nombreux textes de lois et décrets qui ont fait entrer partiellement dans la réalité, y compris dans le Code du travail, un des grands desseins du général de Gaulle.

    Si le mot de participation retrouve une nouvelle actualité en cette année 1967, l'idée est ancienne et continue dans la pensée humaniste du général de Gaulle, inspirée en particulier par sa méfiance envers la « loi d'airain » du capitalisme. Durant la guerre, le rassemblement des Français qu'il prône va de pair avec le double refus de l'injustice sociale et de la lutte des classes. En créant les comités d'entreprise en 1945, il concrétise un des points du programme du Conseil national de la Résistance.

    À la fin des années quarante, à la tête du RPF, dans ses discours du 1er mai à Bagatelle, dans ceux de Saint-Étienne et de Lille, il souligne la nécessité, pour rénover et moderniser le pays, d'associer le capital et le travail. Entre « un capitalisme abusif » et « un communisme écrasant », l'idée est audacieuse, directement inspirée à la fois du socialisme utopique français et du christianisme social. 

    Pour le Général, ce qui est en jeu est la condition morale du salarié dans la civilisation moderne, sa responsabilisation comme partenaire à part entière, « associé » à la gestion et au partage des fruits de l'essor de l'entreprise. La participation dans l'entreprise, il la voit comme une solution concrète pour faire évoluer la condition matérielle et morale des travailleurs, et répondre à la contradiction entre le libéralisme et le socialisme. 

    Son champ d'application est très ambitieux puisqu'il embrasse à la fois les bénéfices, le capital et la gestion, selon un processus qui devrait étendre progressivement le droit des salariés à la propriété des entreprises. Révolutionnaire, puisqu'elle déroge à la logique capitaliste, cette innovation se heurte à des puissants obstacles, le refus des milieux d'affaires conjugué à la contestation de ce que syndicats et forces de gauche appellent la collaboration de classes.

    Au cours de son second septennat, le Général reprend l'idée car le moment est venu, comme il l'affirme dans sa conférence du 16 mai 1967, que « les travailleurs français participent d'une manière organique et en vertu de la loi, aux progrès de l'expansion dès lors que ceux-ci se traduisent en bénéfices ou en enrichissements. » Cette étape nouvelle, qu'il nomme désormais la participation, il va s'attacher à la définir en s'inspirant des propositions « pancapitalistes » du patron polytechnicien Marcel Loichot, puis à la promouvoir pour la faire aboutir.

    En juillet 1965, Louis Vallon, rapporteur général de la commission des finances, introduit dans la loi de finances pour 1966, avec l'accord du Général, un amendement qui oblige le gouvernement à déposer rapidement un projet de loi élargissant les droits des salariés « sur l'accroissement des valeurs d'actif des entreprises dues à l'autofinancement », ceux-ci étant désormais à considérer comme des associés admis au partage des fruits de l'essor des entreprises.  

    Une commission ad hoc est alors installée par le premier ministre et le ministre de l'Économie et des Finances, avec, comme souvent en pareil cas, liberté d'enterrer le projet. Mais le Général ne se laisse pas influencer : en juillet 1967, mécontent du travail de retardement accompli par la commission, il presse le mouvement et impose à Georges Pompidou de préparer d'urgence un texte de loi sur ce sujet. Et la rédaction du texte s'est poursuivie sur les bases voulues par le premier ministre qui, compte tenu de sa fragile majorité parlementaire, le fit passer sous forme d'ordonnance.

    Par cette mesure de 1967, le Général entendait associer la modernisation du pays et sa rénovation sociale sur la base d'équité et de dignité pour un grand nombre de salariés. Il y voyait un essai de conjuguer l'esprit d'entreprise et l'esprit d'association, pour avancer vers ce qu'il appelait « un ordre social nouveau » capable de changer le sort de l'homme « pris dans les engrenages de la société mécanique »

    Par la suite, de Gaulle aurait dit à Louis Vallon : « Il vous faudra reprendre ces textes pour les muscler ! » ; rude tâche face à l'opposition du patronat et des syndicats et au scepticisme d'une partie du gouvernement. Et, en souhaitant « que la participation devienne la règle et le ressort d'une France renouvelée », le général de Gaulle songeait logiquement aux grands chantiers de l'université et de la réforme régionale ouverts en 1968 et 1969. L'échec du référendum de 1969 freinera cette perspective de renouveau.

    Utopie pionnière ou inspiration chrétienne, ou encore, méthode de démocratie participative avant l'heure, le fait est qu'aujourd'hui, après quatre décennies d'efforts législatifs, la participation reste une idée d'actualité, comme en témoigne récemment le rapport remis en avril 2007 au premier ministre par Alain Gournac et Paul Maillard, sur la participation des salariés aux résultats dans les entreprises de moins de 50 salariés. Il n'est donc pas inutile de rendre hommage, aujourd'hui, au rôle précurseur de Charles de Gaulle aussi dans le domaine de la réforme sociale.

  • Les riches détruisent les richesses du monde

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    Aujourd'hui, un tabou général interdit de critiquer les riches et très riches. Mais si la crise s'aggrave, comme il est inévitable, il faudra bien s'en prendre à eux et à leurs comportements gaspilleurs. Ce ne sera pas par un réflexe de type égalitarien, mais par salubrité sociale.

    Dans un courrier publié par la revue scientifique britannique NewScientist du 28 juillet, Victoria Hurth de la Business School de l'université d'Exeter et Peter Welles de l'Université de Cardiff, attirent l'attention sur une question qui devrait devenir essentielle pour nos civilisations confrontées à la majeure crise environnementale et économique qui s'annonce. Il s'agit du poids que prélèvent sur les ressources mondiales, pour leur propre consommation gaspilleuse, l'infime minorité de ceux que l'on désigne en anglais par le qualificatif de High-net-worth individuals HNWIs). Cette catégorie mal définie comprend les « très riches », ceux qui composent la Jet Set internationale. Mais elle comprend aussi les « riches » qui calquent une grande partie de leurs comportements sur les premiers. Ces derniers possèdent des fortunes, hors résidence principale, que l'on peut estimer à 1,5 million de dollars et plus. Leur nombre aurait cru en 2005 de 8,6% sur 2006 et serait d'environ 9,5 millions. Leur pouvoir d'achat annuel aurait augmenté de 11,5% sur le même laps de temps et atteindrait 87 milliards de dollars, soit en moyenne 4 millions de dollars par personne. La plupart se rencontrent dans les pays développés mais un nombre croissant appartient désormais aux pays émergents.

    Que leur reprocher ? Des modes de consommation sans proportion avec la valeur ajoutée éventuelle que leur travail pourrait apporter à la collectivité (beaucoup ne travaillent pas vraiment). Ils utilisent à tout va des avions privés, des voitures de luxe, consomment des quantités anormales de nourritures, coûteuses à produire en terme de bilan carbone. Plus grave peut-être, ils se portent acquéreurs sur les marchés clandestins de tous les biens et espèces vivantes menacées de disparition, précisément parce que celles-ci comporte une valeur marchande et spéculative qui flatte leur vanité.  

    Aujourd'hui, notent les auteurs de la lettre, un tabou général interdit de critiquer les riches et très riches. Mais si la crise s'aggrave, comme il est inévitable, il faudra bien s'en prendre à eux et à leurs façons de vivre. Ce ne sera pas par un réflexe de type égalitarien, mais par salubrité sociale.

    NDLR :  On dira que les ressources mondiales gaspillées par les riches sont faibles comparées aux 1.000 milliards de dollars de dépenses militaires annuelles.  Mais il faut voir que la société étant profondément mimétique, les comportements gaspilleurs des riches sont pris en modèle, à travers les images qu'en donnent les médias, par de nombreuses couches sociales qui s'imaginent, en les imitant, accéder à l'élite. Ainsi se créent des comportements dépensiers de masse, concernant par exemple l'importance donnée à l'automobile, qui s'opposeront le moment venu aux réformes indispensables  des modes de consommation et de production.
     
    Source : site de PanEurope France