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01/09/2007

Dominique de Villepin sur RTL : les coulisses

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Dominique de Villepin, était, mercredi, l'invité de Jean-Michel Aphatie sur RTL, voici les coulisses de l'entrevue. 

Chef du gouvernement durant pratiquement deux ans, il a quitté toute fonction publique après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Son retour est motivé par la publication d'un livre sur Napoléon. Après les Cent jours qui en raconté la chute, il entreprend cette fois d'en décrire l'ascension, entre 1796 et 1807. Le récit est clair et nerveux, s'ouvre sur une saisissante scène de bataille, à Lodi, durant la campagne d'Italie, qui établira le génie militaire de Bonaparte et se poursuit par la description des convulsions dans lesquelles se trouve la France et qui permettent au jeune d'affirmer son génie politique.
Documenté et pénétrant dans ses analyses, le travail de Dominique de Villepin mérite de trouver des lecteurs. Publié aux éditions Perrin, il s'intitule "Le soleil noir de la puissance", un titre qui exprime le pessimisme de l'auteur face à l'action politique, vécue comme une douleur et vouée tout le temps, sinon à l'échec, du moins à l'absence de reconnaissance, ce qui doit sembler bien pire à un égo largement supérieur à la moyenne.

Bien sûr, il faut profiter de la présence de Dominique de Villepin pour évoquer l'actualité.
Depuis le début de la semaine, avec précaution certes mais aussi malignité, il fait des phrases pour se féliciter de l'état de grâce dans lequel vivrait Nicolas Sarkozy mais qui ne s'accompagnerait pas, selon lui, de résultats. Pourquoi tant d'impatience? Comment obtenir en cent jours ce que personne, et notamment pas son prédécesseur a réussi en tant d'années?
En fait, Dominique de Villepin n'est pas impatient. Il est dubitatif. On sent bien qu'il ne livre pas totalement le fond de sa pensée au micro. Il l'a fait davantage lors du petit-déjeuner qui a suivi l'interview.

A l'écouter, d'abord la politique économique choisie manque de clarté. La réforme des heures supplémentaires lui paraît marginale et il ne voit pas ce qui, dans les annonces du nouveau président de la République, peut susciter la confiance auprès des acteurs de l'économie. Il a pointé aussi, dans ce cadre privé, l'écart qui existerait, selon lui, entre une présence médiatique forte et un changement concret. "Regardez le déplacement en Corse, a-t-il notamment dit en montrant les journaux qui étaient devant lui. Il n'y a rien de nouveau dans les propos tenus, rien qui soit de nature à faire évoluer la situation.".
Dans la même veine, il s'et dit inquiet des conséquences que pourrait avoir l'irrespect de la promesse faite par le candidat Sarkozy sur la diminution du nombre de fonctionnaires. De l'engagement de supprimer un poste sur deux lors des départs en retraite, le nouveau pouvoir s'est finalement contenté de n'en supprimer qu'un sur trois. "En agissant ainsi, a dit Dominique de Villepin, on perd sur les deux tableaux. On mécontente les fonctionnaires et on déçoit les électeurs. Au bout du compte, c'st le désenchantement."
Dans ce contexte, a-t-il encore analysé, il faut craindre le phénomène de cour, l'incapacité où se retrouverait le pouvoir, faute d'opposition, faute aussi d'avoir mis en place des structures indépendantes à la tête de l'UMP, à percevoir la réalité d'une opinion publique, à en saisir suffisamment tôt les frustrations et les mécontentements, à s'enfermer ainsi dans une bulle artificielle de satisfaction et de déni de la réalité.

En tout cas, Dominique de Villepin paraît décidé à continuer à faire entendre sa voix dans le débat politique. "Accepteriez-vous de participer  un Grand Jury à l'automne?", lui ai-je demandé. Sa réponse a été claire: "Oui, avec plaisir."

Dernier point, sur Clearstream.
Dominique de Villepin assure avoir toujours agi dans ce dossier dans le cadre de ses fonctions ministérielles. Malgré tout, il accepte de répondre à la justice ordinaire et ne souhaite pas la réunion de la Cour de justice de la République pour instruire le dossier le concernant.
Cette position peut avoir le mérite apparent de la simplicité. Elle ne présente que l'inconvénient de ne pas respecter la Constitution qui attribue, dans son article 68-1, une compétence exclusive à la CJR pour établir la responsabilité des ministres.

Ne pas respecter la Constitution, ou plutôt ne pas en tenir compte quand on est un ancien premier ministre, n'est pas, tout simplement, une bonne démarche.

Jean-Michel Aphatie, RTL 

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