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22/10/2007

Maurice Druon : "pourquoi je lirai cette lettre"

Cette grande figure du gaullisme et de la Résistance sera, aujourd'hui, au lycée Michelet à Paris. 

LE FIGARO. - La lecture de la lettre de Guy Môquet est-elle, selon vous, la meilleure façon de parler aux lycéens de la Résistance ?

Maurice DRUON. - Je ne sais pas si c'est la meilleure, mais c'est en tout cas une très bonne façon de rappeler aux lycéens d'aujourd'hui dans quels temps nous avons vécu. Ce qu'ont été la guerre et l'Occupation. Et de leur rappeler que de très jeunes gens ont été fusillés pour s'être opposés au nazisme.

Comprenez-vous que certains enseignants s'opposent à la lecture de cette lettre ?

Que veulent-ils exprimer en faisant cela ? C'est une lettre d'un garçon d'à peine dix-sept ans qui va mourir pour son pays. Il n'a d'ailleurs pas été le seul. On m'a récemment envoyé une lettre magnifique écrite pendant la guerre par un jeune homme sur le point d'être fusillé. Pourquoi s'y opposer ? Parce qu'il ne faut pas dire que nous avons été occupés de manière infâme ? Il ne faut pas dire qu'il y avait des résistants qui ont combattu cela ? Ou alors, est-ce contre le gouvernement ? Mais les professeurs sont des employés de l'État et ils doivent faire ce que le gouvernement leur demande.

Certains historiens contestent la célébration du martyre de Guy Môquet comme symbole de la Résistance...

Parce que c'est une affaire communiste ? Et alors ! Reportons-nous à l'époque : ce qui était important, c'était de résister. Ce n'était pas de savoir si l'on était communiste ou gaulliste. Il n'est pas inutile de rappeler, de temps en temps, à de très jeunes gens qui l'ont sans doute oublié ou qui ne l'ont jamais su que s'ils vivent aujourd'hui en République, c'est grâce à des garçons comme Guy Môquet.

Vous allez vous-même dans un lycée ce lundi lire le message d'adieu de Guy Môquet. Qu'allez-vous dire à ces lycéens ?

Je vais effectivement au lycée Michelet, à Paris, où j'ai fait mes études. Je ne leur dirai rien d'autre que la réalité : la France est un beau pays qui mérite d'être défendu, jusqu'à la mort.

21/10/2007

Dominique de Villepin : "concentrons-nous sur l'essentiel, concentrons-nous sur la réforme économique et sociale"

Extraits essentiels de l'entretien  :

-Veillons aussi à ne pas nous diviser sur les principes qui doivent fonder la réforme, par exemple sur le cas des tests ADN. Je vois aussi ceux qui veulent bousculer notre politique étrangère ou lancer de grands chantiers institutionnels. Tout ceci ne me paraît pas la priorité, il faut se concentrer sur l’essentiel pour que les français puissent voir, dans leur assiette et dans leur porte-monnaie, la différence.

-Lorsqu’ils (Nicolas Sarkozy et François Fillon) font un paquet fiscal de 15 milliards d’euros en arrivant, ils espèrent que la croissance sera au rendez-vous, ce n’est pas le cas. Dans ce contexte difficile, il faut cibler les réformes sur l’essentiel. 

-Le déficit : il faut être plus attentionnés sur cette exigence de déficit, plus attentionnés pour ce qui concerne le désendettement, parce que c’est l’avenir de nos enfants. En 2 ans, j’avais réduit le déficit de 13 milliards et nous étions passés sous la barre des 3%. (en 2003 le déficit était de 56 milliards en 2006 de 36 milliards, il est aujourd’hui de 41 milliards !)

-Oui nous sommes sur le bon chemin. Nous avons Nicolas Sarkozy et François Fillon et c’est une chance pour notre pays car ils ont tous les deux une ambition de réforme. Je fais confiance à Nicolas Sarkozy à condition que nous soyons vigilants.

-Tests ADN : Ce n’est pas dans la tradition française. Ce n’est pas la mesure de notre pays, de ses valeurs, humanistes et universalistes. Je crois que c’est un très mauvais signal que d’établir une distinction entre les nationaux et les étrangers.

-UMP : Le choix qui a été fait d’une direction collégiale ne me parait pas adapté à la conduite d’un parti moderne. Il faut un responsable, il faut quelqu’un qui prenne la responsabilité et des risques.

-Elections : je ne me présenterai pas aux municipales, ce qui ne veut pas dire que je récuse toute élection, il y a des circonstances, il y a des opportunités, il faut savoir les saisir et il faut savoir s'y préparer. L'objectif d'une élection n'est pas un objectif absolu pour moi mas je ne dis certainement pas non. En tout état de cause dans notre pays on peut s'exprimer sans être élu.