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28/09/2008

Synthèse gaullienne ou contradiction sarkozyste

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La plume du Président de la République, le gaulliste Henri Guaino, l’affirme sans nuance : le discours prononcé par Nicolas Sarkozy, ce jeudi, à Toulon est l’expression de la synthèse gaullienne conciliant le libéralisme économique et le rôle de l’Etat rejetant de la même façon le capitalisme débridé et le collectivisme, les loups et les moutons.

On ne peut que partager le constat de la situation économique et du capitalisme mondiaux fait par le Président. On comprend la volonté présidentielle clairement affichée de réguler et de moraliser le capitalisme, de mettre un terme au laissez-faire et au capitalisme financier, et d'exiger de nouvelles réglementations. Mais encore faut-il s’en donner les moyens au niveau international, Sarkozy ne fait aucune proposition pour cela, et ensuite concrétiser le verbe dans l’action, cela pose la question des choix économiques nationaux faits par le Président.

La régulation internationale voulue par Sarkozy se résume à trois légères propositions : la fin des parachutes dorés, la régulation du système bancaire puis l'organisation et la mise en ordre de l’éclatement monétaire, sans préciser ce qu’il entend par cela. Il n’y a au final aucune solution présentée. Mais peut il en être autrement ? Une action menée par les institutions internationales parait improbable, le FMI est décrédibilisé, la Banque Mondiale l’est tout autant, les Etats-Unis ne donnent pas l’impression de vouloir reconsidérer leur vision des problèmes financier et monétaire. D’ailleurs pourquoi voudraient-il signer un accord monétaire mondial, un nouveau Bretton Woods, alors qu’ils ont mis fin au précédent ? Les intérêts économiques et politiques dans le monde sont trop divergents pour que se forme un nouvel équilibre. Le rôle croissant des zones de coopération régionale (fondées pour certaines en opposition aux institutions internationales) et les nouvelles politiques étatiques le rendent impossible. Ainsi Nicolas Sarkozy n’a aucun moyen international de réguler ce capitalisme financier qu’il honnit depuis que Guaino rédige ses discours.

Restent les échelons européen et national, dans le cas français rappelons que le second est essentiellement conditionné par le premier dans les domaines monétaire et financier qui nous préoccupent. Une anecdote révélée par Jean-Luc Gréau dans Le Point, cette semaine, nous permet d’entrevoir quel sera le succès des velléités régulatrices sarkozystes au niveau européen. Je vous la livre :

« En juin 2007, Angela Merkel a demandé à la Commission de créer un simple observatoire des hedge funds et des private equity funds . Son interlocuteur direct, Charlie McCreevy, lui a rétorqué : « They are doing fine » (« Ils font du bon travail »). Au même moment, la banque d'investissement américaine Bear Stearns, aujourd'hui défunte, fermait deux de ses fonds de placement spéculatifs. L'idéologie du sacro-saint marché règne à Bruxelles plus encore qu'à New York et à Washington. Pendant cette crise financière, la Commission européenne n'a pas fait entendre sa voix-pas un mot ! ». Et de conclure sa réponse : « la question du réarmement politique des Etats est essentielle ».

Lors de son discours Nicolas Sarkozy a voulu illustrer ce nécessaire réarmement de l’Etat, il s’est engagé à ce que l’Etat intervienne si l’économie française manquait de financement, sans préciser les modalités de ces interventions et leur conformité avec les règles européennes qui dans ce domaine sont loin d’être laxistes.

C’est ici que la synthèse gaullienne version Guaino apparait comme une contradiction sarkozyste. La posture sarkozyste est une critique verbale du capitalisme financier, une critique qu’il ne peut prolonger dans l’action. Et pire que son action nationale contredit partiellement.

Mis à part cette promesse d’une intervention étatique, le Président s’est contenté de défendre la poursuite de la politique menée depuis son élection : une politique libérale bigarrée plus ou moins conforme aux attentes européennes libérales et aux thèmes sarkoziens que sont le triomphe de l’argent et le succès individuel pourtant dénoncés dans la première partie du discours (nous ne sommes pas à une contradiction près) de Toulon. Le discours de Toulon dont la seule vraie nouvelle mesure annoncée est « la disparition à terme de la taxe professionnelle », c’est à dire la suppression d’un impôt pesant sur le capital annoncée dans un discours louant le rôle de l’Etat et s’opposant aux inégalités criantes. Une nouvelle contradiction.

Une contradiction de plus mais aussi une erreur, Jean-Luc Gréau (ancien économiste du MEDEF) affirme dans le même entretien au Point que la compétitivité n’est plus une question cruciale, les pays qui ont réduit leur cout du travail sont aussi en récession. Une économie dotée d’une faible demande n’est plus viable si sa croissance reste principalement fondée sur une forte compétitivité. Or la crise a détruit la possibilité pour les ménages de s’endetter pour consommer. La solution réside donc, selon Gréau, dans une meilleure répartition de la valeur ajoutée, pour relancer la demande et la production. L’association du capital et du travail, fondée sur la participation et l’intéressement, essence de la synthèse gaullienne, reprend ici tout son sens, ce sera l’objet d’une prochaine note.

Au niveau européen comme au niveau national, de réels changements sont nécessaires pour donner une réponse durable à la crise (ce que je décris ici est loin de couvrir l’ensemble des problèmes liés à celle-ci). Dans ce contexte, le discours sarkozyste souffre d’une contradiction insurmontable entre la force du constat de la crise actuelle et les médiocres solutions proposées pour la résoudre. Ce discours n’est pas celui de la synthèse gaullienne, c’est celui de la politique du verbiage et de son échec, l’ultime échec avant le sursaut ?

Commentaires

Il est vrai que je trouve un peu gonflé ce M. Guaino parler de sythèse gaullienne en parlant du discours de NS à Toulon.
En effet, traiter de voyous, même si le mot n'a pas été employé dans ce cas-là, les "méchants" traders et autre "golden boys" de Wall Street et d'ailleurs, en réunion UMP(ou presuqe) c'est sous toute assez facile.
Cela peut apparaitre comme un discoursde gauche alors que la réalité quotidienne du programme sarkozyste est tout autre, aux antipodes même.
Personnellement, je ne ne vois pas là une synthèse gaullienne. Ainsi, alors que le PR veut remettre l'interessement et la participation à l'ordre du jour pour le plus grand nombre , ceux-ci risquent fort d'être taxés d'ici queques semaines. Puisque tels des "gribouilles", NS et son gouvernement sont les rois de la taxe.

Écrit par : ChristineH | 30/09/2008

La conférence pour un nouveau Bretton Woods devra agir de toute urgence afin que :

• Le système financier actuel soit déclaré en faillite, mis en règlement judiciaire et remplacé par un nouveau.
• Un système de parités fixes soit accepté et immédiatement mis en place.
• Les produits financiers hyper-spéculatifs, tels que les « produits dérivés », soient mis hors la loi par des accords entre gouvernements.
• Une vaste réorganisation de la dette soit entreprise, certaines dettes devant être rééchelonnées ou annulées.
• De nouvelles lignes de crédit soient ouvertes grâce au crédit productif public, en s’inspirant de la politique d’Alexander Hamilton et du « Système d’économie politique américain », rendant ainsi possible le plein emploi qualifié grâce à des investissements dans un renouveau infrastructurel et technologique.
• Le « pont terrestre eurasiatique » soit réalisé, clef de voûte de la reconstruction économique mondiale et vision qui sera à l’origine non seulement d’un « miracle » économique mais aussi socle de la paix mondiale du vingt-et-unième siècle.
• Un nouveau « traité de Westphalie » soit signé pour garantir la disponibilité, l’exploration et le développement des matières premières en faveur de tous les pays du monde, au moins pour les cinquante ans à venir.

Source : http://www.solidariteetprogres.org/petitionNBW/

David C.
david.cabas.over-blog.fr

Écrit par : David C. | 26/10/2008

Voir mon blog(fermaton.over-blog.com),No-25. - THÉORÈME DU TOUT. - UNE SYNTHÈSE DU MONDE ?

Écrit par : clovis simard | 06/03/2012

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