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16/10/2008

Crise : répondre à Besancenot

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Le mois dernier, Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, était considéré, par les Français, comme le premier opposant à la politique de la majorité. Ce résultat peut paraitre inquiétant, dans le Figaro, Alexandre Adler évoquait même la montée d’un social fascisme dans le monde, fondé sur la haine du capitalisme et du juif, dont Besancenot est l’incarnation en France. Sans aller jusque-là, le succès de Besancenot peut s’il se confirme et se concrétise dans le vote bouleverser notre système politique.

Dans la crise économique, la dénonciation du capitalisme, des scandales qui l’entourent et surtout les nécessaires mais injustes réponses qui consistent à sauver ceux qui ont failli sont autant d’éléments qui favorisent l’extrême-gauche. Celle-ci semble devenir le prophète ayant prévu l’échec de l’ultralibéralisme et apparaitre comme la seule force contestant le système sous la bannière de l’anticapitalisme.

Depuis la Libération, une force tribunicienne a toujours porté les inquiétudes des oubliés du système et de ses opposants, qu’il s’agisse du Parti Communiste ou du Front National, le mouvement anticapitaliste pourrait leur succéder si une réponse forte n’est pas donnée au bouleversement que nous vivons.

Cette réplique républicaine est urgente car malgré une image médiatique sympathique Besancenot et son succès représentent plusieurs risques.

En affirmant son soutien à l’ancien membre d’Action Directe, assassin de Georges Besse, qui ne renie rien de son passé, Jean-Pierre Rouillan, Besancenot laisse apparaitre la réalité de son idéologie. Cette complaisance à l’égard du terrorisme politique est intimement liée à l’antisocialisme de Besancenot et de son mouvement. Quand Action Directe assassinait les serviteurs de l’Etat, Besancenot dénonçait les trahisons du mitterrandisme, ce refus de se compromettre avec le PS, les sociaux traitres, de refuser de gouverner, en s’enfermant dans une pureté idéologique est une ligne directrice du futur NPA.

Dans un article dédié au leader révolutionnaire, Renaud Dély de Marianne, évoque deux faits récents illustrant cette dimension sectaire de l’extrême gauche conforme à la stratégie antisocialiste du NPA : d’abord l’intégration du mouvement « l’Etincelle », comptant 50 membres voulant en découdre avec le PS, parti « au service de l’ordre capitaliste », et « ses appendices de gauche » ainsi qu’avec « toutes les bureaucraties syndicales qui entravent les luttes » ; puis les récents propos de Daniel Bensaïd, philosophe et dirigeant de la LCR répondant à Clémentine Autain, choquée par le soutien à Rouillan, : "avant de l’accueillir dans nos rangs, il faudra qu’elle clarifie bien l’idée que la cogestion de la mairie de Paris avec les socialistes c’est fini !"

Ces deux anecdotes révèlent l’identité politique d’un mouvement qui refuse obstinément de s’allier aux autres forces de gauche, qui exclut de devenir un mouvement proche du Die Linke allemand, dont la doctrine ne se limite pas à une dénonciation de l’Etat policier aux cotés des vétérans de la bande à Baader.

La menace du NPA vient aussi de sa conception de la République, Besancenot n’a jamais caché sa proximité avec les Indigènes de la République, mouvement ayant une vision ethniciste de la nation française et déterminé à faire payer à la France son passé colonial en liguant les Français issus des « colonies » contre les « souchiens . Ce rapprochement entre trotskystes et multiculturalistes serait le moyen de prolonger la lutte des classes par la lutte des races afin d’abattre la République bourgeoise.

Pourtant la diabolisation de ce courant politique est la dernière des choses à faire, il faut analyser et montrer ce que sont les risques de Besancenot mais en refusant d’en faire l’incarnation du mal absolu, comme on a pu le faire avec le FN, l’essentiel est ailleurs.

Laurent Fabius disait justement du FN qu’il posait les bonnes questions mais donnait les mauvaises réponses. L’essentiel, ici, ce sont les bonnes réponses des mouvements républicains aux bonnes questions que se posent ceux qui sont attirés par ce vote contestataire.

Le comportement du PS peut en partie expliquer cette adhésion par rejet au nouveau mouvement, mais la montée de l’extrême gauche dépasse largement le simple rôle du PS. La question que se posent les électeurs déboussolés c’est celle du politique, du pouvoir politique et de sa capacité à peser sur le cours des choses.

Finalement le succès de cette force de contestation dépend de la façon dont nous sortirons de la crise actuelle. Soit et ce que l’on peut craindre, on se contente de sauver les banques, d’édicter quelques nouvelles règles assainissant partiellement le système soit l’on crée un nouveau capitalisme fondé sur le primat du politique.

Comme l’écrivait Nicolas Dupont-Aignan, hier : «Il nous faut inventer un nouveau keynésianisme, un nouveau système économique où la demande équilibre l’offre, où les montagnes d’argent fictif de l’économie-casino, amassées sur le dos des peuples, cèdent la place à un développement durable, fondé sur des taux de rentabilité raisonnable, la juste rémunération des salariés, des investissements de long terme, l’intervention étatique permanente pour tenir la dragée haute au marché et la permanence des services publics. »

« Cela impliquerait un bouleversement profond de la construction européenne actuelle. Mais les dirigeants européens si prompts à se réunir pour sauver la mise des banquiers, seront-ils capables d’imposer à la Banque Centrale européenne et à la Commission une révision radicale de leurs politiques ? Telle est la question centrale des prochains mois. Changer le statut de la Banque centrale européenne pour y introduire un objectif de croissance économique, lancer un programme de grands travaux financé par la Banque européenne d’investissement (celui annoncé, d’un montant de 30 milliards d’euros, sera insuffisant), rétablir la préférence communautaire pour sauver nos emplois, investir dans la science et l’industrie pour préparer la compétition mondiale du XXIème siècle. Voilà les enjeux clés. »

Cette refondation de l’Europe qui redonnera son rôle au politique nous permettra d’éviter la radicalisation d’une partie des français, cette refondation seul Nicolas Dupont-Aignan la défend. L’édification d’un mouvement gaulliste, républicain et populaire promouvant cette refondation, évitant à la fois l’impasse de la pensée unique (pas seulement dans les discours !) et le piège de l’extrémisme est le gage du renouveau du politique et la garantie de l’unité nationale.

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