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19/01/2009

La Palestine, Israël et la France

Gaza : Abbas propose un gouvernement avec le Hamas<br/>

Alors que la trêve est enfin approuvée par Israël et le Hamas, une paix réelle et durable semble hypothétique. Nous connaissons pourtant la condition de cette paix toujours voulue mais jamais réalisée : le retour d’Israël aux frontières de 1967. Ce retour aurait pour première conséquence la création d’un Etat palestinien, libre, souverain et viable à côté d’Israël. Israël, et c’est la deuxième conséquence serait immédiatement reconnu dans ses frontières par une large partie des pays de la région et surtout par le Hamas.

L'essayiste et écrivain juif, Marek Halter a rencontré, en Syrie, le chef du Hamas quelques heures avant l'offensive israélienne à Gaza. Khaled Mechaal a évoqué avec lui les conditions d'une éventuelle libération du prisonnier franco-israélien Gilad Shalit, détenu par le Hamas depuis juin 2006. Il a affirmé, par ailleurs, que son mouvement est prêt à un accord avec Israël, mais sur la base des frontières de 1967. Accord qui ne peut être obtenu, selon lui, que par la force.

L’entrée d’Israël à Gaza atteint son terme, le Hamas a-t-il obtenu satisfaction, est-il en mesure et a-t-il la volonté de faire un accord avec Israël sur les frontières de 1967 ? Comme l’explique Renaud Girard dans le Figaro, « le drame de Gaza risque de renforcer le Hamas ». Les images de civils gazouites « couverts de sang » sont pour la Hamas « les agents recruteurs les plus efficaces », elles galvanisent les jeunes contre Israël et le résultat sera selon le grand reporter « flagrant » : « le Hamas en sortira politiquement renforcé au sein de la population palestinienne - au détriment de Mahmoud Abbas, l'homme du dialogue avec Israël ».

Mais pourquoi Israël s’est-il battu ? Pour Pascal Boniface, directeur de l’Iris, trois raisons expliquent l’offensive. D’abord la fin des tirs de roquettes sur son territoire à partir de Gaza. « Cet objectif aurait pu certainement être atteint par la levée du blocus sur Gaza, dont le Hamas faisait une condition de la poursuite du cessez-le-feu ! » Tel Aviv n’a pas voulu accomplir ce geste, qui aurait constitué une victoire pour le Hamas. La deuxième raison était la destruction du Hamas, mouvement qu’il avait favorisé pour contrecarrer l’OLP. Un troisième objectif est le souhait d’Israël de restaurer sa capacité de dissuasion réduite par la guerre du Liban. Avec le renforcement du Hamas dont parle Renaud Girard, Israël est très loin d’avoir atteint ses ambitions initiales.

En face, le Hamas participera t-il au gouvernement palestinien comme la souhaite Abbas, sera t-il capable de négocier avec responsabilité, son renforcement l’encouragera peut-être. Pour cela un effort doit être accompli par tous les partis, avec un appui impartial de la communauté internationale -que la France en raison de son rôle particulier doit promouvoir- chargée de faire respecter le droit international, oublié par tous dans la région depuis 1948.

Israël doit tendre la main au Hamas et lancer le plus rapidement possible la décolonisation de la Cisjordanie, pour un retour indispensable aux frontières de 1967. Car, la vraie sécurité d’Israël ne reposera pas sur sa seule force militaire, mais sur des rapports sereins avec ses voisins. En opposant à lui, les peuples des États modérés de la région, Israël affaiblit sa sécurité à long terme.

Comme le rappelle Renaud Girard, « au Liban, à l’été 2006, la réponse militaire d’Israël aux Hezbollah a profité au mouvement islamiste chiite, qui possède désormais un droit de veto sur toutes les décisions du gouvernement libanais » et d’ajouter, « les stratèges israéliens ont oublié que leur action la plus efficace fut de s'être abstenu d'humilier l'Égypte lors de la guerre du Kippour d'octobre 1973. » Ce qui permit 5 ans plus tard de faire la paix avec le pays représentant la plus grande menace stratégique pour l'État juif.

Ce conflit révèle cependant un risque plus grave encore, celui de la confusion du religieux et du politique. Comme l’écrit Alain-Gérard Slama dans le Figaro Magazine le conflit israélo-palestinien se présente de moins en moins comme « la séquelle d'un conflit Nord-Sud » mais « tend à devenir une guerre de religion inexpiable ». Il devient difficile lorsque le fanatisme relaye les revendications nationales de trouver une issue pacifique et politique. Cela vaut pour Israël qui a accompli le retrait des 8 000 colons de Gaza parce que ce territoire ne faisait pas partie de l'héritage sacré pour ajouter dans le même temps 12 000 colons en Cisjordanie. Cela vaut aussi pour le Hamas et l’Iran qui exploite la haine d’Israël dans l'espoir d'imposer sa domination au monde musulman.

Cette confusion du religieux et du politique est aujourd’hui importée en France, par certains juifs et certains musulmans qui privilégient leur appartenance à leur communauté religieuse, à une « patrie spirituelle » plutôt qu’à la France. Tous encouragés par des politiques qui depuis trop longtemps favorisent ce communautarisme contre la France en abandonnant dans un même mouvement la justice sociale et l’identité française. Comme l’écrit Slama, « la foi religieuse ne saurait s'identifier aux intérêts d'un peuple ou d'une nation. Oublier ce principe est, de la part des Européens, d'autant plus suicidaire qu'il leur vient tout droit du message chrétien. » Retrouver le sens de ce message est essentiel pour que l’unité française soit maintenue et que la paix soit faite.

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Écrit par : Europe 2009 | 30/05/2009

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