Au cours de son entretien avec Patrick Poivre d'Arvor, Dominique de Villepin a livré son point de vue sur les "cent jours" de Nicolas Sarkozy. "La volonté du chef de l'Etat est nécessaire au pays, mais la confiance que lui accordent les Français doit maintenant être transformée en résultats", a-t-il martelé. "Il y l'énergie du président, mais je souhaite que le gouvernement et la majorité apportent aussi leur contribution. Aujourd'hui, il n'y a pas d'opposition capable de faire des propositions. Et bien, c'est à la majorité de jouer ce rôle", a-t-il estimé.

L'ancien premier ministre a ajouté que la majorité présidentielle "ne doit pas s'endormir sur ses lauriers" et sur "un état de grâce qui est aujourd'hui présent mais qui ne s'appuie pas encore sur des résultats".

L'ancien ministre des Affaires étrangères, qui avait défendu à l'Onu l'opposition de la France à l'intervention militaire en Irak, a également estimé comme "une bonne chose" que la France veuille "affirmer sa solidarité vis-à-vis du peuple irakien" et "contribuer au retour de l'ordre et de la paix". Mais, a-t-il poursuivi, "il y a deux conditions préalables : un vrai gouvernement de réconciliation nationale en Irak, ce n'est pas le cas aujourd'hui, et un véritable calendrier de retrait des troupes américaines".

"Aller en Irak, pourquoi pas, mais faisons-le avec clarté en posant les exigences. Tout ce qui peut être en cette période perçu comme un élément de soumission vis-à-vis de l'administration Bush est un mauvais signal et un mauvais service à rendre à l'Amérique et à la communauté internationale", a conclu l'ancien Premier ministre.

Dominique de Villepin a prévenu mercredi qu'il entendait "dire ce qu'il pense" de la politique conduite par la majorité présidentielle, car "le pouvoir a besoin d'être alimenté, irrigué, nourri de propositions".